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REC de J.Balaguero et P. Plaza (2008) par Bruce Kraft

PAELLA SANGLANTE.

Journaliste pour une télévision locale, Angela anime une émission sur les travailleurs de la nuit. Elle fait un reportage dans une caserne de pompiers ce qui est moins excitant que ce qu'elle imaginait...jusqu'à ce qu'ils reçoivent un appel d'urgence pour une vieille dame qui ferait un malaise. Sur place les pompiers tombent sur des voisins très inquiets à cause des cris horribles émanant de l'appartement de la vieille dame....

Véritable film d'horreur brut et sanglant avec la "finesse" visuelle du cinéma d'horreur hispanique, "REC" a fait parler de lui avant même d'être diffusé avec une bande-annonce qui a grandement participé au buzz autour du film. Présenté dans différents festivals, cette pépite a réellement bluffé les spectateurs et les critiques les plus difficiles.

Inspiré directement par le désormais culte "Projet Blair Witch", "REC" s'inscrit dans la même veine "caméra à l'épaule" pour nous faire rentrer de plein pied dans l'horreur avec un tournage en "live" qui nous hypnotise au fur et à mesure de l'histoire et permet les nombreuses surprises comme quand un cadavre tombe dans le champ de la caméra sans connaître le pourquoi du comment.

Au registre des éléments importants, le réalisateur Balaguero, qui avait déjà signé les très bons "Darkness" et "Fragile", permet au spectateur "européen" de se sentir encore plus concerné en filmant l'action en Espagne, ce qui nous change pas mal des films habituels américains aux milieux urbains très différents du notre et qui nous donnent un regard beaucoup plus détaché.

L'histoire assez basique de "REC" n'est pas un handicap car si les deux réalisateurs avouent s'être inspiré de la télé-réalité en proposant au "téléspectateur" de l'horreur en "direct" (Et sans bande son!!), force est d'admettre qu'ils ont réussi leur coup: tel un reportage gore de "Confessions intimes", c'est crescendo que la tension et l'action s'immisce.

Passer de la simple intervention de pompiers à un carnage zombiesque dans un immeuble, mis en quarantaine par les autorités sanitaires pour renforcer le sentiment d'enfermement, est une sacrée trouvaille qui permet à l'action de se dérouler sur plusieurs niveaux (comme les vieux jeux de plates-formes sur console). Les protagonistes sont donc enfermés avec les "contaminés" et c'est un véritable jeu de cache-cache mortel qui est engagé sachant qu'il leur faut absolument trouver le moyen de sortir.

Autre force du film: Aucune tronche connue au casting, disons qu'un Brad Pitt aurait complètement faussé la donne "réaliste" du long-métrage !!! Ce qui brouille d'autant plus les pistes sur la question "qui va se faire bouffer?" ce qui n'est franchement pas regrettable vous en conviendrez.

Les acteurs sont criant de simplicité dans leur interprétation et c'est tout ce qu'on demande. "REC" n'est pas un film de "performances" bien que, vous vous en doutez, tout ce petit monde ne pourra pas en réchapper et que certains se détacheront du lot.

Avec son rythme diabolique et des scènes magistralement orchestrées, le petit bijou espagnol, enfonce le clou dans le gorge de son spectateur avec un final "claustrophobique" et glauque digne du jeu vidéo "Silent Hill" ( Avec en prime la réponse aux circonstances de la contamination!!). S'il était besoin faire la preuve de la qualité de ce film, sachez que les américains "débordant" d'idées en ont rapidement fait un remake comprenant qu'en Europe, les réalisateurs pouvaient les battre sur leur terrain de prédilection: le film d'horreur.

Bruce Kraft.

Excellent, encore!!