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Cronos de Guillermo Del Toro (1993) par Marc Shift

LE MAITRE DU TEMPS.

Au 16ème siècle, un alchimiste horloger invente un artéfact au mécanisme mystérieux qui a le pouvoir de donner l'immortalité. Après sa mort accidentelle, cet artéfact disparaît, et devient un objet de convoitise. Il réapparaît chez un antiquaire qui finit par utiliser sa découverte.

 

 

Premier long métrage de Del Toro, dont je ne connais pas les travaux précédents (deux courts, et des participations télévisuelles), revisitant le mythe du vampire et de l'immortalité. Rien que ça. C'est peut être l' un des thèmes les plus récurrents de l'histoire (je pense qu' il y en a eu avant Murnau et y en aura encore...) tant il passionnent les cinéastes.

 

Ici pas vraiment de vampires, mais un artefact à la forme d'un scarabée (symbole de l'immortalité pour les égyptiens si je ne me trompe pas), inventé par un alchimiste ayant fuit l'inquisition au 15ème siècle et qui meurt en 1937 dans l'effondrement de son bâtiment. Ce scarabée est retrouvé accidentellement des années plus tard, par un antiquaire a l'intérieur d'un Archange.

Dans le même temps, De la Guardia (Claudio Brook) un industriel mourant, fait tout pour mettre la main sur cet objet, pour accéder à l'immortalité. Par un effet du hasard l'antiquaire, Jesus Gris (Federico Luppi), active le mécanisme et est blessé par le scarabée. Ce qui est parfois sympa dans les premières oeuvres, c'est de découvrir les petites obsessions d'un réalisateur.

 

L'une de Del Toro, je crois que je l'ai déjà évoqué dans "Hellboy 2", est de montrer des mécanismes « horloger » en fonctionnement. Un autre, sur le même thème en fait, est le temps qui passe, ici bien sur avec la quête de l'immortalité, ainsi que dans "Le Labyrinthe de Pan" avec l’obsession liée à la montre. Ce film est d'ailleurs très riche au niveau des thèmes abordés, sur la vie et la mort, l'amour après la mort, l'addiction.... Un peu comme si le réalisateur avait voulu balancer toutes ses obsessions.

 

 

Et c’est compréhensif, je pense que le premier long est le plus dur à faire (techniquement, logistiquement ….), et il n’est jamais certain qu’il y ait un second à venir. Heureusement pour nous ce film a été une vraie réussite, malgré un léger manque de moyens (l’obscurité du film sert aussi à cacher des maquillages un peu justes), il s’en dégage une ambiance parfois assez malsaine (surtout pour la scène se déroulant dans les toilettes), les acteurs ne sont pas forcément transcendantaux, mais comme ils sont bien dirigés ça passe très bien.

 

Mention spéciale quand même à la gamine qui a une présence très fantomatique, et qui doit dire une phrase dans tout le film, j’ai rarement vu un enfant joué comme ça. Et déjà la présence de Ron Perlman dans un rôle central. Le film n’est pas ce qu’on fait de plus aboutit,c' est un peu lent mais pour une première œuvre c’est impressionnant.

 

Marc Shift.

 

Un film moyen