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Gremlins de Joe Dante (1985) par Mat Castle

MIDNIGHT RUN.

Billy Peltzer se voit offrir à Noël un Mogwaï, petit animal aussi étrange que très affectueux mais avec des règles strictes à respecter pour sa survie. Celles-ci seront vite transgressées et donneront naissance à des créatures nettement plus néfastes et dangereuses qui vont semer le chaos dans une bourgade U.S sans histoire, leur nom: les Gremlins...

 


Pour toute personne née au début des années 80, le mot "Gremlins" a une saveur particulière et peut provoquer chez l'intéressé(e) de nombreuses émotions (nostalgie, admiration et terreur) qui s'entrechoquent dans la caboche lors du revisionnage de ce monument de comédie horrifique. Revoir ce film de nos jours est d'autant plus intéressant parce que notre rapport avec les bestioles a considérablement changé.

En effet, autant gamin, notre préférence pouvait pencher pour le "mignon tout plein" Gizmo (le petit refrain chantonné par le Mogwaï est inoubliable) mais en grandissant et avec un oeil un peu plus mature, on se rend compte que la boule de poil fait pale figure face à ces anarchistes de Gremlins qui sont les méga-stars de la pellicule.

Un sentiment décuplé quand on redécouvre ces êtres affreux, bêtes et méchants qui font un (gentil) doigt d'honneur au système en profitant notamment des petits plaisirs de la vie sans modération (tabac, picole, poker ou...exhibition, bon...peut être pas ce dernier!). Ce qui occasionnera la fameuse et mythique scène du bar aussi épatante en terme de drôlerie que monstrueuse au niveau de la logistique ( Bluffants SFX surtout pour l'époque, nous sommes quand même en 1985).

Un des (nombreux) gags visuels du film qui fonctionnent tous encore très bien en 2010 à cause de la crétinerie assumée des bestioles (La séquence de la chorale, hilarante à tout point de vue). Le pire dans l'histoire, c'est que l'on s'attache à ces Gremlins même quand ils deviennent des meurtriers en puissance pour des personnes encore plus cruelles qu'eux ( cette fichue Madame Deagle qui s'enverra en l'air..littéralement!, avec l'aide des petits verdâtres).

C'est aussi tout le talent et la malice de Joe Dante de nous faire passer, entre deux bouffonneries, une critique furtive mais bien sentie sur les inégalités sociales aux États-Unis (L'arrogant collègue de Billy, la mère de famille démunie broyée par Deagle..). Le créateur de "Hurlements" et de "La guerre des sexes" (moyen métrage provenant de la série "Masters of Horror", à découvrir absolument aussi!!) joue parfaitement l'équilibriste en passant de la comédie pure (les inventions toujours plus foireuses du pater Peltzer comme l'éplucheuse/presseuse ou la salle de bain....de poche!) à des moments un peu plus horrifiques et surtout bienvenus pour un divertissement soit disant familial (Les Gremlins qui écrasent Monsieur "saloperie de bagnoles étrangères" Futterman...).

Apparemment , et pour l'anecdote, la "légende urbaine" des Gremlins est apparue lors de la seconde guerre mondiale car quelquefois, et sans véritables explications, des ondes statiques venaient bloquer le parties électriques des appareils de chasse (obstruez le coté scientifique de la chose et injectez un peu de fantastique, vous avez vos Gremlins..).

Sinon pour en revenir au film, la dernière partie est sur la même longueur que le reste: complètement loufoque (Le souk dans la ville quand les Gremlins déglinguent les feux de circulation ou les freins des bagnoles de flics) avec comme point culminant la scène culte du cinéma (petit pique aux prod' Disney?) où nos cinéphiles aux oreilles pointues et aux dents acérées sont très, très dissipés.. et je ne vous parles pas des "dialogues" aussi cons qu'irrésistibles ( "glou glou", "Gizmo...caca", "miam miam", "pistoleeeetttt""... régressif mais "god damn" qu'est ce que c'est bon!!).

Contrairement à ce que l'on pense, tout n'était donc pas à jeter dans les "eighties" (Sale temps pour les fringues, coupes de cheveux ou musique quand même!) surtout en ce qui concerne le cinéma de genre ou "imaginaire" dont "Gremlins" pourrait faire un sacré ambassadeur.

Véritable conte fantastique pour les petits et (surtout) pour les grands, "Gremlins" respire une époque (révolue?) où on ne s'imposait aucune contrainte pour nous faire rire ou frissonner. Le sympathique Joe Dante retentera l'exploit des années plus tard avec un second opus bien foutraque mais moins réussi (Gremlins2: la nouvelle génération) et une relecture/réactualisation ("Small soldiers") bien trop sage comparée à l'insolence de son metteur en scène.

Mat Castle.

  Excellent, encore!!