Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel (2003) par Mat Castle
PEARL HARGORE.
Pendant l'été 1973, cinq jeunes revenant du Mexique les poches bourrées de fumette, prennent en stop une jeune femme traumatisée qui tient un discours incohérent. Quelques secondes plus tard, elle se suicide sous les yeux apeurés des propriétaires du van. Bien décidés à chercher de l'aide auprès notamment de la Police, ceux-ci ne se rendront compte que trop tard que les secours souhaités seront en fait leurs bourreaux et que le Texas sera leur tombeau...
Remaker peut-être le plus grand film d'horreur de tous les temps (cela n'engage que l'auteur de ces lignes) est déjà méga périlleux mais mettre ce "reboot" dans les pattes de l'auteur de "Bad Boys" et de "Pearl Harbor" tenait de la catastrophe industrielle pure et simple. Comment cet "entertainer" décérébré, qui fait tant de mal au cinéma de genre pouvait retranscrire ne serait-ce que 1/10e de l'intensité et de l'atmosphère anxiogène de l'original?
Oeuvre qui, pas peu fier d'être un grand moment d'angoisse, pouvait se targuer aussi de pointer du doigt et de renvoyer à la face de l'Amérique bien pensante, ses rejetés, cette population traumatisée par la Guerre du Vietnam qui vivait en marge du système et qui parfois était capable des pires horreurs dans les coins les plus paumés des States (en foutant la fameuse "American way of life" aux chiottes). Et bien, sans surpasser l'oeuvre de Hooper et de Henkel, on peut dire dire sans honte, et c'est une grande surprise, que l'affreux réal' a quand même réussi son pari.
Première résolution et pas des moindres, déléguer la mise en scène, en ne s'assurant que de la partie financement via sa boite de prod', Platinium Dunes, au profit d'un jeune clipper germanique assez doué (Voir son vidéo clip "Greedy Fly" réalisé pour le groupe "Bush" qui est vraiment somptueux): un certain Marcus Nispel qui va mettre toute sa hargne et sa soif de filmer dans son premier effort filmique. Deuxième point appréciable, cet opus destiné à relancer la franchise sera du premier degrè, de la violence sans concession et sans humour, ou ne sera pas (le film a échappé de peu à une classification X aux États-Unis pour violences outrancières, c'est dire!!).
Et dès les premières minutes de la projo, on se rend compte du miracle car ce "Chainsaw next gen" prend vite ses marques, tient ses promesses et s'affranchit brillamment et radicalement de son modèle. Autant Hooper suggérait pas mal pour susciter l'effroi, le dégoût ("Massacre..." est considéré à tort dans l'inconscient collectif comme un classique du gore) autant Nispel met les deux pieds, et pas qu'un peu, dans l'extrême et la violence frontale hardcore en ne nous épargnant rien ou presque (une scène coupée présente dans le dvd va encore plus loin dans le rejet et le sordide).
On ressent parfaitement les os se briser sous les coups de marteau et le vrombissement de la tronçonneuse découper la chair des malheureux (aouch!). La bobine du Teuton brille aussi grâce des collaborateurs de talent. Scott Kosar, en vrai fan de la saga, a pondu un scénar' jusqu'au-boutiste à peine freiné (le premier jet de son script se terminait d'une manière des plus immorales) et qui se permet le luxe de retoucher, sans dénaturer, le mythe "Leatherface".
La patine particulière du film couleur sépia très 70's fut créée par le chef op' originel de "Massacre.." Daniel Pearl pour un résultat léché (voir un peu trop). Le fait de ne pas reprendre les persos de la famille de cannibales originale est aussi une sacrée bonne idée. De la soeur qui vole des bébés, au gamin qui aurait pu jouer dans "Deliverance", on retient évidemment la "tronche de cuir" (Andrew Bryniaski reprend la défroque du tueur magistralement interprété à l'époque par Gunnar Hansen en apportant certes moins de charisme mais plus d'agilité, de physique et de rapidité) mais c'est surtout le shérif Hyott joué par R. Lee Ermey qui vole la vedette à tout le monde.
L'ancien militaire remodèle complètement le rôle du scénario pour créer un croisement bâtard du Sergent Hartman de "Full Metal jacket" avec le serial-killer Ed Gein (gloups!?). Ermey s'est amusé comme un petit fou en improvisant constamment sur le tournage pour un résultat très réussi (On lui doit certaines "blagues" et moments des plus morbides du récit) mais (en revers de la médaille) monopolise un peu trop l'attention quitte à faire de l'ombre à ses petits camarades de jeu, parce que le vrai "bad guy" du métrage, c'est bien lui (ah!! le coup de tesson de bouteille dans la gueule du gars, impossible à oublier ça!). En effet, même sans passer au second plan "Leatherface" est quand même un peu en retrait dans l'histoire. Mais rassurez vous, il a droit malgré tout à des scènes viscérales étonnantes de cruauté surtout pour une production hollywoodienne (la scène avec son masque "alternatif" qui mortifie l'héroïne, la course poursuite au milieu des linges étendus qui finit façon "steak tartare", l'abattoir....).
Pour ce qui est de la "chair à canon", autrement dit les victimes, elles ont plus de substance que la moyenne même si on a l'impression de tous les voir sortir d'une pub "Diesel". Eric Balfour offre une interprétation suffisamment cool pour que l'on arrive à être concerné par son sort, Lauren German ("Hostel 2") est très intense (mon Dieu, quelle entrée en matière!!!!) et Jonhattan Tucker joue comme si sa vie en dépendait (quitte à vomir entre les scènes pour s'impliquer encore un peu plus dans son rôle).
En comparaison, Jessica Biel est "électrifiante" mais pas forcément au niveau de son jeu (Fallait quand même jouer la scène de la chambre froide avec les carcasses de viande, elle qui est végétarienne convaincue). Enfin, Mike Vogel est juste là pour faire la victime toute désignée mais aura droit à une mort assez graphique.
Nispel, Aja, Roth, Snyder, Marshall, Wan, Zombie (appelés le "frag pack" par les journalistes spécialisés).. Ces gars ont contribué à remettre l'horreur sans concession au goût du jour en explosant le box office 'ricain pour la joie de tous les fans d'épouvante "borderline". Une période intense et très courte qui correspondait à plusieurs facteurs comme l'allergie au PG13 et à une ambiance défaitiste de post dépression due notamment au 11/09 qui a traumatisé plus d'un Yankee.
Illustrant bien cette époque, ce "Massacre à la tronçonneuse" radical fait partie des plus belles réussites du cinéma horrifique de ces dernières années car il a réussi à imposer sa vision, ou relecture, d'une saga populaire sans pourtant faire une copie carbone d'un classique absolu du cinéma. Malheureusement, Nispel (comme beaucoup des personnes cités un peu plus haut) ne convertira pas l'essai pour un autre maboul du cinéma: Jason Vorhees et "Vendredi13". Il lui manquera tout ce qui faisait le piment de son "Massacre à la tronçonneuse"dans la brutalité, le chaos et l'anti conformisme du propos.
Mat Castle.


















vu comme tu partais j’ai bien cru que tu allais descendre le film… que je n’ai pas vu, mais que du coup j’ai très envie de voir ! j’avais bien aimé le vendredi 13 de nispel pour ma part (si si,
j’avais bcp ri !), qui n’oublions pas est aussi celui qui a “monté” mylène farmer sur une locomotive, ce qui n’est pas rien non plus… héhé
Je me souviens qu’il n’était pas mal ce film. La version moderne du massacre à la tronçonneuse. Mais bon, ça reste un remake, encore un, et moi ça me gonfle un brin…
Même chose je pensais que ça allait être un scud contre le film. Il est un remake sympa mais peut être un peu trop pour les teenagers.
J’ai bien aimé je l’ai trouvé très bon aussi
moi aussi les remakes je commence à saturer, mais ce massacre.. faisait partie de la premiére vague de relectures trés abouties qui ne souffraient pas de la comparaison avec l’ original (la

collline a des yeus, le monstrueux l”‘armée des morts” et la 1iére partie du film de halloween de rob zombie) vrai fan de l’original et vu que j’attendais pas grand chose de ce film, la
surprise en était que plus grande surtout comment je vois un film comme “hitcher” complétement défiguré par son remake officiel, et nispel, qui a dirigé mylène farmer?! c’a c’est un scoop
donc.. je retires ce que j’ai dit, c’est nul “massacre à la tronçonneuse”!!!
un remake qui tient largement la route mais on est très loin de la folie et de l’ambiance sordide du film de Hooper…
c’est sur.. l’atmosphére glauquissisime du film de hooper n’est pas égalable, mais l’original était un film indépendant donc pas de producteurs au cul te disant comment faire ton long métrage
toutes les deux minutes, il faut se dire que le remake est un film de studio et les quelques idées déviantes et le ton général du film font hautement plaisir,aja en a souffert (des
directives des majors) pour s’imposer et kitamura avec son magnifique midnight meat train (que je chroniquerais bientot) également,aprés c’est une question de gout
Pour un remake, je l’avais bien aimé celui là
Bien foutu, propre et tout.
enfin “propre” façon de parler parsque c’est quand méme la boucherie/chevaline st’ film
a bin complétement c’est ptét pour ça qu’ il est réussi..
Un vrai choc visuel, que ce “massacre” !
un vrai miracle tu veux dire! quand on voit ce qu’a fait platinium dunes avec freddy
sa réléve encore un peu plus
le niveau de ce “Massacre…”