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District 9 de Neil Blomkamp (2009) par Castle, Kraft et Zabeille

Crève-ette.

Il y a une trentaine d'années, des extraterrestres rentrèrent en contact avec les humains, ne pouvant repartir ils furent parqués dans un bidonville de Johannesburg, le "District 9". 28 ans plus tard, leur gestion est confié à une agence privée, la MNU, qui se préoccupe plus de leur armement que de leur personne. Une télévision suit un des responsables de terrain, un certain Wikus Van der Merwe qui, au court de son incursion dans le bidonville, va découvrir un étrange objet.

Gros buzz sur le Internet, "District 9" outre son pitch accrocheur et intriguant, nous surprend de bout en bout. Scindé en deux parties vraiment différentes filmées caméra à l'épaule.

La première partie développant la (dés)information des médias à tour de brouillage de piste et de témoignages erronés pointant du doigt une grosse mais efficace métaphore sur l'apartheid où les rôles sont ironiquement inversés avec des extraterrestres surnommés, de manière péjorative, les "crevettes" (face caméra la population noire reprenant les arguments racistes des blancs d'antan!!).

Au coeur de la propagande médiatique, Wikus Van der Merwe, un héros spectateur complètement incompétent et pleutre, pistonné par beau-papa, et bienheureux d'être la star du reportage sur le bidonville.

Faussement cool et véritablement ringard ( fringues à la Deschien!!), on devine vite qu'il va être le domino qui va faire tomber les autres dominos mais de là à se dire qu'il va se relever...le doute subsiste. C'est avec la deuxième partie que "District 9" prend véritablement son envol, un crescendo dans l'action jusqu'à un phénoménal final où s'entremêlent le spectaculaire à l'émotion pure.

Déferlante de jouissives références appuyées mais très biens digérées (filiation évidente avec le jeu "Halo", dont l'adaptation ciné avortée était confiée à Blomkamp, mais aussi un moment très "Cronenbergien" avec la "métamorphose" du héros très organique et une plus mécanique-robotique, shootée comme du "Pat-labor" live!!!).

Énorme point fort du film (ou faible pour les petites natures!!): une violence frontale qui éclabousse l'écran et qui rappelle la démesure d'un Verhoeven (éclatage de corps façon citrouille, séance de tir sur un alien apeuré!).

La scène coup de coeur de "LPB" ("La Pellicule Brûle"!! Oh comment ils se la pètent ceux-là!! Lol! ): Scène inédite d'un cochon qui sert de boule de bowling face aux militaires (véridique!!). Avec son budget très limité pour un film d'une telle envergure, Blomkamp retourne comme une crêpe son supposé handicap pour en faire une arme de destruction massive en mixant notamment inventivité et générosité visuelle.

Donnez à un réal' français un budget de 30 millions d'euros, il vous fait un "Lucky Luke", donnez 30 millions de dollars à une jeune réal' sud-africain, il vous pondra un "District 9" à couper le souffle. En Gaule, le budget sert à payer les stars, à l'étranger le budget va "vraiment" dans le film....

Mat Castle, Bruce Kraft et Zabeille ( en guest !!).

Excellent, encore!!