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Outrages de Brian De Palma (1989) par Bruce Kraft

BACK TO THE PAST.

 

Le soldat Ericksson est un jeune soldat qui débarque au Vietnam. Il trouve son opposé en la personne de Meserve qui, après avoir perdu un de ses meilleurs copains à cause d'un sniper, devient fou. Lors d'une patrouille, Meserve décide de kidnapper une vietnamienne pour la violer et la tuer avec l'aide de ses compagnons. Ericksson décide de sauver la vie de cette jeune femme et devient un traître aux yeux des autres.

Il y a des films que l'ont voit et qu'on oublie, et bien "Outrages" est tout l'inverse. Le scénario est tiré d'un roman de Daniel Lang de 1969, lui-même s'étant inspiré d'un fait réel de la guerre du Vietnam. Le film est en fait, une véritable critique des actions des soldats américains pendant le conflit et surtout de l'hypocrisie de la hiérarchie militaire qui s'obstinait à fermer les yeux sur les débordements les plus cruels.

Cimino avait déjà pointé du doigt cette guerre avec son "Retour vers l'enfer" (Déjà chroniqué sur notre blog!!) et De Palma enfonce le clou dans la plaie béante de cette "sale" guerre, montrant tous le côté obscure de l'armée américaine à travers les yeux d'Ericksson, jeune soldat venant faire simplement son devoir. Le film va nous entraîner au coeur du calvaire de cet homme qui ne veut pas se comporter en "barbare" comparé à ses compagnons et surtout au sergent Meserve qui pète littéralement un boulon quand son pote se fait abattre peu avant le retour au pays.

Meserve décide de partir avec quatre hommes dans une mission de reconnaissance mais ne dit pas à sa hiérarchie qu'il va emmener de force une jeune villageoise. Attention aux âmes les plus sensibles car un véritable calvaire va commencer pour cette dernière: les viols vont se succéder devant Ericksson qui ne veut pas participer au drame.

C'est toujours avec la gorge nouée que je revois ce passage du film, avec l'option "glandes lacrymales pressées" en prime. La musique du gargantuesque Morriccone renforçant cette sensation d'impuissance devant le spectacle proposée. Et ne voulant pas tout révéler, je ne vous raconte pas comment se termine l'enfer de la vietnamienne mais pffff...que d'émotions. Vous vous en doutez, le film ne s'arrête pas là car Ericksson va parler et débute la seconde partie du film racontant le combat du soldat face à la machine militaire pour faire éclater la vérité. Comme si cela ne suffisait pas, ses "anciens" compagnons vont vouloir le faire taire....de manière radicale (la scène dans les toilettes est vraiment "explosive"!!).

De Palma qui, comme d'habitude fait bien les choses, s'est appuyé sur cette confrontation Ericksson/Meserve pour montrer deux facettes de soldats. En prenant Michael "McFly" J.Fox pour incarner le soldat Ericksson, le réalisateur fait mouche et lui offre certainement le rôle le plus poignant de sa carrière. L'acteur y est d'ailleurs fantastique quand il raconte son périple à l'aumônier de la base, accoudé au bar et face caméra...troublé et troublant.

Pour jouer Meserve il fallait un acteur fort en caractère et c'est pari gagné avec un Sean Penn à la limite de la crise de nerfs tout en essayant de ne pas éclater son "camarade". Penn est excellent comme à son habitude dans ce genre de rôle qu'il affectionne tant: un homme déséquilibré ne faisant plus la différence entre bien et mal. A signaler, une des premières apparitions de John Leguizamo dans un rôle de trouillard de la section.

 

"Outrages" mérite qu'on s'attarde dessus pour réaliser à quel point les soldats, quelque soit le conflit, peuvent perdre pieds et ne plus voir la réalité des choses. Pour terminer cette chronique je citerais Henri Barbusse: "Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s'il y en avait". De Palma a tout compris!!!

Bruce Kraft.

Un bon film