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Donnie Darko de Richard Kelly (2002) par Bruce Kraft

CE MATIN, UN LAPIN.....

Un moteur d'avion tombe dans la chambre de Donnie, un ado somnambule. Il échappe à la mort grâce à son "ami imaginaire" Franck, un lapin bleu qui lui donne des ordres, en contrepartie il demande à Donnie d'effectuer quelques tâches pour que le jeune homme accomplisse son destin avant la fin du monde annoncée....

 

Véritable curiosité, "Donnie darko" est un film qui n'a jamais rencontré son public en salle et c'est lors de sa sortie en dvd qu'il gagna son statut de film culte avec une "fan base" très importante. Premier long métrage de Richard Kelly, qui en est aussi le scénariste, "Donnie Darko" est vraiment étrange et laisse une sensation de: "Je n'ai rien compris!!" lors du premier visionnage, et pour cause...

Le scénario laisse tout le loisir au spectateur de choisir son interprétation de l'histoire...et si vous voulez la vraie explication, il va falloir regarder les bonus du dvd et vous référer à la vision Richard Kelly!!! (Personnellement, j'ai eu un semblant de théorie au bout de trois visionnages...mais c'est trop long à vous expliquer!!). C'est en cela que ce film est génial, un véritable puzzle et dieu seul sait que rares sont les films que l'on doit re-regarder pour "vraiment comprendre"...

 

La complexité du scénario est forte mais c'est aussi le mélange des genres qui intrigue, mêlant habilement drame psychologique et science-fiction,perturbant astucieusement le spectateur. Donnie cherche absolument à savoir ce que Franck "est" car le lapin lui annonce la fin du monde dans 28 jours, alors est-il une vision liée à sa maladie ou un prophète du futur?

Il oriente donc son enquête avec le thème du voyage dans le temps comme explication, le jeune homme étant renforcé dans son idée par la découverte d'un vieux livre écrit par "la vieille folle" locale. Kelly brouille facilement les pistes de l'enquête se servant du profil psychologique de son héros,qui est censé être "le fil d'Ariane" de l'histoire, étant somnambule et psychologiquement instable (la séance d'hypnose par la psy tournant au vinaigre avec un Donnie se masturbant sur le canapé!!).

Le film doit donc beaucoup de son succès à la performance de Jake Gyllenhaal qui offre son côté le plus sombre à la caméra et donne une profondeur terrifiante à son personnage, à la fois tiraillé par ses problèmes "normaux" d'ado ( Une histoire d'amour, les parents "ennemis" et la période de rébellion !!) et sa pseudo démence qui lui fait perdre pied avec un Franck qui s'incruste naturellement dans son quotidien ( au ciné quand il regarde "Evil Dead" avec sa copine ou dans sa salle de bain ouvrant une sorte de "passage").

Donnie n'est pas le seul électron libre de la petite ville, permettant au réalisateur d'aborder des thèmes plus actuels comme le prof de physique de Donnie (Noah Wyle) bridé par un système éducatif conservateur et qui ne veut pas être viré comme sa collègue (Drew Barrymore) ainsi que l'aveuglement de la population devant un "gourou" prônant une vie plus saine (interprété par feu Patrick Swayze!!) et qui va retourner la ville dans sa façon de vivre.

"Donnie Darko", vous l'aurez compris, est donc un film difficile d'accès mais qui révèle toute sa richesse scénaristique au fil des visionnages. Il est donc vivement conseillé de passer du temps pour l'apprécier à sa juste valeur...je vous aurais prévenu!!!

Bruce Kraft.

Excellent, encore!!