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Inception de Christopher Nolan (2010) par Bruce Kraft

SWEET DREAMS.

Dom Cobb, qui est un extracteur , entre dans les rêves des autres pour soutirer des informations normalement inaccessibles. Ses capacités, pour lesquelles il est sollicité pour l'espionnage industriel, lui ont coûté sa famille et l'ont obligé à vivre en exil, mais une chance de rédemption lui est offerte s'il décide avec son équipe d'experts de pratiquer une  inception, c'est-à-dire d'implanter une idée dans le subconscient d'un sujet. L'inception est moins familière et nettement plus difficile que l'activité habituelle d'extraction.

 

Il fallut pas moins de dix ans à Nolan pour élaborer et peaufiner "Inception" qui était à la base un film d'horreur et qu'il transforma en thriller avant de présenter son dossier à la Warner en 2001. Un peu frileux, les gens de la Warner lui demandèrent de faire ses armes sur de "gros" films avant de s'y atteler et c'est ainsi que Nolan relança la franchise de "l'homme chauve souris" en 2005 avec "Batman Begins" et en 2008 avec le second, et magistral, opus "Batman, The Dak Knight".

Je peux l'avouer, la bande-annonce qui tournait sur le net ne m'inspirait guère et c'est avec un peu de méfiance que je décidais d'aller voir le film. Méfiance accrue avec l'arrivée, chez moi, il y a quelques jours d'un cadeau promotionnel de la Warner ce qu'on aurait pu apparenter à de la corruption pure et dure...Bon, c'est vrai j'en rajoute comme si "La Pellicule Brûle" était un blog ultra important mais quand même.

 

Tant de méfiance donc et pourtant..."Inception" est une bénédiction du ciel en cette belle année 2010!! Et oui, vous ne rêvez pas, votre serviteur a adoré...et ce pour d'innombrables raisons. Tout d'abord il faut féliciter Nolan d'avoir su combiner aussi habilement action et réflexion sans jamais privilégier un des deux et de balancer d'entrée de jeu une "extraction" histoire de vous mettre dans le jus de ce que seront les 2h28 qui vous attendent.

"Inception" démontre donc dès les premières minutes qu'il n'est ni un blockbuster décérébré ni un objet de masturbation pour cinéphiles élitistes en mal de réflexions philosophiques et scientifiques. Nolan s'attaque dans un second temps d'un véritable tutoriel, un passage aussi nécessaire que fascinant, du voyage dans les rêves sans jamais créer l'ennui au travers de l'intégration d'un nouveau membre dans l'équipe d'"extracteurs".

Un monde des rêves qui devient un véritable terrain de jeu modulable à souhait et c'est là que l'on peut apprécier la multitude d'effets spéciaux qui servent à merveille, et sans jouer la carte de la surenchère, l'histoire. On retrouve alors des décors somptueux qui symbolisent chacun le subconscient de la "victime". Par exemple, on pense de manière naturelle au fameux "Dark City" où les immeubles se mouvaient tels des golems au milieu de passants incrédules...une bien belle référence non?

Avouons le aussi, il est impossible de ne pas penser à "Matrix" (Chaque passant dans les rêves devient un défenseur naturel du subconscient semblable à l'agent Smith ou la séance baston en apesanteur) ou "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" dans une moindre mesure (dans le principe d'interagir dans les rêves et naturellement dans la personnalité d'une personne).

Nolan présente aussi, grâce à ce "tutoriel" tous les membres de l'équipe qui va vous entraîner dans cette formidable aventure qu'est "l'inception". Un casting de feu avec Leonardo Di Caprio en chef d'équipe perturbé par le souvenir de sa femme et qui démontre qu'il peut être efficace sans en faire trop devant la caméra. Un point appréciable d'autant que ses petits camarades de jeu font preuve de sincérité, et en première ligne c'est avec plaisir que l'on retrouve une Ellen Page ("Juno") au physique juvénile et au talent indéniable comme "architecte des rêves".

Puis viennent les "seconds couteaux" avec Marion Cotillard (Et non l'apparition du morceau de Piaf dans le film n'est pas un clin d'oeil...Nolan voulait même l'enlever!!) qui ne surjoue jamais (gimmick pourtant de tous les français dans les films américains!!) en tant que "madame Cobb" et on peut signaler les excellents Joseph Gordon-Levitt (hyper convaincant même dans les scènes de baston) et Cillian Murphy ("28 jours plus tard" et "Batman Begins") toujours aussi naturel. Clin d'oeil de Nolan: Mickael Caine son chouchou fait une apparition ainsi que Tom Berenger.

"Inception", une fois passée cette présentation, va alors réellement commencer "l'inception" et là....vous allez rester scotcher jusqu'à la fin du film, même si vous le verrez le dénouement n'est pas non plus exceptionnel et ce sera le seul bémol du film, avec une action (ponctuée par la magnifique bande-son de Hans Zimmer!!) et une intrigue qui va s'apparenter à l'ouverture d'une poupée russe .

L'histoire possède un rythme ultra rapide ponctué de "pauses dramatiques" qui ne foutront jamais le film en l'air grâce à un montage des plus fluide. En effet, tout s'y enchaîne de manière orchestral et mécanique sans qu'aucun détail (l'importance des objets totem!!) ne soit mis de côté. Bravo.

Cerise sur le gâteau Nolan se fend de certains plans vraiment magnifiques ce qui, sans faire la mauvaise langue, n'était pas forcément son fort en temps normal. Ainsi la scène de la fourgonnette qui bascule avec les corps ballotés dans tous les sens ou, toujours elle, la scène de combat en apesanteur laissent de beaux souvenirs. Nolan rend aussi l'action assez visible avec des séquences "gunfight" à la "James Bond" pas dégueu du tout.

Bon, vous l'aurez compris "Inception" est un film génial qu'il est essentiel de voir tant on reste surpris de la qualité et de la rigueur dont Nolan a fait preuve. "Inception" est peut-être LE film de cette année (au moins ça en fera un!!). Original, intelligent, riche, beau et entraînant...bon sang, on en tomberait presque de notre chaise...hé hé.

Bruce Kraft.

Excellent, encore!!