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Iron Man 2 de Jon Favreau (2010) par Mat Castle

FOOL METAL JACKET.

En dévoilant son identité au monde entier, Tony Stark est devenu une star planétaire adulée. Mais l'avenir n'est pas tout rose pour le cynique milliardaire, entre l'Armée qui veut s'approprier les plans de ses armures, un coeur en métal qui le tue à petit feu et surtout Ivan Danko, un scientifique russe qui veut se venger d'une vieille rancune familiale, "Tête de fer" est une nouvelle fois dans de beaux draps....

 

Suite du méga succès surprise de l'année 2008, "Iron Man2" se devait de faire au moins aussi bien que l'original qui mélangeait habilement action et surtout humour ,avec un Robert Downey Junior naturellement taillé pour le rôle, pour un résultat plaisant à défaut d'être un chef d'oeuvre (La "cool attitude" du journaliste cocaïné de "Tueurs nés" masquait bien la mise en scène un peu "passe-partout" de Favreau surtout dans la mise en pratique de ses faiblards pics d'intensité ou "Climax" dans la langue de Shakespeare).

 

Qui dit séquelle dit accroissement du budget donc plus de moyens, donc plus de spectaculaire et bien içi...non, et c'est difficilement pardonnable.

 

"Iron Man 2" débute pourtant plutôt bien avec un Stark toujours aussi sarcastique et faussement nombriliste qui décoche vanne sur vanne face à des interlocuteurs décontenancés, ce qui avouons le, fonctionne plus que correctement (Robert Downey Junior en mode "burning" à l'extrême limite du cabotinage quand même). Le premier affrontement entre "Whiplash" et "Tête de fer" à Monaco sur une piste automobile est aussi encourageant (même si il abuse des ralentis) mais ce combat frontal entre les deux Super' sera le seul avant la séquence finale (Les deux acteurs ne se croisent pas beaucoup dans le film finalement).

 

Entre les deux, on a droit à un gouffre  narratif bourré de temps morts avec un Mickey Rourke qui bricole ses robots en nourrissant son perroquet et Stark qui veut découvrir les intentions de son père décédé. Favreau a le mérite de croire à son histoire mais pour les spectateurs qui veulent des sensations fortes, cela devient assez pénible à la longue.

 

Et quand  viennent ces moments qui doivent tout débourrer, ils sont torchés trop sobrement et sans réels impacts émotionnels. L'acteur de "Very bad things", on le savait, n'est pas un virtuose de la caméra, mais a le don fâcheux de ne pas rendre ses "fight" trippants et immersifs car beaucoup trop courts (à la fin, "Whisplash" endosse une armure à la "Dynamo Pourpre" pour combattre le "sang et or" et "War machine", trois-quatre cabrioles et la rixe est déjà terminée avant même d'avoir réellement commencée).

 

"Iron Man 2" grille ses cartouches sur le tard ("War Machine" en action, le combat avec les droïdes de la Navy et des Marines, le close-combat avec la Veuve noire..)  mais la sauce ne prends définitivement pas et l'implication du spectateur lambda ou du fan du comic-book est réduite à néant. Les seconds rôles sont aussi inexistants.

 

Paltrow en Pepper Potts est aussi transparente que "la femme invisible" des "Quatres fantastiques" mais pas pour les mêmes raisons, la pulpeuse Scarlett Johansson en "Veuve noire" est une erreur de casting indéniable, et Sam L. Jackson en "Nick Fury" n'est pas aussi imposant que l'on pouvait espérer. Favreau démystifie le mythe de la Marvel en plusieurs occasions pour le meilleur et surtout pour le pire.

 

Pour le meilleur quand il touche du doigt très timidement l'alcoolisme de Tony (la séquence d'anniversaire où il se ridiculise en étant complètement bourré et en jouant avec la vie de ses convives avec ses lasers) mais la séquence suivante est d'un mauvais goût pas possible.

 

Voyez plutôt: Fury, l'espionne soviétique et Stark en pleine gueule de bois tiennent une réunion très importante sur l'implication de ce dernier dans les projets de S.H.I.E.L.D, une discussion essentielle qui se déroule sur: 1) le gigantesque héliport de la société secrète?, 2) dans un entrepôt "high tech"? 3) Obi wan Kenobi? En fait non, le "talk" se déroule dans un... vulgaire "fast food" à la vue de tous, RI-DI-CULE.

 

Le seul à sauver les meubles c'est peut être Sam Rockwell qui assure le show un moment mais finit comme tout le monde par sombrer dans l'exubérance. En bon "blockbuster" qui doit attirer les masses, "Iron Man 2" fait aussi très vitrine promotionnelle  pour d'autres artistes notamment musicaux. Tous les tubes du moment y passent et on se demande parfois si la bobine est juste une plate forme d'espaces publicitaires pour promouvoir par exemple les chansons des papys du Rock "AC/DC".

"Iron Man 2" est donc une mauvaise surprise en étant encore plus impersonnel que le premier volet et en plombant son bon déroulement par ses choix artistiques désastreux (et c'est pas le "easter egg" à la fin qui me fera changer d'avis). Jon Favreau avait sûrement une marge de manoeuvre restreinte (de part le budget conséquent qui lui a été alloué, donc avec un besoin impératif de cartonner) mais cela n'excuse pas tout, on s'aperçoit bien vite des limites artistiques du cinéaste en terme de fun et d'efficacité  et on redoute déjà la mise en chantier d'un troisième opus (avec qui en B.O cette fois, U2?) encore plus commercial, que c'est triste tout ça....

Mat Castle.