Freddy, les griffes de la nuit de Samuel Bayer (2010) par Mat Castle

NIGTHMARE ON ELMO STREET.

Quelques adolescents découvrent qu'un ectoplasme brûlé et armé d'un gant aux lames acérées s'invite dans leurs rêves pour les tuer. Ensemble, ils vont enquêter sur la genèse de ce croquemitaine et réaliseront que leurs propres parents sont directement impliqués dans cette sale histoire de vengeance...

 

 

Quel intérêt?". C'est juste la question que je me suis posé en sortant de la projection de ce "Freddy, les griffes de la nuit" triste à mourir. Autant vous le dire tout de suite ce "reboot" d'une franchise horrifique poussiéreuse ,devenue involontairement comique avec le temps, ne sert strictement à rien (ce métrage aurait pu sortir dans les années 90 tellement il ressemble à une suite lambda des aventures du Griffu cabotin).

L'histoire reprend quasiment à la ligne près l'intrigue de l'original mais en plus "propre" ou "soft" en oubliant toutefois d'apporter quelque chose de neuf qui nous inciterait à replonger dans les rues de Elm Street. Le schéma pour (essayer) de nous faire sursauter est toujours le même ici et agace très, très, rapidement: L'ado s'endort, se réveille dans un monde lugubre aussi effrayant que l'univers de Dora l'exploratrice, est pourchassé par le criminel aux rayures et quand la tension est au maximum (sic) se réveille en hurlant.., voila le suspense, terrifiant, non? Et ce procédé est repris sans vergogne jusqu'à l'épuisement total du spectateur.

 

Les meurtres ou exécutions assez graphiques qui étaient un peu la marque de fabrique de la franchise sont, dans le film de Bayer, complètement "javellisés" et jamais vraiment déviants, dérangeants (rien à voir avec les expérimentations de "Freddy 3", rappelez vous Englund avec son gant à seringues contre la jeune droguée, ou quand il se prend pour un marionnettiste pour pousser un autre au suicide, sans oublier "Freddy TV" avec sa "catch phrase" devenue naturellement culte pour les fantasticophiles: "T'as toujours voulue devenir une actrice , tu vas crever l'écran, Salope!"). L'autre questionnement venait de la nouvelle interprétation de Freddy et comment le plutôt doué Jackie Earle Hackey allait se réapproprier le rôle pour faire oublier Englund. Bon point, le "Rorschach" de "Watchmen" est assez sobre dans son jeu, bien loin des pitreries que proposait sur la fin le "Willie" de la série "V".

 

Malheureusement tous ses efforts sont ruinés par des dialogues insipides et interchangeables que l'on peut retrouver dans n'importe quel film d'horreur bas de gamme. La partie "passé du Super Vilain" ne dépasse pas quelques plans et se révèle au final bien décevante. Les "flashbacks" de Krueger ne sont pas incisifs et sont involontairement hilarants car ressentis par un "teenager"...en maillot de bain! ( la très brève séquence avec Robert Englund au naturel dans le pourtant bancal "Freddy Vs Jason" était quand même beaucoup plus convaincante que ces "éclaircies" sur le passé du nouveau Krueger).

 

De plus l'oeuvre de l'ancien clippeur Bayer est assez chaste ( peut être pas l'expression adéquate, désolé!) concernant la face cachée du criminel. Freddy n'est plus un tueur d'enfants mais est, maintenant, un pédophile ce qui n'est jamais ouvertement évoqué ou plutôt timidement suggéré pour ne pas choquer les djeun's qui iraient voir s'te truc, et envoie bouler cette idée choquante et perturbante en deux temps trois mouvements avec la séquences des photos.

 

L'interprétation du reste du "cast" est à l'image du film: Complètement tiédasse. Des têtards se la (sur)jouant tourmentés (Dont Thomas "Le Village des damnés" Dekker qui préfère passer par les fenêtres pour prévenir du danger ses amis façon..."Scream"!) qui ont le mérite de ne pas, pour la plupart, survivre dans la dernière bobine. Toutes les vielles ficelles des pellicules d'épouvantes sont reprises sans broncher ( dont le cliché genre le jeune gars mal dans sa peau qui fait copain-copain par la force des choses avec la fille qui l'avait snobé au lycée jusque là,gnan gnan...on est chez "Dawson" ou quoi?!).

 

L'acteur Kyle Gallner (avec sa tronche de vampire constipé) cristallise à lui seul toutes ces nunucheries (le comédien m'avait pourtant époustouflé dans la série "The Shield", preuve que cette merveilleuse série pouvait changer du bronze en or en moins de deux) et confirmera sa contribution niaise dans un final raté et honteusement "cheap" l'opposant au criminel au feutre sur un lit, dans le monde réel (n'importe quoi...). "La goutte d'eau sur le gâteau" comme dirait la comique Axelle Laffont. Ne cherchez plus les armes de destruction massives les ami(e)s, elles ne se trouvent pas en Irak mais aux States bien planquées chez "Platinium Dunes", la boite de notre ami Michael Bay, qui démastique bien comme il faut tous les classiques de l'horreur projet après projet ("Hitcher", "Amityville" et donc aujourdh'hui ce "Freddy", "Massacre à la tronçonneuse" n'était que l'arbre qui cachait la forêt) pour des résultats de plus en plus médiocres.

 

La chose la plus effrayante pour moi, c'est qu'après avoir vu ce "Freddy, les griffes de la nuit", je fais des cauchemars à propos de mon futur top films 2010 ("Le Choc des Titans", "Iron Man 2", "Freddy" ouai....que du lourd donc...) qui s'annonce déjà des plus chaotiques à confectionner , boouuuhouuu .....flippant..

 

Mat Castle.

 

Quelle bouse!!