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Requiem for a dream de Darren Aronofsky (2001) par Bruce Kraft

DRUGSTORY.

Harry et Tyrone vivent au rythme de la drogue et sa revente. Marion, la copine d'Harry, rêve de créer sa ligne de vêtements et partage la même passion qu'Harry pour la drogue. Pour la mère d'Harry, Sara, la vie n'est pas toute rose non plus car elle est une droguée de la télévision qui pense son bonheur total le jour où elle reçoit un appel de la production de son émission préférée....La descente aux enfers de quatre personnages avec leur toxicomanie.

                                      

Après son premier long métrage "Pi", qui avait déjà foutu un bon coup de pied dans la fourmilière du cinéma, Aronofsky enchaîne avec brio ce film placé sous le signe de la toxicomanie. "Requiem for a dream", qui est une adaptation du livre d'Hubert Selby Jr, démontre par l'image et son scénario, le véritable échec de la société américaine et de son vieil adage de la réussite personnelle tellement prônée par nos amis bouffeurs de hamburger.

Tourné à la manière d'un Danny Boyle et de son fameux et terrible "Trainspotting", Aronofsky ne concentre pas sa caméra sur une aiguille qui rentre dans un bras mais plutôt sur les conséquences de la prise de drogue avec ses effets délirants sur le comportement ( Faut voir l'état de la mère ça fout les jetons!!). La caméra devient spectatrice de l'histoire et Aranofsky révolutionne le cinéma avec des prises de vue et des "effets spéciaux" géniaux !! ( ex: La caméra filme en coupe transversale l'appartement de Sara qui elle, est filmée en accéléré pendant qu'elle vaque à ses occupations.). Aranofsky nous explose les yeux (et les oreilles avec un thème principal inoubliable!!) avec une version "Red Bull" du cinéma moderne et dramatique.

Chaque personnage est traité de manière différente: Harry croit pouvoir tout gérer avec la revente de drogue et ne voit pas sa déchéance physique s'amplifier, Tyrone veut que sa mère soit fier de son parcours tout en dealant avec un gang, Marion devient accro à l'héroïne et cherche à financer ses consos et Sara va s'enfoncer avec les amphétamines pour mincir et passer à la télé !!!

Ouch !! Si avec ça vous vous ennuyez, sachez quand même que plus on s'enfonce dans le film plus on a envie de connaître la fin de l'histoire pour ces quatre paumés. Sans spoiler je dirais que la fin est absolument scotchante et malsaine ( franchement, on serre les dents !!) avec un multiplexe visuel de chaque personnage qui va crescendo dans l'horreur (physique et mentale) et se terminer sur un épilogue qui vous permet de reprendre votre respiration en même temps que les "héros" à l'écran.

Côté acteurs on touche là au troisième point incontestable du film: c'est une pure réussite. Jared Leto (Harry), Jennifer Connely (Marion) et Marlon Wayans se sont transcendés pour leur rôle....Aucune fausse note et pas une once d'exagération dans leurs jeux (même le couple Harry/Marion, dont l'amour est mis à rude épreuve, ne tourne pas au gnan-gnan et faux sentiments!!). Cependant, c'est quand même Ellen Burstyn qui réalise la plus grande performance d'actrice en femme perdue qui ne comprend pas ce qui lui arrive, criante de vérité. Elle fut même nommé pour l'Oscar du meilleur rôle féminin qui fut, en fin de compte, décerné à Julia Roberts pour "Erin Brockovich". On a touché de près le scandale.

"Requiem for a dream" est vraiment un film choc, touchant, malsain et épuisant (dans le bon sens du terme!!). Pour toutes ces raisons je vous encourage, que dis-je, je vous ordonne de regarder ce film qui marquera votre esprit à jamais.

Bruce Kraft.