17

All the boys love Mandy Lane de Jonathan Levine (2007) par Mat Castle

AUX ORIGINES DU MÂLE.

Mandy Lane est la convoitise de tout le monde au lycée: Les hommes la désirent plus que tout, les femmes la jalousent en secret pour son incroyable beauté. Invitée dans une teuf étudiante au milieu de nulle part, elle et ses amis vont avoir à faire à une terrible menace extérieure qui va en laisser plus d'un sur le carreau...

Après des années de faux départs (le film devait sortir en salle au mois de Juin de l'année dernière et n'est, à l'heure actuelle pas visible dans les "theatres" ricains) débarque enfin (et en dvd/Blu-ray) le second long métrage de Jonathan Levine qui pouvait, selon les dire des uns et des autres, révolutionner le sous genre qu' est le "slasher movie".

Sans atteindre le statut de chef d'oeuvre annoncé, "All the boys love Mandy Lane" tire malgré tout son épingle du jeu en de maintes reprises. Mis en avant sur de nombreux blogs du monde entier, le coté "auteurisant" emprunté à Gus van Sant ou au sulfureux Larry Clarck, est effectivement bien présent et au bout de quelques instants on se rend vite compte du coté un peu hors normes du propos (l'influence "Donnie Darko" est aussi palpable, surtout dans l'intro). Levine ne casse pas les poncifs utra codifiés du "film de tueur masqué" mais préfère tordre les conventions un max pour vraiment nous déstabiliser et nous surprendre.

L'expression "Les apparences sont souvent trompeuses" prend vraiment son sens ici. Sans "spoiler" le dénouement ( ce qui serait purement criminel, je vous l'accorde) on sent que quelque chose cloche dans cette description d'adolescents a priori imbus d'eux même.

De vraies têtes à claques dans un premier temps qui ne pensent qu'à: Soit culbuter le premier la plantureuse Mandy, soit s'envoyer des "scuds" de méchanceté par rapport aux physique (les nanas et leur humour blessant) mais au fil de l'intrigue se révèlent et, en grattant la surface, un peu plus profond, traînant leur mal être terriblement entamé au quotidien. "All the boys.." n'est certes pas le premier film d'adolescents décrivant leur malaise ("Elephant", "Bully" ou bien encore "Alpha Dog" sont déjà passés par là) mais pour un genre aussi classique et commercial que le film d' horreur cela fait son petit effet.

Les vannes balancées à droite et à gauche sur des persos "soit disant" superficiels, en réalité, les détruits psychologiquement de la pire des façons (la scène sur la toison pubienne dans les toilettes est parlante) et on en arriverait (chose impensable au début du film) à presque les plaindre.

Tous les seconds rôles sont traités équitablement et aucun n'est lésé (sauf un mais...) Levine bouleverse son récit en explosant un cliché du "slasher": Le "Whodunit" (découvrir qui est le tueur façon "Scooby Doo). Le réalisateur de "The Wackness" montre le visage de son assassin à la moitié du récit et dès lors, on croit connaître ses motivations mais comme je vous l'ai dit précédemment, il ne faut pas juger les choses à chaud, Mandy (très juste Amber Heard qui a vraiment compris toutes les subtilités de son perso, voir les bonus du dvd) en est la parfaite preuve.

La mise en scène est certes bien fluide voire très "stylisée" ( à la Sofia Coppola) mais le film reste à la base un produit de divertissement en respectant ses quotas en termes de suspense et de tripailles pour satisfaire les "afficionados" du genre.

Les meurtres sont, sans être totalement craspecs, bruts et sans artifice (un coup de chevrotine, un couteau qui lacère les orbites...). Quelques plans équivoques et bien pensés font penser au plus classique des classiques horrifiques, je vous le donne en mille: "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hopper (le combat dans la fosse remplie de cadavres de vaches est un sacré clin d'oeil), le fait d'avoir tourné au Texas contribue aisément à cette affiliation et au capital sympathie de l'oeuvre.

B.O magique et qui offre une autre perception quand on la colle aux situations du métrage, interprétation dans l'ensemble très correcte, "twist" qui se savoure encore un peu plus à la second vision, belle photographie et ambiance immersive, "All the boys love Mandy Lane" s'apprécie comme du bon vin, le seul reproche que l'on peut lui faire c'est peut être de ne jamais dépasser son statut de base (le film d'épouvante) mais en l'état le bébé de Jonathan Levine reste un sacré moment d'émotions qui aurait dû se délecter dans les salles obscures pour un plaisir encore plus grand.