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Rashomon d'Akira Kurosawa (1950) par Marc Shift

LA VERITE EST AILLEURS.

 

Un même fait raconté par les divers personnages impliqués dans une affaire. Pourtant aucune version ne confirme une autre. Où se trouve la vérité?

 

C'est un fait, Kurosawa est l'un des plus grands réalisateur de l'histoire du cinéma. Si les noms de Lang, Kubrick, Hitchcock (et quelques autres!!) reviennent plus souvent, Kurosawa mérite bien sa place parmi cette élite.

 

C'est d'ailleurs avec ce film qu'il va établir sa réputation en occident, et il connaîtra la consécration quatre ans plus tard avec "les 7 samouraïs". Comme dans la majorités des films que j'ai vu de lui, il y a un gros point noir, c'est la qualité des copies qui sont assez médiocres dans l'ensemble.

 

C'est pas non plus dramatique au point de gâcher la vision de ses films, mais par moment on sent vraiment la fatigue des bandes qui ont servi pour les éditions DVD (image avec des taches blanches, un éclairage fluctuant....). C'est apparemment plus dû à la politique de conservation des studio concernés (la Toho...) qu'aux éditeurs (mais je sais pas non plus si ils font des efforts démesurés!!).

Ce film est devenu pour moi quasi mythique, ayant mis des années à le voir mais j'en avais entendu parlé soit dans la presse, ou souvent évoqué quand le nom de Kurosawa était abordé.

 

Je savais donc plus ou moins à quoi m'attendre, mais comme à chaque fois j'ai été largement impressionné par la maîtrise, le découpage, l'éclairage.....qui pourtant passe largement au second plan face à la force des histoire et des personnages. Nous sommes face à un fait divers banalement universel, un viol et un meurtre. Mais rien n'est si simple que ça.

 

Le meurtrier (Toshiro Mifume) avoue le meurtre mais pas le viol. La femme soutient qu' il y a eu viol, mais avoue le meurtre. Le mort, parlant à travers la voix d'un chaman, parle de viol mais d'un bandit repentant….

 

Nous voyons l'histoire au travers de deux témoins indirect, un bonze ayant croisé le couple, et un bucheron (l'immense Takashi Shimura) qui a trouvé le corps racontant le procès à un voyageur, abrité comme eux de pluies diluviennes.

 

Pour le procès en lui même, c'est au spectateur de juger ce qui s'y dit, les divers protagonistes s'adressant directement face camera (procédé des plus simples mais pourtant des plus efficaces), pour une implication immédiate du spectateur (je pense qu'il est difficile de ne pas être happé par l'histoire).

 

Pour revenir sur l'aspect technique, malgré la copie fatigué que j'ai vu, les éclairages sont magnifiques, et c'est techniquement irréprochable. J'adore les acteurs qui sont dans ce film, je suis toujours impressionné par le jeu de Mifume, j'adore le cinéma proposé par Kurosawa et si vous vous intéressez à son cinéma (et il le faut) ce film est indispensable car il démontre que la vérité n'est qu' une histoire de point de vue.

Marc Shift.