Bons baisers de Bruges de Martin McDonaugh (2008) par Bruce Kraft
VISITE GUIDEE. Après un assassinat à Londres qui a mal tourné, deux tueurs à gages sont envoyés, par leur employeur, à Bruges le temps qu'ils se fassent oublier. Ray, le jeune tueur qui s'en veut de son échec déteste la ville, quant à Ken le vétéran, il joue les touristes dans la vieille ville médiévale.
Ce film est un ovni comme le cinéma peut vous en pondre de temps en temps. Entre le polar, la comédie et "un-je-ne-sais-quoi" de surréaliste mon coeur balance. Disons que quoi qu'il en soit vous allez être bluffés. L'ambiance du film lorgne vers une nostalgie et une sérénité vraiment surprenante au vu des événements et on a plus l'impression de suivre deux touristes à Bruges (la Venise du Nord) que deux assassins en fuite.
Mc Donaugh va se servir de son film, et de ses héros, pour nous offrir une réelle visite de cette ville et de ses décors naturels uniques (ballade en barque sur les canaux, la basilique du Saint-Sang et la tour de la grande place). Mais alors, me direz vous, ce film n'est que ça? Une visite de Bruges? Mais non voyons, sinon ça s'appellerait un documentaire...pfff!!! Franchement, vous n'êtes pas futés!!
Le scénario nous entraîne dans le séjour de nos deux tueurs en mettant en avant deux personnalités bien différentes et à la vision du monde complètement opposées. Ray tout d'abord, le novice, jeune fougueux, impulsif et surtout rempli de regrets. On saluera Colin Farrell qui, au sommet de son art, donne vie à ce personnage aussi simplet que touchant souffrant du "mal du pays" et qui n'aspire qu'à retourner en Angleterre et en Irlande. On hallucinera sur la fixation de Ray sur les nains (Marc, je pense à toi!!) et une conversation notamment avec un nain défoncé à la coke (?!).
Puis il y a son acolyte Ken, joué par l'excellent Brendan Gleeson, c'est l'anti-Ray, un tueur plus âgé et blasé qui contemple la ville de Bruges avec beaucoup d'intérêt et qui voit finalement Ray comme un fils. Les deux cohabitent et ne se doutent pas des projets de leur boss, un Ralph Fiennes déroutant, qui veut en finir avec le fiasco de Londres. Entre rencontres bizarres et dialogues tout droit sortis d'un Tarentino, le film nous entraîne dans un savant mélange de moments tristes, nostalgiques, burlesques...et d'amour. Franchement, suivre ces deux pauvres types devient vraiment prenant (ça reste un polar sombre ne l'oubliez pas!!) quand on sait la vraie raison de leur venue à Bruges.
Alors je ne vous en dirais pas plus sinon que le tout est vraiment bien filmé (photographie vraiment belle!!) et que le scénario est suffisament bien écrit pour que l'on se demande jusqu'au bout comment tout ça va se finir. Je peux simplement vous dire qu'on a le droit à ce genre de fin qui ne vous laisse pas insensible. McDonaugh signe là son premier film (et oui!!) et on peut dire que c'est une réussite mais attention ce film c'est comme Bruges: on adore ou on déteste!!!
PS: Attention!! Une B.A trompeuse car trop Rock'n'roll par rapport à la réalité!!!
























