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Bronson de Nicolas Winding Refn (2009) par Bruce Kraft

L'HOMME A L'HARMONICA.

   

1974, Michael Peterson est un jeune homme violent dans une Angleterre en pleine crise sociale. Il veut devenir célèbre et décide de braquer un bureau de poste avec un fusil. C'est un fiasco et il écope d'une peine de prison de 7 ans...mais sa soif de gloire et de bagarre va changer sa destinée. Il devient "Bronson", son nom de scène.

 

Nicolas Winding Refn avait déjà impressionné son petit monde avec sa fameuse trilogie "Pusher" et remet ici le couvert avec ce "Bronson" tiré d'une histoire tout ce qu'il y a de plus vraie, celle du prisonnier le plus célèbre d'Angleterre: Michael Peterson alias Charles Bronson, toujours incarcéré à l'heure où j'écris ces lignes. Le réalisateur danois voulait rencontrer le bonhomme avant de tourner son film mais le gouvernement anglais lui refusa ce droit sous prétexte qu'il n'était pas anglais (Tiens donc!!).

Il se "contentera" d'un entretien téléphonique où Bronson se verra proposer l'écriture d'un morceau de dialogue en voix-off. Winding Refn nous offre, grâce à tout cela, une plongée dans le monde carcéral avec la vision d'un homme que l'on pourrait qualifier...d'atteint mentalement. Au vu de ses années d'emprisonnement ( Et surtout pourquoi il y est encore!!) et de ses prouesses on ne peut pas vraiment douter de son état mental.

"Bronson" annonce la couleur très rapidement sur ce qui attend le spectateur: un homme nu dans une cage recouvert de peinture qui attend les gardiens pour les frapper...le tout accompagné d'une musique en rupture totale avec la scène!!! Le film suit donc cette logique esthétique au travers des diverses "tranches de vie" de notre prisonnier entrecoupées d'apparitions du principal intéressé en "monsieur Loyal" halluciné.

Sachant ça, avouons que l'intérêt d'un tel film se situe donc forcément dans le choix de l'acteur principal et c'est avec plaisir que l'on découvre un Tom Hardy ( "Band of brothers" de Spielberg, "La chute du faucon noir" de Ridley Scott et "Layer Cake") complètement habité par son personnage au crâne rasé et au gabarit impressionnant (On dirait un boxer de foire du 19ème siècle avec sa moustache!!!) à l'écran.

Autant dire qu'avec une présence pareille le reste du casting passe quasiment inaperçu et on reste scotché par l'acteur qui se bat dans les prisons sur fond de musique d'opéra ( comme "Orange mécanique", la référence avouée du réal'). Remarquez que la B.O. du film colle parfaitement à l'univers de "Bronson" ( Fantastique passage sur la piste de danse improvisée!!) avec des groupes comme "New Order", les "Pet shop boys" (génial!!) et "The walker brothers" accompagnant Verdi, Strauss et Wagner ce qui donne un voisinage assez intriguant.

 Winding Refn arrive donc, avec ce cocktail, à nous hypnotiser pendant tout le long de son "trip" mais avouons qu'il manque ce petit quelque chose qui aurait pu faire basculer "Bronson" dans la cour des grands. En effet, le côté succession de "clips" laisse le goût amer de l'inachevé dans le fond de la gorge et une envie de dire:"Sac à papier, il l'a manqué!!" (proverbe de N. Flanders).

Disons que "Bronson" reste vraiment un très bon film à voir. Il faut quand même encourager le réalisateur danois car c'est quand même un pallier de plus vers la reconnaissance de ses pairs qui est franchit ici.

Bruce Kraft.

Un bon film