Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog (1972) par Marc Shift
LES MYSTERIEUSES CITES D'OR.
Au XVI ème siècles, en pleine conquête espagnole, des conquistadores s'engagent dans la forêt vierge à la recherche de la mythique Eldorado.
L'une des premières choses à m'être venue à l'esprit en voyant ce film est le parallèle avec "Apocalypse Now". Calmez-vous, je sais que le film d'Herzog est largement antérieur, et qu'il ne partage les même sujets, mais on sent largement dans les deux cas les galères de tournages et l'enfer qu'on dut vivre l'ensemble des staffs pour un tournage au cœur même de la jungle.
Bon c'est surtout que le film de Coppola est plus connu et que c'est l'un de mes films cultes que ce rapprochement m'est venu à l'esprit, en dehors de ça il n'y a pas de comparaison à avoir. L'ampleur de l'entreprise saute aux yeux dès le début, où l'on voit un convoi (fais de bric et de broc, y a pas beaucoup de moyens matériels) d'une longueur assez impressionnante descendre d'une montagne, verdoyante et escarpée, dans la brume avec les hommes en armures, armes, chevaux, bagages. D'ailleurs tout est porté à dos d'hommes, même les canons et …. deux palanquins transportant chacun une femme, portées par les esclaves indiens, et cela semble totalement hors de propos dans cet environnement.
Confronté à l'hostilité de la jungle le général Pizzaro décide d'envoyer 40 hommes à la découverte d'Eldorado avec à leur tête le capitaine De Ursua (Ruy Guerra) et son lieutenant Aguirre (Klaus Kinski). Les deux hommes imposent la présence, pour le capitaine de sa femme Inez (Helena Rojo) et pour Aguirre de sa fille Flores (Cecilia Rivera) et cela donne des visions totalement surréalistes de palanquins mis sur des radeaux au beau milieu d'un fleuve !!
Rapidement les difficultés arrivent et avec, les tensions se font jours entre le capitaine prêt à rebrousser chemin et Aguirre prêt à tout pour atteindre Eldorado. La tension augmente avec les morts qui s'accumulent que ce soit par accident ou tués par des indiens quasi invisibles. Ce qui est assez surprenant c'est que pour le spectateur, ces morts, arrivent dans une relative indifférence, arrivant comme un cheveux sur la soupe. Les hommes rendent aussi la situation de plus en plus ubuesque, avec une mutinerie qui débouche sur l'élection d'un empereur, imposé par Aguirre, et ses festins devant ses hommes comptant les grains de maïs pour manger !
L'expédition se transforme en un cauchemar vécu, le film est en fait un cheminement progressif dans la folie, une soif d'ambition démesurée, ce film fait beaucoup plus appel au ressenti. Les dialogues ne sont pas très fournis, il n'y a pas vraiment d'empathie envers les personnages (mais c'est voulu) où même une pendaison n'arrive pas à nous sortir de notre torpeur.
Herzog s'est concentré sur les images, créant une ambiance extrêmement pesante, une chaleur étouffante, une musique quasiment absente pour laisser place aux bruits d'une jungle qui engloutie les hommes comme s'ils n'avaient jamais existé. Et que dire de l'immense Klaus Kinski, que je connaissais plus de réputation, sinon qu'il incarne ce personnage jusqu'aux limites de la folie dans un final tétanisant!!!
Marc Shift.
















Pour moi c’est un film sur la folie, la démesure. Herzog a vraiment réussi à faire ressentir ces choses.
Connais pas ce film. Je crois bien que je n’ai jamais vu aucun film de ce réalisateur…
Avec Kinski comme acteur…pouvait-il en être autrement?
Avec Kinski comme acteur…pouvait-il en être autrement?