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Les promesses de l'ombre de David Cronenberg (2007) par Bruce Kraft

MENTEUR, MENTEUR.

 

À Londres, une sage-femme, qui décide d'enquêter sur l'identité d'une adolescente russe décédée alors qu'elle accouchait le soir de Noël, découvre que celle-ci était mêlée à un trafic de prostituées. Elle va alors devoir se frotter à la pègre russe...

 

 Cronenberg est un homme très curieux. En effet, après avoir fait pendant une bonne partie de sa carrière des films lorgnant ouvertement vers le fantastique ("Dead Zone"), la science fiction ("La mouche") et l'horreur ("Chromosome 3") où le canadien laissait transpirer sa passion pour l'organique et la chair, il tourne la page en 2005.

 

Depuis un "History of violence" (2005), sans aucun rapport avec le reste de la filmo et avec les félicitations du public de Cannes, Cronenberg est encouragé à rester dans le mainstream au grand dam des fans de la première heure. "Les promesses de l'ombre", disons le de suite, n'est que la confirmation de ce revirement.

Alors nous voilà embarqués dans cette histoire de gangsters russes au travers de l'enquête d'une jeune femme ,ayant des origines russes, en quête de vérité. Cronenberg a choisit de filmer l'histoire, écrite par Steven Wright, à Londres où la communauté russe reste importante. Ironie du sort, c'est pendant le tournage qu'a éclaté le scandale du Polonium qui aurait servit pour la mort de l'opposant russe Litvinenko (ancien espion!!) réfugié à Londres...quand la réalité rejoint la fiction!!

Bon, le scénar' proposé reste assez basique puisque l'enquête sur la mort de la prostitué n'est qu'un prétexte pour connaître les moeurs et coutumes de la mafia russe.

 

Ceci dit on accroche facilement à ce monde dur et brutal (Le russe n'est pas connu pour sa finesse lorsqu'il s'agit de passer à l'acte!!) où la hiérarchie entre les membres est codifiée (Les tatouages impressionnants qui racontent l'histoire de celui qui les porte!!).

Petit bémol, les clichés en pagaille sur les russes: alcooliques, salauds avec les femmes, possédant une culture basée sur le violon et la littérature, bouffant du caviar non stop et racistes. Une caricature.

Pour le casting, Cronenberg nous ressort la carte Viggo Mortensen qui est (encore?) une fois impressionnant dans le rôle du gangster Nikolaï qui veut monter dans la hiérarchie. Il offre tout ce qu'il a à la caméra, y compris sa nudité complète lors d'un combat ultra réaliste dans un sauna.

Et malheureusement ce n'est pas le cas de Vincent Cassel qui énerve en sur-jouant le rôle (Gros problème typiquement français!!) du fils incompétent et alcoolique du Caïd charismatique, Semyon, interprété de manière totalement sobre et juste par Armin Mueller-Stahl ("Le roi des Aulnes" ou "The Game"). Naomi Watts joue le rôle d'Anna, la sage femme, et montre une fois encore, malgrè une trop grande discrétion, qu'elle reste une actrice sûre et professionnelle.

 

Le problème est que Cronenberg possède un bon casting mais ne propose pas une histoire haletante et passionnante. Tout est filmé de manière quelconque avec des face à face plats et c'est avec une certaine indifférence qu'on arrive à la fin du long-métrage. Une fin insipide pour un film qui possède cependant un univers intriguant, car méconnu, de la mafia russe, et qui aurait pu combler les amateurs de films de gangsters....mais finalement non....

Bruce Kraft.