La route: Le livre (2006) + le film (2009) par Bruce Kraft
ON THE ROAD AGAIN...
L'apocalypse a eu lieu, on ne sait pas pourquoi...Famine, violence et conditions climatiques épouvantables sont les seuls vestiges d'un monde en cendres. A travers ce cauchemar, un père et son fils sillonnent la route vers le Sud pour y trouver...pour y trouver quoi en fait?
Le livre:"La Route" de Cormac McCarthy.
C'est le premier roman de l'américain que je lis et j'avoue avoir voulu poser le livre au bout de deux pages seulement...pourquoi? L'emploi à outrance du "et" dans une seule phrase!! My god!! Trois fois dans une phrase y a rien de plus rebutant et pourtant...j'ai continué parce que ,merde, je voulais le lire avant de voir le film (l'inverse me semble plutôt moyen!!).
Bon, et le livre mince (après merde c'est quand même mieux!!)? Et bien force est d'avouer que McCarthy nous offre là un livre complètement immersif à l'ambiance apocalyptique extraordinaire et réaliste au possible.
"Des nuits obscures au-delà de l'obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d'avant. Comme l'assaut d'un glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie."
McCarthy détaille minutieusement ce qui était jadis notre monde, à travers les yeux de nos deux rescapés, pour en faire une terre stérile de tout espoir que ce soit au niveau de la nature autant qu'au niveau des hommes. Des descriptions qui peuvent rebuter un peu mais avouons le, l'écriture de McCarthy permet au lecteur de ne pas s'endormir dessus.
La nature, ici, reprend donc ses droits par le biais d'un climat jouant un rôle essentiel puisqu'elle met l'endurance physique du duo à rude épreuve, la nuit s'ajoutant en clou s'enfonçant un peu plus dans leur calvaire et qui, pour se protéger du climat, se trimballent avec vieilles couvertures, bâches.... Quand apparaissent alors des "êtres humains", si on peut encore appeler ça des humains, chaque rencontre avec eux est une preuve concrète de la nature malsaine (qui a dit naturelle?) de l'homme quand tout est perdu: cannibalisme, vol, viol et violence.
McCarthy dépeint alors des situations horribles jusqu'en poussant le vice en offrant au lecteur un improbable et terrifiant méchoui avec...Ah ah!! Mystère...Bon, je ne vous parle pas non plus du nombre de cadavres qui sont présents dans l'histoire je vous laisse les découvrir au fil de la lecture.
"Une peau de sanglier clouée à la porte d'une grange. Minable. Un petit bout de queue. A l'intérieur de la grange trois corps pendus aux poutres, desséchés et poussiéreux parmi les vagues rais de lumière."
McCarthy fait du père et du fils des êtres squelettiques mangeant le peu qu'ils trouvent (conserves périmées depuis des années!!) et fait du "manque" un élément essentiel du livre. D'ailleurs, leur attachement à leur caddie témoigne de l'importance que peut avoir chaque objet rare. A noter le peu de dialogue entre les deux rescapés, ça n'empêche pas le père de voir son fils comme un Dieu, mais certains restent longtemps en tête.
"Tu ferais quoi si je mourrais? -Si tu mourais je voudrais mourir aussi - Pour pouvoir être avec moi? - Oui. Pour pouvoir être avec toi. - D'accord.".
Au final, "La route" reste un excellent livre, qui se lit vite, et qui nous berne grâce à son atmosphère unique et glauque alors qu'à bien y réfléchir (pas trop quand même!!) l'histoire n'est pas très développée et on reste plus dans le contemplatif que dans la réflexion. Un livre peut-être surestimé, selon certains, (Le prix Pullitzer!) mais qui mérite une certaine attention ne serait-ce que pour avoir osé mettre une histoire d'amour (fusionnelle?) entre un père et son fils au milieu d'un monde suintant la mort par tous les pores de la peau de ceux qui en foulent le sol. Un livre sombre et poignant qui vous fera presque perdre espoir en l'humanité.
Bruce Kraft.
Le Film:"La Route" de John Hillcoat (2009).
2009 fût l'année Hillcoat avec les sorties de deux de ses réalisations, "The proposition" (datant de 2005 et qui n'avait jamais été diffusé en France pour des raisons à la con certainement!!) et "La route". C'est du deuxième que je vais vous parler (logique vu qu'il y la chronique au dessus! Nan!!!! C'est pas vrai...pfffff!!).
Franchement, je croisais le doigts pour retrouver l'ambiance du livre et croyez moi....je n'ai pas été déçu!! En effet, Hillcoat a su tirer l'essence même de l'atmosphère du livre et coup de chapeau à l'équipe décors pour leur qualité incroyable. Un monde gris et apocalyptique où chaque élément est un vestige pourri ou carbonisé d'une autre époque.
Les tableaux sombres se succèdent, avec leurs moments glauques, avec comme personnages principaux le père et le fils au milieu de la tourmente. Pour incarner le père Hillcoat joue la carte Mortensen et le long-métrage lui donne raison. Viggo y est formidable, il pose sur l'enfant un regard incomparable de tendresse et d'adoration que seul lui sait faire. Un rôle le montrant une fois de plus en tenue d'Adam version....squelette. Impressionnant.
Impressionnant tout comme le jeune Kodee Smit-McPhee, touchant (et tout en côtes aussi!!) en spectateur du monde qui a rendu malade son père et fait disparaître sa mère. Cette dernière étant représentée par une Charlize Theron, de bon ton, lors de flash-back qui font froid dans le dos!! En caméo, Guy Pearce (qui joue dans "the proposition") apparaît même pour le plus grand bonheur de ses fans. Un casting Impliqué.
Hillcoat fait voyager ses personnages en faisant les mêmes rencontres que dans le livre mais met moins d'entrain à montrer les cadavres que dans l'oeuvre originale et ça c'est franchement dommage (notamment celui du "méchoui").
Le comble étant même de couper des scènes qui auraient encore plus profité au film (La femme se faisant courser par une horde de tarés violeurs/cannibales!!). De même le sujet de la bouffe est quand même pas mal esquivé alors que le livre en faisait un point vraiment important. Passons....
La bande originale vraiment réussie (mais trop discrète?) a été composée, une fois de plus sur un film de Hillcoat, par un Nick Cave qui enfonce encore le clou pour fixer l'atmosphère pessimiste du film, ce qui n'est pas pour me déplaire. Bon, reste quand même un sentiment d'inachevé arrivé à la fin de la bobine et même si le film est bon, et fidèle au livre, on ne peut pas s'empêcher de penser que Hillcoat aurait pu encore mieux en allant jusqu'au bout pour rendre son film plus dérangeant. Bon mais incomplet.
Bruce Kraft.



















Au niveau du film (j’ai pas lu le bouquin) c’est un peu comme tu dis ”bon mais incomplet” bon dans le sens ou la représentation de la fin du monde est hyper réaliste (on peut penser
aisément que si ça arriverait cela ressemblerait à ce que l’on voit dans le film) Mortensen,encore une fois, arrache tout et la séquence avec Theron se suffit à jeter un oeil sur le métrage. Par
contre avec un “pitch” aussi fort on peut étre un poil déçu,la menace n’est pas assez demonstrative, l’absence de séquences chocs coupe l’implication du spectateurs pour les persos, et les
seconds roles (plutot réussis) ne sont pas vraiment développés. Si vous voulez une bonne histoire de Cannibales, je vous conseille le dernier tome de “Walking Dead”, ou le sujet est mieux
traité que ce “La Route” sur estimé. Sinon de rien pour le film Brucie
J’ai aimé le livre et le film même si pour ma part je regrette pas d’avoir lu le livre après avoir vu le film car le film m’as permis de mieux accrocher au bouquin qui est très dur d’accès. Tout
comme toi j’ai failli lacher lors de ma première lecture d’ailleurs c’est ce que je dis dans l’avis que j’ai publié ^^
J’ai lu le bouquin que j’ai énormément apprécié (en particulier lo style narratif) et j’avoue avoir paniqué en apprenant qu’il allait être adapté au cinéma. Au final le résultat est plus
qu’agréable (avec un respect du caractère choc du bouquin), mon seul regret concerne les dialogues qui font trop “bouquin” justement (ça manque un peu de naturel)
Avant mon avis, un petit mot sur la chronique: ben tu vois que tu fais bien ça, la preuve qu’il faudrait faire rentrer plus souvent des bouquins dans les pages de la pellicule, n’est-ce pas!
Quels sont les autres livres de SF que tu as prévus de lire?
Maintenant, le bouquin: bon, je l’ai lu sans déplaisir, je l’ai même modérément aimé, mais il m’a agacée sur deux points:
– la forme: aux USA, tu as cette école d’auteurs qui veulent faire de la Littérature et pensent qu’une simple déconstruction du modèle conventionnel de l’écriture suffit à donner une personnalité
à leur style. Cependant, j’ai trouvé ces artifices superficiels, on sent trop où l’auteur veut en venir par son écriture et ça, ça me fait d’office sortir de l’histoire je dois dire. Oui pour
l’originalité et la déconstruction, non pour la volonté d’être original sans coller à son originalité. Mais bon, je suis très “touchy” sur ce point, alors ne fait pas attention.
– le fond: comme tu le sais, je suis une grande lectrice de SF. J’ai eu l’impression de lire ici une sorte de condensé des post-apos dépressifs que j’avais déjà rencontrés de près ou de loin.
Cormac McCarthy condense certains sujets déjà traités en long et en large pour faire une histoire qui, somme toute, n’est pas si originale que ça. Elle est prenante, elle est bien foutue, mais le
fait qu’on crie au génie alors qu’il ne fait que reprendre des thèmes déjà travaillé dans la SF m’énerve, parce que c’est lui donner du crédit qu’il n’a pas forcément et renier, en même temps,
tout un pan de littérature qui existe mais qui est déprécié par l’image non Littéraire qui lui est associée. D’ailleurs, en parlant de ce livre à mon entourage, j’ai entendu plusieurs fois des
personnes s’offusquer en me disant que, non, ce n’est pas de la SF voyons. Ben si, c’en est, et en plein dedans en plus. Seulement, voilà, comme c’est Cormac McCarthy, les gens bien-pensants qui
ne toucheraient à de la SF pour rien au monde ne veulent pas reconnaître que, finalement, ce genre EST intéressant et pensent que McCarthy écrit en dehors de la SF alors qu’il ne fait que
reprendre ce qui s’y fait habituellement…
Voilà, je t’avais prévenu, hein.
Si ça t’intéresse, j’en parle ici.
Pour le film, je l’ai bien aimé mais sans plus là aussi. Visuellement, il est superbe. Viggo Mortensen est incroyable, comme toujours. Mais il manquait quelque chose, là aussi je suis restée en
dehors de l’histoire sans pouvoir m’impliquer… (bon, là, je ne te mets pas le lien, mon billet n’est pas vraiment intéressant). Par contre, je le trouve très bien niveau adaptation, l’angoisse
du livre est bien reflétée et pourtant il s’en démarque assez pour exister par lui-même (oui, je ne suis pas forcément fan du copier-coller).
Pour la SF, je trouve la définition de wiki parfaite:
“La science-fiction, prononcée /sj??s.fik.sj??/ (abrégé en SF), est un genre narratif (principalement littéraire et cinématographique) structuré par des href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypoth%C3%A8se">hypothèses sur ce que pourrait être le futur et/ou les href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Univers">univers inconnus (planètes éloignées, mondes
parallèles, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Il se
distingue du fantastique, genre qui inclut une dimension inexplicable, et du merveilleux (fantasy), qui parle de mondes magiques.”
Ensuite, il y a plusieurs sous-genre dans la SF, ce que les gens oublient:
– la dystopie (mon préféré) (“1984″)
– l’uchronie (mon deuxième préféré) (“Inglorious Basterds”)
– le post-apo (mon dernier préféré) (“La route” donc)
– la “light SF” (comme “Des fleurs pour Algernon” ou “Jurassic Park”)
– la “hard SF” (les Philip K. Dick par exemple, “Blade Runner” en est un bon exeemple)
– le space-opéra (“Stargate”)
– le planet-opéra (“Dune”)
– le cyberpunk (“Matrix”)
– etc.
Souvent, les gens associent SF aux p’tits hommes verts et au space-op en oubliant tout ce qu’il y a à côté…
Pour les lectures, ça me paraît du tout bon tout ça! Je vais bientôt publier un article sur “Blade Runner ” si ça t’intéresse (j’attends d’avoir revu le film d’abord, mais comme je n’ai pas une
très grande capacité de concentration cinématographique pour l’instant…).
Le très scientifique, en général, tu l’as seulement dans la Hard SF, et encore. Tu verras par exemple que dans les Philip K. Dick, ce n’est pas très présent. Mais je dois avouer avoir un très
grand faible pour les explications scientifiques alambiquées. Michael Crichton en fait par exemple, dans “Prisonniers du temps” entre autres, mais elles ne sont pas aussi exaltante que celles de
Greg Egan dans “Axiomatique” (ou j’ai parfois dûr relire deux fois une explication pour la comprendre).
Bonjour,
Tout d’abord merci pour la bienvenue dans la communauté, c’est sympa. Ce site est vraiment joli et a l’air complet.
Concernant La Route, j’ai lu le livre et j’ai vu le film, pour moi deux chefs d’oeuvres dans leurs domaines respectifs. Je trouve que le film retransmet parfaitement bien l’ambiance du livre, en
plus Viggo Mortensen est plus que crédible. J’adore l’univers gris et sombre du film, ça fait peur et ça fascine en même temps… Très beau sujet.
Merci pour tout ces compliments en tout cas!!
Tout à fait d’accord avec toi sur la fidélité de l’adaptation mais n’aurais tu pas souhaité que le réalisateur rajoute quelques scènes pour aller jusqu’au bout dans le concept “cannibale”? C’est
en tout cas ce que j’aurais souhaité…
Merci pour tout ces compliments en tout cas!!
Tout à fait d’accord avec toi sur la fidélité de l’adaptation mais n’aurais tu pas souhaité que le réalisateur rajoute quelques scènes pour aller jusqu’au bout dans le concept “cannibale”? C’est
en tout cas ce que j’aurais souhaité…