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Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994) par Bruce Kraft

ZESTE STORY.

 

Les péripéties de malfrats de Los Angeles au travers de trois histoires burlesques qui vont s'entremêler: Jules et Vincent Vega, deux hommes de main philosophes et comiques; Butch, un boxeur en fin de carrière charger de se "coucher" lors d'un combat truqué; Mia, la femme pseudo-actrice mais néanmoins camée de Marsellus Wallace, un truand très puissant....

 

 

 

Avant même d'avoir réalisé "Reservoir Dogs" Tarantino avait déjà écrit deux des trois histoires de ce qui allait être son chef d'oeuvre, c'est avec le succès de "Reservoir dogs" et de "True Romance", dont il avait confié la réalisation à Tony Scott, qu'il termine la troisième histoire et décide de le tourner. "Pulp Fiction" va devenir un objet culte pour bon nombre de cinéphile car Tarantino va offrir un long-métrage au style novateur, divertissant à l'univers typé fifties.

 

Une bande-son géniale qui bouscule les codes pré-établis en oubliant l'orchestration habituelle au profit d'un véritable juke-box de sa discographie (Concept déjà éprouvé dans "Reservoir Dogs" avec des titres rock!!) et un montage scénaristique constitué de chapitres, où les personnages se rencontreront au fil de l'histoire sans tenir compte de l'aspect chronologique (Tout est mélangé!!), restent des points forts de Tarantino mais la cerise sur le gâteau reste la qualité des dialogues.

En effet, chaque conversation entre personnage est toujours assez surréaliste avec des sujets qui apparaissent à des moments vraiment inopportuns (Le système métrique qui explique la différence de noms entre hamburgers U.S et français entre truands sur le point de se flinguer!!).

 

Avec des dialogues vraiment fluides, instinctifs, qui font mouche sans être dénués d'humour et qui sont vraiment le reflet de l'esprit rock'n'roll du sieur Tarantino de l'époque (ce qui manque certainement au réal' maintenant!), le spectateur ne se fera jamais chier et aura l'impression de manger du pop-corn à chaque réplique.

 

Des dialogues qui rendent certaines scènes complètement cultes avec par exemple un Jules déclamant la bible avant de flinguer un gus, un capitaine Koons expliquant au jeune "Butch" comment une montre de famille a été transmise au fil du temps en la cachant dans son anus (!!), Marsellus expliquant comment la fierté peut être handicapante, Mia et sa façon de voir "les silences" dans une conversation, la qualité du "Kahouma Burger"..Franchement il n'y a rien à jeter.

 

Bon, autant dire que le choix du casting rend ultra jouissif le film puisque c'est une véritable réunion de "seconds couteaux d'Hollywood" avec un Travolta ( Mickael Madsen n'ayant pu répondre présent!!) ressuscité jouant un Vincent Vega qui en plus de flinguer et de se défoncer (Quand il conduit sa décapotable sous la lumière des réverbères!!) danse le twist comme personne avec une Uma Thurman (qui ne voulait pas le rôle!!) habitée par son rôle de femme de caïd défoncée.

 

Un Samuel L.Jackson en tueur blasé qui veut raccrocher, un Bruce Willis à la gueule cassée dans le rôle de Butch avec Maria de Medeiros comme petite amie candide....

 

Casting dont la liste s'allonge avec des apparitions pour le moins essentielles avec Ving Rhames en "Monsieur Marsellus Wallace", Harvey Keitel en "Monsieur Propre", Tim Roth en braqueur amoureux, Rosanna Arquette en adepte du piercing, Christopher Walken en héros de guerre (il avalait du piment avant chaque prise pour ne pas avoir la bouche sèche!! Gasp!!), Eric Stoltz en dealer et même Tarantino himself!! Une galerie énorme de personnages charismatiques.

 

Vous balancez tous ces frappa-dingues dans des histoires complètement hallucinés (Le repaire de sado-maso avec "Z" et "la Crampe", la tête en morceaux de Marvin ou l'O.D de Mia!!) et vous obtenez une pierre angulaire du cinéma amerloque des années 90 récompensée à Cannes (C'est dire!!).

 

Acteurs cultes, phrases cultes et scènes cultes, "Pulp Fiction" c'est une vision de l'Amérique moderne où les truands ont gardé l'esprit des années 50, une époque où les gens mangeaient des burgers dans des "coffee-shop", mettaient une pièce dans le juke-box, dansaient le twist, roulaient en Cadillac décapotable et allaient au drive-in. C'était l'époque du Rock'n'roll...et c'est ça ce film.

 

Bruce Kraft