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Hollow Man, l'homme sans ombre de P. Verhoeven (2000) par Mat Castle

ROOT LOOSE.

Sebastian Caine et son équipe de scientifiques travaillent dur sur des structures moléculaires pouvant contrôler le pouvoir d'invisibilité pour le compte de l'armée. Avant de montrer sa réussite au monde, Sebastian décide, comme ultime test avant validation, de s'injecter le fruit de sa formule dans le veines. Comprenant assez vite que le procédé semble irréversible, le chercheur fait alors éclater la face la plus sombre de sa personnalité au grand malheur de ses collègues...

Pas sûr que le père Verhoeven savait qu'en signant ce "Hollow man" ce serait son dernier film hollywoodien avant un retour au pays plutôt salvateur (avec "Black Book"). Cette relecture perverse et horrifique de "l'homme invisible" n'était qu'à la base un film de commande visant à relancer le Hollandais dans le circuit après les échecs (soit disant) artistiques et surtout financiers de "Starship Troopers" et surtout de "Showgirls" (qui gagna un Razzie Award du pire film que Paulo....ira chercher! même pas peur!!!) et bien le destin en décidera autrement. Pourtant même si le réalisateur de "Total Recall" n'était pas l'initiateur du projet, le produit fini n'est pas une oeuvre sans âme que l'on pouvait craindre et, est moins "calibrée" qu'il n'y parait (pas très étonnant vu le c.v de Verhoeven, celui ci ne pouvait définitivement pas rendre une copie totalement "lisse" ou "propre" au Studio qui finançait le film).

 

Pas facile néanmoins d'imposer des thèmes qui lui sont chers (le sexe et la violence) dans ce type de film surtout que ses "potes" de la MPAA l'ont toujours dans le collimateur depuis ses "débordements" de "Starship...". Et on peut déclarer sans trop se tromper que c'est l'aspect très voyeur du script ainsi que la tension sexuelle permanente entre les personnages qui a certainement attiré le "hollandais violent" pour la mise en scène de ce long métrage. Parce que même si "Hollow man" peut apparaître très superficiel dans un premier temps (les impressionnants et bluffants SFX sont bien mis en avant, voir les scènes de "deconstructuration/reconstructuration" des tissus charnels, ou bien encore le rendu saisissant dès lors que "l'homme sans ombre" entre en contact avec tout ce qui est liquide...) le papa de "Robocop" réussit à injecter avec parcimonie quelques touches de transgression dans un métrage dit "standard" comme l'horreur et la "darkside" de l'être humain  dés lors qu'il ne se sent plus observé donc condamné (et le questionnement sur les conséquences de ses actes à partir du moment où il ne voit plus sa tête dans le miroir).

 

Tout ceci est concentré dans la scène de "sexe" (bien "cuttée" au montage) avec le perso de Rhona "Lara Croft" Mittra qui rappelle le film "l'Emprise". Paulo joue avec le spectateur aussi, parce que avant cette scène, l'audience pouvait trouver sympathique le perso de Cain aussi cool que sûr de lui et adepte des blagues de cul et de gâteaux twinkies mais dès lors qu'il commet l'irréparable, on a presque honte d'avoir pu apprécier une telle ordure jouée parfaitement par le toujours bon Kevin Bacon. L'acteur de "Footloose" prend visiblement beaucoup de plaisir à interpréter un rôle à la "Jeckyll and Hyde" débordant de jalousie dans ce trio amoureux (comme dans la "Mouche" de Cronenberg) où il deviendra un terrible prédateur sexuel. Le scénario de Andrew Marlowe allié à la malice du néerlandais nous offre sur un plateau des séquences soit tendues (Kim "Deadwood" Dickens qui balance des poches de sang pour se protéger de Sebastian, la scène dans la piscine...) soit limite "cra-cra" (la vision thermique du clebs dans le mur) et inattendues.

Le rythme est soutenu malgré quelques grosses ficelles et incohérences souvent propres aux "blockbusters" (le final entre les flammes sur l'ascenseur est vraiment grotesque) et la "happy end" que l'on redoutait tant arrive comme un méchant herpès sur le coin de la gueule, ce qui assombrit un peu l'ensemble. "Hollow man" est certes un film mineur dans la filmographie de l'un des réalisateurs les plus provoc' et intéressant de ces vingt dernières années, mais sous ses airs de film de masse, la pellicule du batave arrive à distiller quelques idées troubles et déviantes pour rendre au final sa vision très distrayante. La métaphore est grossière mais voyez le film comme un paquet de lessive Bonux, on savait que c'était du nettoyant machine mais il y avait toujours une surprise à l'intérieur (qui était parfois pourrie, on me dit dans l'oreillette, oh ça va !!)

Un film moyen"Hollow man, l'homme sans ombre" de Paul Verhoeven. Distribué par Columbia Pictures. Avec Kevin Bacon, Elisabeth Shue, Josh Brolin. Durée:1h52.