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Midnight meat train de Ryhuei Kitamura (2008) par Mat Castle

MINISTERE HAMMER.

La descente aux enfers de Leon Kaufman, un photographe voulant percer à tout prix avec ses clichés trashouilles. Le gars pense toucher le gros lot en découvrant et en pistant un serial killer qui sévit dans le métro. Le début de la fin pour le jeune homme et son entourage...

Bien triste sort réservé à ce très graphique "Midnight meat train": D'abord bien soutenu et épaulé par Lionsgate qui permettait à ses auteurs une très grande exposition médiatique (large panel de salles, campagne de pub conséquente) pour entrevoir un "hit" potentiel au box-office américain, le film sera finalement sabordé et fera les frais, bien malgré lui d'un changement de direction et de règlements de compte en interne pour bénéficier au final que d'une sortie technique (autrement dit, rien du tout) au pays de l'Oncle Sam.

Carrément consternant quand on voit le résultat qui est le fruit de deux artistes (Clive Barker et Ryhuei Kitamura) a priori aux antipodes l'un de l'autre mais se rejoignant bien sur un point: L'excès ( Notamment du plaisir par la souffrance pour Barker et de l'action frénétique frôlant l'overdose pour Kitamura et son épuisant "Versus").

Allergique à tout ce qui se rapproche d'Hollywood depuis que les studios aient massacré ses oeuvres dans les plus grandes largeurs, l'écrivain britannique fut néanmoins vite conquis (après quand même une grosse soufflante du natif de Liverpool, naturellement en autodéfense après ses expériences douloureuses) par la vista du réalisateur nippon et sa profonde sincérité à respecter l'univers dépravé du géniteur de "Hellraiser" (Kitamura est un vieux fan de ses "Livres de sang").

"Midnight meat train" est certes du Barker pur jus au premier abord mais on se rend vite compte du style bien caractéristique du jap' qui n'est jamais étouffé, mieux il est "canalisé" ou "recentré" en quelque sorte rendant le tout plus compact et du coup plus énergétique. La mise en scène du papa de "Azumi" reste (pour ses détracteurs) un peu trop "tape à l'oeil" mais plus novatrice et moins éreintante que par le passé.

Dans une très grande lisibilité, il filme ses moments d'effrois comme des scènes d'actions fulgurantes et très bien photographiées et chorégraphiées (le combat entre le tueur au marteau et le fighter de l'UFC, Quinton "Rampage" Jackson, est aussi cool qu'improbable que le lieu où il se déroule, ou le combat au milieu de carcasses humaines tourné en plan 360 degrés vraiment magnifique...) avec au moins une idée par "shot" (la scène des touristes apparemment bien "charcutée" par la MPAA -la censure ricaine- mais disponible en intégralité sur le dvd).

Le premier film amerloque de l'asiatique profite du savoir faire de Barker en ce qui concerne la psychologie des protagonistes tous plus ou moins torturés mais allant tout droit dans le mur.

Bradley "Hangover" Cooper et Leslie Gibbs proposent un couple crédible et de très bonne facture pour les scènes intimistes ( parfois glauques et pleines de détresse). Mais que dire de Vinnie Jones, l'ancien "bad boy" du foot anglais bien massif faisant passer beaucoup d'émotions en ne prononçant quasiment aucun son de tout le métrage mais en se dévoilant au fil de l'intrigue comme étant bien plus qu'une crapule assoiffée de sang (une constance chez Barker, voir "Candyman").

Le dénouement (très prévisible diront certains, perso je ne l'ai pas anticipé) est très cruel pour tous les acteurs de cette histoire et nous expose bien plus qu'une simple lutte du Bien contre le Mal qui aurait méritée d'être approfondie dans plusieurs séquelles (l'ami Clive a déjà les synopsis des "Midnight 2 et 3 "dans le crâne, malheureusement le peu de recettes engendrées par le film condamne l'éventuelle trilogie).

Aussi original dans l'esprit que studieux dans sa réalisation, "Midnight meat train" est une vraie petite merveille, trouvant le juste milieu entre le malaise propre aux livres de Barker et la direction "speed" et inspirée de Kitamura. Une vraie pépite qui mérite d'être redécouverte et qui aura au moins permis à ces deux virtuoses de se rencontrer et de vouloir retravailler ensemble pour de futurs projets. Nous ne sommes pas encore à la mi-saison mais "Midnight meat train" est déjà un des films de l'année pour moi tout simplement.

Mat Castle.

  Excellent, encore!!