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Joshua de George Ratliff (2007) par Mat Castle

GAMIN, LA MALEDICTION

 

Joshua, un gosse de 9 balais, voit sa vie chamboulée à l'arrivée de sa petite soeur dans le cocon familial. Le marmot n'aura alors plus qu'une idée en tête: Détruire psychologiquement ses géniteurs par tous les moyens..

Un "The Omen" réaliste et glaçant. Ce sont les premiers sentiments qui me sont venus à l'esprit après avoir visionné "Joshua". Ce drame psychologique vendu (à tort) comme un film d'horreur, passionne de bout en bout par, notamment, le malaise qu'il procure au spectateur de par la nature même de l'ordure du film. Ici un petit morveux qui a l'âge de collectionner des cartes Pokémon, mais qui préfère "torturer" mentalement ses parents pour des raisons qui lui sont propres.

Mi-fascination mi-répulsion de découvrir ce "Machiavel en culottes courtes" déboulonner pièce par pièce et de façon "intestine" une famille à la stabilité déjà fragile. Calculateur, ne laissant filtrer aucune émotion qui pourrait le trahir, Joshua profitera de tous les moyens possibles pour faire disjoncter son père (empoisonnement du clébard avec larmes de crocodile en plus), sa maternelle qui n'avait vraiment pas besoin de ça (Seconde dépression post-natale pour elle, alors quand Josh lui trafique ses prescriptions médicamenteuses..) et même les anodins qui gravitent autour de son environnement (Séquence bloquante avec un clochard).

Les deux adultes mal en point auront droit à un nouveau coup derrière le crane, quand la belle mère "grenouille de bénitier" débarquera dans le foyer (une arme supplémentaire pour Joshua, la religion, pour anéantir son père). Deux scènes illustrent bien mes propos pour montrer le sadisme du môme: Une première avec la construction d'une petite église qui va résumer sa psyché et la deuxième où l'enfant balancera une phrase assassine à son père avec un sourire qui fait froid dans le dos (d'ailleurs son seul sourire du film!!).

Très déstabilisant. Justement, le dénouement se devine assez vite dès que les bleus (qu'il s'inflige lui-même!!) apparaissent sur le corps de Joshua, mais ce n'est pas ça le plus important finalement. La question que l'on se pose est "Pourquoi tant de haine ?" et la réponse nous est dévoilée dans la dernière séquence et en chanson à priori gentillette mais avec des paroles très acerbes.

Ratliff, qui maîtrise son sujet jusqu'à la fin, nous fait comprendre que, malgré la monstruosité de ses actes, le gamin a les mêmes envies que les garçons de son âge. Jacob Kogan avec son physique atypique est réellement épatant et les sous-exploités d' Hollywood, Vera Farmiga (qui joue aussi dans le bien bon "Esther". Si elle veut encore des enfants après ça!!) et Sam Rockwell se mettent au niveau du jeune acteur.

Moins démonstratif, aussi déviant mais plus introspectif que le récent film de Jaume Collet Serra, "Joshua", avec ses accents de "film indépendant", intrigue autant qu'il fascine. Une oeuvre sincère et élégante (bien que la sobriété de sa mise en scène fasse très télévisuelle) qui pourrait bien servir comme d'un sérieux contraceptif pour des couples qui hésitent encore à avoir des enfants!!!

 

Mat Castle.

Un bon film