Baxter de Jérôme Boivin (1988) par Bruce Kraft
UNE VIE DE CHIEN.
Baxter est un Bull-terrier, chien au physique étrange, qui cherche à comprendre les hommes et à se sentir bien au milieu d'eux. Il est offert à une vieille dame qui est seule, malheureusement leurs rapports vont se dégrader très rapidement....
Vous l'attendiez et bien il est là le premier film français sur "la pellicule brûle" au bout de, presque, deux mois. "Baxter" est le genre de film qui tombe dans l'oubli alors qu'il reste culte pour une minorité de personnes qui ont eu la chance de le voir. Premier film de Jérôme Boivin (et tiré du roman de Ken Greenhall: "Des tueurs pas comme les autres"), "Baxter" est le parcours, mouvementé, raconté en trois étapes de ce chien qualifié de "Laid" par les gens qui le voient (Moi?! franchement j'adore cette race !!). En fait, c'est le chien qui narre son histoire et pendant tout le film on entend les pensées de cette animal sans moral mais qui attend de ses maîtres une attention liée à sa condition de chien, entre domination et intégration dans le groupe, ou meute. D'ailleurs, ce film est un parfait manuel "d'utilisation" du chien car il n'a pas pour but "d'humaniser" l'animal même si ce dernier veut "comprendre".
Première étape pour lui, son arrivée chez une vieille dame âgée dont il sent rapidement qu'elle a peur de lui et qu'il ne pourra rien en tirer car elle est faible. Jusqu'au jour où elle décédera dans l'indifférence totale et que Baxter pourra rejoindre le couple qu'il observe depuis la fenêtre de la maison. Car Baxter est un chien qui recherche le bonheur et le voit chez ce jeune couple qui ne tarde pas à le recueillir. Ce bonheur sera de courte durée ( Un bébé sait nager ?) et là s'ouvre la troisième et plus importante partie......sa rencontre avec un petit garçon fasciné par la seconde guerre mondiale et la vie d'Hitler (Il se documente mieux qu'un rat de bibliothèque le fourbe!!). Baxter va t-il avoir enfin ce qu'il recherche? Rien n'est moins sûr face à ce garçon instable psychologiquement et surtout, violent. En fait le parallèle entre le chien et son nouveau maître est flagrant : L'enfant est comme Baxter, sans morale. Mais le film ne montre pas un chien méchant mais un chien qui obéit à de véritables "méchants".
"Baxter" reste un film assez sombre et violent par moment (que ce soit physique ou moral!!) et ce n'est pas la narration de Maxime Leroux qui va égayer le tableau, monotone et judicieuse. Le film fût même présenté au, malheureusement disparu, Festival du cinéma fantastique d'Avoriaz où il y gagna une certaine renommée en montrant que le cinéma français pouvait être différent quand il s'en donnait les moyens. Le casting est bien choisi et aucun des acteurs ne surjoue (Pas même Daniel Rialet vous savez, l'ancien "mulet" de Navarro!!!), ce que je reproche d'ordinaire à nos acteurs français qui se croient toujours à la Comédie française. Charles, l'enfant désaxé, est interprété de manière excellente par le jeune François Driancourt vraiment flippant !!! (J'ai un gosse comme ça je le traîne, attaché à une corde, derrière ma bagnole).
"Baxter" est un film vraiment différent montrant la Nature animale et humaine dans toute sa splendeur, alors pour une fois qu'un chien n'est pas mis à l'écran de manière crétine, pensez à le visionner...avec votre chien.
Bruce Kraft.














