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Cube de Vincenzo Natali (1997) par Bruce Kraft

RUBIK'S CUBE.

 

Un groupe de personnes, sans savoir pourquoi, se retrouve enfermé dans une prison surréaliste, un labyrinthe sans fin constitué de pièces cubiques communicantes et équipées de pièges mortels. Le policier, l'architecte, l'étudiante en mathématiques, la psychiatre, l'expert en évasion et l'autiste captifs ne savent qu'une seule chose : chacun possède un don particulier qui, combiné aux autres, peut les aider à s'évader. Au fur et à mesure que la peur grandit, les conflits personnels et les luttes de pouvoir s'amplifient. Il leur faudrait pourtant réussir à s'associer pour échapper à une mort certaine.

 

 

Voici le premier long-métrage du canadien Vincenzo Natali (Après cinq courts métrages tous reconnus!!) entièrement filmé pour la modique somme de 350 000 dollars et moins d'un mois de tournage...pour un résultat des plus fascinant. En effet, ce "petit" film sortit de nulle part est un objet étrange et tellement original que l'on a envie de dire à certains "grands" réalisateurs de prendre un rocher, de se l'attacher au pied et de se foutre dans le canal le plus proche.

 

C'est vrai quoi!! Le p'tit canadien qui en plus se marre à l'idée que les gens vont croire qu'ils ont vraiment fabriqué un cube géant avec plusieurs pièces...alors qu'il n'y en a qu'une!! "Cube" est un film intelligent qui emmène le spectateur dans le monde de l'enfermement et de la psychologie de groupe face à un danger. Natali étant claustrophobe on comprend mieux le pourquoi du comment de ces pièces de 4,30 sur 4,30 (J'ai été mesurer moi même le bazar!!) et le fait que pendant tout le film vous aurez l'impression d'étouffer.

 

Un sentiment d'autant plus  amplifié par le fait que chaque pièce traversée est susceptible de renfermer un piège mortel pour celui qui pose le pied dedans (mention spéciale pour le filet de pêche version "titane"!!). Le fin du fin étant que chaque pièce possède une couleur dominante qui donne une ambiance particulière conditionnant le spectateur: le rouge et la chaleur, le bleu pour l'aspect glacial....bien pensé.

 

N'empêche que de voir les personnages livrer leur véritable personnalité au fur et à mesure de l'histoire est assez intriguant et rondement bien amené. Chaque protagoniste, ayant un profil propre et bien diffèrent des autres, possède plus ou moins un "petit" défaut et Natali jette le trouble sur ses personnages au point que l'on ne sait plus qui est "bon" et qui est "mauvais". "Cube" est une palette complète quand aux attitudes face à l'adversité: Peur, incompréhension, démence, interrogation, renoncement et combativité....face à cet enfermement imposé.

La réussite de Natali, en plus du scénar', est sans aucun doute le choix du casting qui, on l'imagine, au vu des moyens financiers n'a pas dû être simple et pourtant!! David Hewlett en architecte fataliste attachant ou Maurice Dean Wint, le policier, se taille la part du gâteau devant Nicole de Boer, l'étudiante (qui en plus du physique a de la tronche!!) et un Andrew Miller autiste qui réussit parfaitement son rôle de boulet qui énerve.

 

Le reste des personnages étant là plus pour servir aux événements liés à la structure qu'à l'histoire en elle-même....Ouai, bon, ça va...on appelle ça de la chair à canon!! Natali réussit donc avec son "Cube" le fabuleux tour de passe-passe de nous faire bloquer pendant moins d'une heure trente devant ce film fauché mais néanmoins très intelligent et fataliste. On ne pourra pas en dire autant des suites "commerciales" ( "Cube2: hypercube" et "Cube Zéro") que le canadien n'a pas voulu tourner. Une réussite.

Bruce Kraft.

 

Excellent, encore!!