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Megamind de Tom McGrath (2010) par Bruce Kraft

I'M BAD, I'M BAD.

 

 Megamind est le superméchant le plus génial de toute l’histoire de l’humanité même si ses plans échouent à chaque fois pour conquérir Métro City et son protecteur: Metroman. Lors d'une prise d'otage Megamind va réussir contre toute attente à tuer Metroman....La ville est enfin à lui....

L'équipe des studios Dreamworks nous balance un film d'animation avec en sujet principal un "super vilain". Il fallait bien que ça arrive puisque la mode aux super héros au cinéma. Tout le monde (enfin j'espère!!) a encore en mémoire le fameux "Les Indestructibles" des studios Pixar qui avait enchanté les fans de héros en collant et il s'avérait difficile pour Dreamworks de passer devant ce monument de l'animation.

 

Tom McGrath en charge du projet avait déjà sévit avec les équipes en charge de la série des "Madagascar" et on pouvait penser sans se tromper que la qualité visuelle serait au rendez-vous comme toujours avec les studios Dreamworks qui opte cette fois-ci pour un design très proche....des "Indestructibles". L'animation est magnifique et graphiquement il n'y a aucun point faible.

Le scénar' est plutôt bien ficelé et on suit sympathiquement le fil des événements même si on a l'impression bizarre que les scénaristes ont plus orienté le film vers le mélo-dramatique que le comique quitte même à en faire un film d'animation pour "adulescents" plutôt que pour enfants. Il suffit juste d'écouter la bande originale pour s'en rendre compte: AC/DC, The Clash ou Mickael Jackson sont quand même des références de trentenaires plus que de jeunes ados. Les références aux comics sont, elles aussi, nombreuses et font même un hommage à l'âge d'or des comics (période des comics comprise entre 1930 et 1950 où le super héros devient un archétype) avec les costumes, les noms et les attitudes.

 

D'ailleurs les attitudes de Megamind et Metroman ont été calquées respectivement sur le chanteur grandiloquent Alice Cooper et...Elvis Presley...Dingue non? Par contre, et c'est à ranger du côté des reproches, le choix de Kad Merad pour incarner la voix de Megamind est vraiment grotesque et ne colle pas au physique du super vilain.

Bon, mais au final qu'en est-il du divertissement dans tout ça? Et bien on passe un bon moment...mais c'est tout. Comment ça c'est tout? Bah oui, Megamind n'est pas terrible, il n'y a pas beaucoup de moments forts ou vraiment marquants (l'apparition théâtrale et rock'n'roll face à Titan est par contre bien énorme!!) et on regarde le tout d'une manière assez passive.

 

Nous sommes ici loin du gros succès qu'on pouvait attendre d'un Megamind premier du box office américain et c'est une semi déception arrivé en fin de bobine. Dommage à vrai dire car je pense sincèrement qu'il y avait matière à faire plus avec un pitch pareil et à rendre le tout un peu plus dément que les successions de scènes sentimentales type "Smallville" (le comparatif avec la journaliste roxanne et Loïs Lane de la série et des comics sur Superman est inévitable) parce que finalement c'est un peu ça auquel on a le droit. Megamind ne laissera donc malheureusement jamais sa marque dans le paysage du film d'animation et les fans de super héros rentreront à la maison en visionnant une fois de plus "Les indestructibles".

Bruce Kraft.

 

"Megamind" de Tom McGrath. Distribué par Paramount Pictures. Avec les voix de Kad Merad, Franck Dubosc, Geraldine Nakache. Durée: 1h36.