Après la pluie de Takashi Koizumi (1999) par Marc Shift
....VIENT L'ECLAIRCIE.
A la suite d'une pluie torrentielle un groupe de voyageurs se retrouve bloqué dans une auberge de campagne. Parmi eux se trouve un ronin Ihei Misawa et sa femme.
« Adapté du dernier scénario du grand réalisateur Akira Kurosawa » Voilà le type d' info écrite sur la jaquette, info qu' on retrouve un peu partout sur le net (oui quand j'écris je m' informe). Ceci n'est que partiellement vrai, en fait on peut même parler d'oeuvre posthume car si le film est basé sur son scénario, c'est bien sa mise en scène et ses dialogues (le film était sans doutes entièrement story-bordé) que l'on voit.
Alors Takashi Koizumi n'est qu'un vil faiseur? Certainement pas, en fait c'est son collaborateur privilégié sur tous ses films depuis Ran en 1985 et accessoirement amis. Kurosawa devait faire ce film, mais la mort l'a emporté juste avant le début des prises de vue.
Ce film est un hommage au maître, rendu par ses fidèles (réalisateur plutôt fidèle, il s'entoure en partie des même techniciens). Alors le résultat est il à la hauteur du maître? Sans doute pas, on ne remplace pas un réalisateur du poids de Kurosawa facilement. Et pourtant il y a quelque chose qui émane de ce film d'assez inexplicable, l'hommage n'est pas un requiem funèbre, mais plutôt un air léger et lumineux.
Tout commence dans une auberge où un groupe d'infortunés voyageurs se retrouve bloquer par des pluies torrentielles et la rivière en crue. Parmi ces voyageurs se trouvent un ronin et sa femme qui se situent socialement au dessus de ce lot. Pourtant le ronin fera acte de générosité et de compassion envers ses compagnons d'infortune leur offrant repas et bonne humeur (attitude humble, il est souriant et compréhensif....).
Avec ce film il ne faut pas s'attendre à un déluge (NDLR: l'ensemble de la rédaction ne cautionne pas ce jeu de mots!!) d'action ni même d'enjeux, les événements coulent plus paisiblement que la rivière en crue. Notre samouraï sans maître se fera repérer par le maître du fief après avoir mis fin à un duel entre jeunes de sa garde. L'enjeu sera de savoir si ce ronin finira par devenir un samouraï auprès de ce maître....
Le film s'interresse plus au portrait du couple, et des autres personnages. D'ailleurs, malgrè une présence à l'écran relativement restreinte tout en retenue, la femme du ronin, Tayo (Yoshiko Miyazaki, à la présence lumineuse), à un rôle prépondérent, déterminant.
Elle est même l'enjeu central pour son mari, toutes ses actions se focalisent sur ce qu'il pense devoir faire pour son bien être. Alors ces deux êtres ont leur propre cheminement, pas forcément la même conception spirituelle, pour finalement faire route sur le même chemin.
C'est banal, c'est la vie, mais il se dégage de ce film une certaine tendresse (grandement aidé par le jeu des acteurs), alors bien sur c'est une histoire avec des samouraïs avec quelques combats (3 il me semble)....pas stylisés du tout, la caméra restant absolument statique pour un résultat payant, on voit vraiment que les acteurs utilisés dans le film n'ont pas apris à manier le sabre 3 semaines avant le début du tournage.
Esthétiquement c'est un beau film, même si je trouve qu'il y a bien trop de lumière (le directeur de la photo a dû avoir un gros budget projecteur, jamais vu une forêt aussi éclairée), qui prend le temps (et ça j'aime bien) de developper son atmosphère, ses personnages et ce genre fait du bien au milieu de quantité de films hyper découpés.
Marc Shift.
"Après la pluie" de Takashi Koizumi. Distribué par Opening distribution. Avec Akira Terao, Yoshiko Miyazaki, Tatsuya Nakadai, Shirô Mifume....durée 1h22
















J’ ai fais ce jeu de mots à l’ insu de mon plein grès, j’ ai même pas fias exprès, c’ est ça qu’ on appelle le talent
Je connaissais pas du tout comme film et là maintenat je veux le voir ! Merci Marc, un nouveau film à ajouter dans ma collec asiat