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The wrestler de Darren Aronofsky (2008) par Bruce Kraft

ULTIMATE WARRIOR.

Randy Robinson alias "the Ram" (le bélier) est une grande star du catch dans les années 80. Vingt ans après il est toujours sur le ring...dans de petites salles de gym pour survivre. Malheureusement il est foudroyé par une crise cardiaque et le médecin est formel: il ne doit plus catcher car il risque d'y rester...mais que faire d'autre?

 
"The Wrestler" réalisé par le génial Aronofsky ("Requiem for a dream" et "Pi") est un gros plan inédit sur un sport (spectacle?) qui enchante tous les "kids" américains et qui reste pour beaucoup d'européens un défilé "d'hypertrophiés des pectoraux en collants à paillettes" dont les combats sont truqués. Cliché? Pas faux au vu du film mais quand on voit les combats on peut quand même admirer la performance( le catch dans sa version hardcore fait quand même réfléchir sur la dureté de ce sport!!). Je vous ai dit que c'était un film? Pas tout à fait.
 

Voilà la première curiosité de ce long-métrage: il est tourné comme un documentaire, la caméra suit Randy sans arrêt et les rares moments où elle décroche c'est pour s'attarder sur les divers protagonistes que rencontre notre catcheur. Cette façon de filmer vous plonge encore plus dans la réalité de ce pauvre type ( Il jongle avec les dettes et vit dans un mobil-home!!) cherchant tant bien que mal à se réinsérer dans la vie normale, loin des rings.

Très rapidement le spectateur va s'attacher à ce personnage interprété par un fantastique Mickey Rourke ressuscité (il nous ferait presque pleurer le con!!) et qui s'est certainement retrouvé dans ce rôle d'écorché resté trop longtemps dans une bulle pour s'apercevoir que le monde avait évolué depuis les 80's...mais sans lui (Randy joue encore à des jeux vidéos le mettant en scène sur une console de jeux vidéos qui a plus de 20 ans!!).
 

La maladie l'écartant des rings et de ses habitudes de sportif c'est ainsi que Randy s'aperçoit qu'il a pas mal merdé dans sa vie de famille...Et cherche du coup à reconstruire un cocon familial avec une strip-teaseuse, elle-même en fin de carrière, dans une relation assez particulière. De plus, celui qui est craint sur les rings se retrouve, dans son second job, en supermarché, face à un responsable de magasin (un frustré!!) s'acharnant sur lui en prenant un malin plaisir à fustiger le catcheur sur son monde de "mec à paillettes"!!! Frustration pour le champion qui garde malgrès tout son calme et remballe sa fierté pour ne pas perdre son job.

Aranofsky nous montre donc un quotidien des plus terribles (la convention d'anciennes stars du catch!!) et réussit à rester neutre sur les actes de son "héros" vis à vis de la prise de "médocs de body builder" par exemple. Même au niveau bande-son on joue la neutralité avec seulement un tout petit thème à la guitare acoustique (Et encore une chanson de Springsteen!!) pour certains moments "tristes" et deux morceaux de Hard-Rock (dont les "Gun's'n'roses"!!).Le film joue donc la carte du réalisme en ne cherchant pas absolument à aiguiller le spectateur avec des musiques de circonstance, on vous laisse penser tout seul...c'est cool non?. Merci Darren!! Alors réussi "The wrestler"? Carrément car même si les mauvaises langues diront que ce n'est qu'une version catch du cultissime "Rocky" et bien je leur dirais simplement que là où "l'étalon italien" connaissait un "Happy End" annoncé (ft facile?), "The wrestler" ne laisse rien transparaître de l'avenir de notre "blondin bodybuildé"...et ça c'est bon!!

 

"The wrestler" est donc un formidable film dont la simplicité a en plus le mérite de laisser Rourke montrer au monde entier ( 2 nominations aux Oscars et le Golden Globe de meilleur acteur!!) qu'il est encore un très grand acteur, même avec la gueule cassé d'un homme qui en a bavé à un moment de sa vie...tout comme Randy......

Bruce Kraft.

 

Excellent, encore!!