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Bloodsport: Tous les coups sont permis Newt Arnold (1987) par Mat Castle

OPERATION BASTON.

 

Franck Dux, un militaire adepte des arts martiaux, déserte temporairement l'armée pour participer au Kumité, un tournoi de full contact hong-kongais où la mort est monnaie courante...

 

 

Point d'objectivité aujourd'hui en ce qui concerne la critique qui suit car le film chroniqué représente pour moi un avènement, une révélation dans ma vie de cinéphile et mon amour pour le cinéma de genre. Au delà de la qualité intrinsèque de ce "Bloodsport", c'est le flux d'émotions nostalgiques et de souvenirs de cette époque qui prédominent dans la redécouverte de ce film de tatanes, qui mettra en lumière un petit européen pro du grand écart et du "high" kick": un certain Jean Claude Van Damme. Le long métrage de Newt Arnold n'invente pas la poudre loin de là (les films de Tony Jaa et Donnie Yen sont nettement plus spectaculaires) et reste très manichéen dans le déroulement de son histoire.

Pas de héros torturé à la "The Dark Knight" ( autre temps, autres moeurs!!) ici, juste un affrontement ultra classique entre le bien et le mal caractérisé par le juste Franck Dux et sa némesis, cette pourriture de Chong Li (cabotinage génial de Bolo Yeung). Avant cette finale annoncée, on prend un plaisir non dissimulé à voir évoluer des combattants atypiques venus d'horizons divers et tout droit sortis du jeu vidéo "Street Fighter2" ( le catcheur, le karatéka, le vicelard boxeur thaï -mon préféré-, le sumo...).

Les différences de style de combat, les chorégraphies (assez moyennes, faut l'avouer) ainsi que le score kitsch mais très entraînant de Paul Hertzog dope encore un peu plus le rythme effréné de la bobine. En plus la "cool attitude", en toutes circonstances, affichée par un JCVD juvénile donne vraiment la banane jusqu'au générique de fin (la course poursuite avec un Forrest Whitaker débutant sur les petits rafiots HK, son insolence sur la borne d'arcade "international superstar karaté", le jeu de "pile ou face" pour sauver la nana, ses poses "stylish"..).

Beaucoup de bonne humeur donc mais aussi pas mal d'humour cristallisé par l'imposant "sidekick" Jackson joué par ce gros nounours de Donald Gibb. Cet Amerloque cliché, un peu beauf et pataud mais qui nous apparaît néanmoins tout de suite fort sympathique et très attachant (bien aidé par le doublage frenchy de Yves Rénier!!) malgré la lourdeur de ses blagues parfois douteuses mais le plus souvent vraiment rigolotes (le "remake" du "Dim-Mack", sa réaction quand il se prend une droite d'un jeune freluquet, ou tout simplement sa complicité évidente avec Dux, voir la scène de fin à l'hôpital).

   

Une certaine nonchalance bienvenue mais qui le mènera à sa perte. On se retrouve alors devant un cheminement que n'aurait pas renié un Rocky par exemple (défiance, perte d'un être cher, vengeance, victoire et consécration) de facture très classique mais foutrement efficace. Le dernier acte tire dans ce sens avec Dux qui montre toute sa palette de coups malgré les tricheries de son adversaire (ah!!! le coup de la poudre, qui fait loucher JCVD!!). Cela devient alors complètement jouissif de le voir remonter petit à petit son retard et finalement de le voir triompher de l'injustice (c'est très naïf comme procédé, mais que voulez vous, pour moi ça fonctionne encore du tonnerre de nos jours).

A titre informatif, "Bloodsport" est tiré de faits réels et le perso de Dux n'est pas fictif (sacré palmarès le sieur'!). Cet inventeur du Dux-ryu (?!) a participé en tant que consultant pour le film avant de le renier bien comme il faut (une affaire de gros sous, à mon avis), fin du titre informatif.

Pur produit d'exploitation de la défunte Cannon ("Rambo" c'est eux ainsi que "Delta force" et "Invasion USA" si je ne me trompes pas) qui produisait à la chaîne ce type de films d'action.

 

"Bloodsport", malgré son coté désuet et parfois nanardesque, se différencie de ses congénères par le coté festif qu'il procure au spectateur et la joie communicative des comédiens visiblement très heureux de participer à un tel projet.Pour finir, petit hommage au très brocardé "Muscles from Brussells" qui entamait une première partie de carrière U.S aussi intense que très courte (drogues, mauvais choix de films, divorces auront raison de lui) qui l'a vu réussir en partant de rien du tout (il touchait 10 millions de dollars par film à une époque) rien que pour ça et ce "Bloodsport" très récréatif, profond respect Jean Claude.

 

Mat Castle.

 

    Note du "Fan Boy"   Excellent, encore!!   Note Objective  Un film moyen