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Valse avec Bachir de Ari Folman (2008) par Marc Shift

Entrez dans la danse

 

Un jeune appelé, Ari Folman, effectue son service militaire dans l' armée israélienne. Près de 25 ans plus tard il se rend compte qu' il n' a aucun souvenir de cette époque et enquête auprès d'amis et de témoins pour reconstituer sa mémoire.

Je n'ai pas encore eu beaucoup l'occasion d'aborder de film d'animation, soit par manque de temps soit par fainéantise. J'avoue que si ce film n'était pas passé sur Arte à l'occasion de leur fête ciné célébrant leur 20 ans je n'en aurais pas entendu parler. Alors quand j'ai vu la bande annonce, avec son graphisme si particulier, je me suis promis de ne pas le rater.

 

Parce que je dois dire que moi et la télé........Je ne sais pas vous, mais quand je suis chez moi j'ai un mal fou à suivre ce qu'il se passe à l'écran, j'ai toujours un truc à faire. Même là j'ai dû louper près d'un tiers du film, sans vous parler de ma journée où j'ai passé au moins 3 heures de mon temps pour installer la TNT (de l'installation de l'antenne au branchement) seul moyen pour moi de le voir correctement.

Oui je sais j'ai une vie passionnante, mais si je dis tout ça c'est que je ne veux pas vous refaire le coup du « j'ai pas vu le film, mais je vous en parle quand même ». Parce que déjà l'aspect graphique m'a vraiment interpellé, mélange de dessins et d'animation 3D, mélange que j'ai rarement vu aussi réussit. Il est vrai que l'aspect design des perso peut sembler un brin grossier et minimaliste (les traits sont épais, il y a peu de détails), et leur animation peu fluide et assez statique.

 

Ce choix a clairement été fait consciemment et cela renforce le propos du film, entre quête d'identité (la mémoire fait évidement partie de l'identité) et questionnement métaphysique. Cette quête, c'est le réalisateur Ari Folman qui la mène, sur sa propre vie. Après avoir croisé l'un de ses camarades de l'époque et avoir discuté des rêves de ce dernier (superbe séquences d'ouverture avec sa meutes de chiens) Ari se rend compte qu'il n'a quasiment aucun souvenir des événements et de ses actes durant l'invasion du Sud Liban et du massacre de Sabra et Chatila.

 

Au fil de son enquête, parsemée de visions purement oniriques disséminées au milieu d'une réalité brutale et barbare, Ari doit se rendre à l'évidence, même de manière passive il a participé à ce massacre. Le film tourne autour de la quête d'identité, de la culpabilité et de l'individu. Ce n'est pas une démarche de vérité, le but n'est pas là Ari Folman s'interroge sur ses propres actes.

C'est individuel, mais c'est aussi universel, qu'aurions nous fait à sa place, dans ce contexte? Celui qui a la réponse mentira forcément. Alors ce contexte m'est assez étranger, la situation entre Israël et ses voisins n'a jamais été et ne sera jamais simple, on a tous plus ou moins des idées sur la question. Je pense qu'elles sont souvent mauvaises, quand on est pas partie prenante c'est facile d'avoir des grandes idées.

 

Alors même si le contexte ne nous est pas familier, si les événements semblent lointain, ce film n'en est pas moins important. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus accessible (ne vous attendez pas à une oeuvre pleine d'action), mais si vous l'avez raté vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Marc Shift.

 Excellent, encore!!

« Valse avec Bachir » de Ari Folman, musique (bande son vraiment impressionnante) de Max Richter, durée 1h30.