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Martyrs de Pascal Laugier (2008) de Bruce Kraft

JÉSUS CRIE.

Lucie a 10 ans quand elle est retrouvée sur le bord d'une route après des mois de disparition. Elle a été kidnappée, violentée et torturée....mais pas violée. Qui? Pourquoi? Toujours est-il qu'elle est placée en hôpital psychiatrique et essaie de se reconstruire aux côtés de la seule fillette avec qui elle parle, Anna. 15 ans plus tard Lucie pense avoir retrouvé ses bourreaux...Elle sort le fusil de chasse.

Attention, attention, ce film n'est pas à mettre entre toutes les mains. Sachez qu'en plus de ça je ne suis pas un adepte de ce genre de film au contraire des amis Castle et Shift beaucoup plus extrêmes que moi. En effet, le film de Pascal Laugier (Poulain de Christopher Gans!!) fût, avant sa sortie, classifié "interdit au moins de 18 ans".

Cependant, la ministre de la culture de l'époque, Christine Albanel, demanda une révision à la commission de classification après avoir eu un entretien avec Laugier. Imaginez qu'une "interdiction au moins de 18 ans" est une catastrophe commerciale pour un film car ce dernier aurait été quasiment absent des salles de cinéma!! Toujours est-il qu'il fut donc décidé de l'interdire au moins de 16 ans...seulement. Il est vrai que le bébé de Laugier serait du genre choc visuellement....mais pas seulement.

Un film très violent (qui a dit gore?) et éprouvant psychologiquement...c'est bien d'un film français dont on parle!! "Martyrs" est un long-métrage qui se vit...ou qui se survit plutôt. Comme beaucoup de cinéphiles j'ai poussé la galette dans le lecteur dvd en me disant:"Bon, prépare toi ça va être du Hostel ou du Saw!!"....erreur....grave erreur. 

Le long-métrage du français (punaise, je l'ai pas écrit souvent ça!!) démarre avec une première partie digne d'un film ricain d'horreur avec fusillade, "créature" tout droit sortie de "Silent Hill" (Beau boulot des gars aux effets spéciaux  et maquillage dont Benoît Lestang qui s'est suicidé deux mois avant la sortie du film. Il avait travaillé sur "Sheitan" notamment), hémoglobine à tous les étages et des cris non-stop...Là, nous sommes dans le violence visuelle pure, bien foutue et jouissive. Laugier a donc pris le parti de "lâcher les chiens" dès le début comme pour dire: "Bon, maintenant qu'on a balancé tout notre stock de sang on va vous laisser sur le cul!!".

C'est finalement la seconde partie qui laissera le spectateur estomaqué ou......dubitatif. Laugier prend le spectateur a contre-pied en changeant complètement l'atmosphère du film et légitimant du coup tout le côté "bourrin" de la première partie. Le pire c'est qu'à bien y réfléchir c'est cette partie qui est la plus éprouvante pour les nerfs et qui exacerbe le plus notre impuissance de spectateur à pouvoir agir sur le déroulement des événements, cela devient véritablement un cauchemar.

Laugier donne alors de manière très fourbe une ampleur et une profondeur complètement inattendues à tout ce bordel de départ, répondant du même coup à certaines questions posées au spectateur dans la première partie. C'est à partir de ce moment qu'on comprend que Laugier ne joue pas dans la même catégorie que ses petits camarades français et qu'aller damer le pion à certains ricains ne serait pas un problème pour lui.

Outre le fait que l'ensemble bénéficie d'une aspect visuel des plus travaillés, certains plans lorgnant vers le "parfait" (je vous ai dit:"rien à envier aux ricains!!"), c'est au niveau casting qu'on hallucine le plus avec les deux actrices principales: Mylène Jampanoï (sortie de la série "Sous le soleil" !!! Gasp!!) dans le rôle de Lucie et Morjana Alaoui (sortie du film "Marock") dans le rôle d'Anna.

Les deux femmes vont vivre un véritable enfer et leurs prestations sont vraiment à souligner, bien que Jampanoï la joue par moment un peu trop "cours Florent", mais c'est Morjana qui tient le haut du pavé avec une capacité à se renouveler dans la douleur physique et mentale (Un pur moment de bonheur quand elle détend tout son être sur la chaise ses mains trahissant un début de folie!!). Mis à part Charlotte Gainsbourg dans "Antichrist" aucune actrice française ne m'avait bluffé à ce point.

Laugier arrive même à nous asséner un dernier coup poing avec un climax littéralement perturbant. "Martyrs" devient sans peine, mais pas sans mérite, un des nouveaux fer de lance du cinéma d'horreur français avec un quasi sans faute (hormis une scène avec la famille de "bourreaux" en début de bobine faisant penser à une production AB!!). Espérons que Laugier se fasse emboîter le pas car des films de cet acabit, perso, j'en redemande!!

Excellent, encore!!