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Kick-Ass de Matthew Vaughn (2010) par Mat Castle

PETER PAS-PEUR.

Dave Lizewski est un "geek" un peu looser sur les bords comme il en existe tant aux États Unis. De ses pensées hormonales d'ado, surgit une autre idée des plus saugrenue: Devenir un "vrai" super héros. Après une raclée mémorable qui le laisse quasi-mort, il devient quand même une star du Net, sous le sobriquet de "Kick-Ass", en sauvant la vie d'un quidam pendant une agression. Malheureusement pour lui, ses "exploits" arrivent dans les oreilles de trafiquants de stupéfiants qui lui mettent un contrat sur la tête. La situation semble désespérée pour notre "capote verte" jusqu'à ce qu'apparaissent deux vrais super'frappadingues prénommés "Big Daddy" et "Hit Girl". La lutte contre le crime peut alors commencer...

 

 

"Kick-Ass" est une nouvelle tentative d'adapter sur grand écran une des oeuvres du "Special One" des Comic-books, Mark Millar (après un "Wanted" catastrophique!!) et semblait avoir quelques atouts dans sa manche pour nous offrir un divertissement "trash" assez réjouissant. Premièrement, avec à bord un réal' Rosbeef bien sympathique ("Layer cake"), et producteur à ses heures ("Snatch"), qui se devait une petite revanche à lui même après avoir claqué la porte de "X-Men 3" (pour le résultat que l'on sait) et prouver au tout Hollywood qu'il est au niveau de ses confrères U.S.

 

Secundo, la caution "indie" du projet pouvait interpeller. Vaughn et son équipe ont fait leur film dans un coin, sans se fixer de limites, ni de contraintes (hors budgétaires) avec le grand avantage de ne pas avoir sur le dos les "costards cravates" des Studios avec leurs sciences et suggestions malvenues (le film fut financé en externe et vendu "en l'état" aux majors qui n'ont eu qu'à le distribuer). Alors "Kick-Ass" instantanément culte?!? Bin malheureusement pas tout à fait.

 

Déja, l'empathie pour le principal protagoniste est quasiment nulle (pas vraiment aidé par ce tétard de Aaron Johnson) et tous les dialogues le concernant sont finalement assez creux même pas au niveau des scènes coupées d'un "Super grave" par exemple (La présence de Christopher Mintz-Plasse au cast n'est pas forcément innocent).

 

La partie "romance à deux balles" à la "American Pie" est irritante au possible et confirme notre dés-amour du héros. L'autre mauvaise surprise vient du "score" du métrage. Une B.O inappropriée qui se voulait décalée en servant de béquille à l'action mais qui se vautre dans les plus grandes largeurs.

 

Le procédé de coller une musique gentillette à une séquence brutale peut fonctionner si il est utilisé avec parcimonie mais quand il s'invite dans pratiquement tous les moments "chocs"de ce "Kick-Ass", c'est gênant et a pour conséquence de diminuer considérablement la dramaturgie de scènes concernées (Et je ne vous parles même pas du morceau sorti de "28 jours plus tard" usé jusqu'à la corde qui est encore à l'honneur ici). Enfin c'est le coté "Post modernisme" qui m'a un peu posé problème.

 

La volonté du Papa de " Stardust" était d'offrir aux "Kids" un super héros qui leur ressemble car ouvert aux réseaux sociaux et nouvelles technologies (You Tube, I-phone, manquait plus que les top tendances "Tweets" pour compléter le tableau) en opposition aux "poussiéreux" (dixit Vaughn) Batman ou Superman.

 

C'est peut être louable mais que vaudra "Kick-Ass" dans quelques années? Pourra t-il survivre à l'épreuve du temps (comme "Spidey 2" ou le second volet de "Blade") quand on le revisionnera dans une dizaine d'années et que les moyens de communiquer auront sûrement changé? La question mérite d'être posée ou.. pas, c'est peut être moi qui est trop "old school"...ou pas, enfin passons. Heureusement pour nous, les "pompiers de service" débarquent en cours de route et sauvent les meubles du bébé de Vaughn. Ces sauveurs se prénomment Cloe Moretz et...NICOLAS CAGE!!

 

Oui, vous avez bien lu, Nicolas cage, le cabotin multi-moumoutes qui semblait voir jeté sa carrière aux chiottes depuis belle lurette en cachetonnant dans des purges irregardables comme "Benjamin Gates" ou "Next". mais qui renaît de ses cendres  tel un phoenix dans la défroque du "Big Daddy".

 

Souvent drôle, touchant la plupart du temps (Le côté fusionnel avec sa fille), le "Castor Troy" de "Volte face" fait vraiment bonne figure dans un rôle qui fleurte pourtant avec le ridicule. Mais que dire de "Hit Girl", jouée par la frêle Moretz qui est LA raison de découvrir ce "Kick-Ass" bancal. Une gamine à première vue adorable mais complètement psychopathe quand elle arbore son costume de justicière en dézinguant au Glock et au sabre les malfrats par paquets de douze.

 

De plus, elle a toutes les "punchlines" les plus mortelles du film (Kick-Ass: "Comment je fais pour vous retrouver?"-Hit Girl: "Bin, on a un signal dans le ciel comme Batman...en forme de bite géante!!", des jurons de marins qui prendront encore plus d' ampleur en V.O je pense) et participe à tous les moments les plus réussis de la bobine (le "Gun fight" en vision FPS infrarouge bien troussé, sa discussion avec son père portant sur les..crans d'arrêt!). Le succès du 3ème acte lui doit énormément car l'histoire a la bonne idée de se recentrer sur son cas.

 

Après un événement qui va bouleverser sa vie, elle se remettra très vite en selle dans un gros morceau de bravoure face au baron de la drogue D'amico (le perso de Mark strong n'hésitant pas à foutre des mégas pains dans la frimousse de la "Hit Girl", et c'est bien là que l'on se rend vraiment compte du coté autonome du projet, car aucune major n'aurait voulu financer un truc pareil). Cette baston montée en parallèle avec celle de "Kick-Ass" contre "Red Mist" (bien falote celle là par contre) ne laisse en tout cas planer aucun doute: la star du métrage c'est bien elle.

 

"Kick-Ass" est donc un film imparfait qui a comme principal défaut, d'avoir en tête de gondole, un héros assez antipathique auquel on peut difficilement se rapprocher. Vaughn peut remercier ces persos secondaires qui lui sauvent les miches et notre intérêt pour le film par le côté irrévérencieux de leur personnalité. Grâce à eux et à une très bonne dernière partie, "Kick-Ass" évite ainsi d'être catalogué dans la section "pétard mouillé" Il s'en est a fallu de peu quand même.

 

Mat Castle.

 

Un film moyen