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Le crocodile de la mort de Tobe Hooper (1978) par Bruce Kraft

MORDRE LA VIE A PLEINES DENTS.

 

 

Dans la moiteur estivale de la Louisiane, un motel un peu glauque perdu à la lisière des marais. Son propriétaire, le pitoyable Judd, est le maître attentionné d´un animal de compagnie peu ordinaire : un crocodile. Gardée dans un enclos, la bête se repaît des victimes qui s´égarent jusque dans l´antre du fou sanguinaire et maniaque sexuel qui sert de propriétaire au Starlight Hotel....

 

Après avoir réalisé "Massacre à la tronçonneuse", devenu un des monolithes du film d'horreur (Ayant même eu le droit à son remake!!) et qui s'inspirait de la folie meurtrière d'Ed Gein, voilà que le père Hopper reforme sa fine équipe pour réaliser une autre adaptation libre de la vie d'un autre sympathique habitant du Texas: Joe Ball.

 

Joyeux luron parfois appelé "l'Homme Alligator", "le Boucher d'Elmendorf" ou "le Barbe-Bleue du sud du Texas" (Une contrée sympathique et étrangement propice aux tarés à en croire le cinéma américain qui aime relater leurs exploits qu'ils soient réels ou pas!!) qui aurait tué au moins vingt femmes durant les années 1930. L'authenticité de son  existence fut longtemps incertaine, mais il reste une figure symbolique du folklore texan.

 

 

"Le crocodile de la mort" ("Eaten live", le titre original, sentait un peu plus l'odeur de sang chaud!!) est vraiment diffèrent de son grand frère "Massacre à la tronçonneuse" et ça, mes amis, c'est vraiment peu de le dire malheureusement pour nous.

 

En effet, Hooper essaie de donner un style crade et une ambiance à l'ensemble du film avec une surenchère de lumières improbables censées rendre le tout un peu barré avec l'appui d'une bande sonore, composée par Hooper lui-même, des plus glauques et touchant l'expérimental. Un climat lourd (collant au décor marécageux!!) et presque psychédélique (le passage d'un client tombant dans la folie pendant que sa fille chiale reste bloquant!!) plombé par un montage, et surtout un découpage, exécrable.

 

Franchement, je sais que certains aficionados de Hooper adorent ce film (Interdit en plus aux moins de 18 ans...mais c'était en 78 les gars!!) mais pour ma part je me suis fais chier pendant 1h30. Les scènes se succèdent sur un rythme pachydermique et de manière incohérente par moment...ça transpire l'amateurisme par tous les pores du film.

 

Pour la défense de Hooper, et pour votre culture personnelle, sachez qu'il a quand même claqué la porte des studios avant la fin du tournage pour cause de "divergences artistiques" (Comprenez donc "à cause de ce que voulait le producteur qui faisait pression!!") laissant au producteur Mardi Rustam le soin de monter le film tout seul sachant qu'il manquait des séquences....Gloups!! Ceci expliquerait donc celà?

 

 

En effet, malgré des séquences zappées, et un tournage chaotique, Neville Brand donne de sa personne en livrant une interprétation de psychopathe halluciné (se parlant seul) en adoration (soumission?) devant son crocodile qui devient un objet de culte (L'histoire originelle en comptait 5 de ces bêbêtes!) qui lui vaut bien un certain respect.

 

Respect aussi pour le jeune Robert "Freddy" Englund faisant une des ses premières apparitions au cinéma (Tentant une levrette avec une prostitué!!) en Redneck, donc bête mais sympa, et tombeur de ces dames (En parlant de dame, apparition de Marylin Burns alias Sally dans "Massacre à la tronçonneuse" au casting!!). Hooper nous fait fait même courir le "vieux" Brand dans les marécages après une victime dans une séquence "copier/coller" repiquée dans "Massacre à la tronçonneuse" (Souvenez vous à la fin!!). Manque d'inspiration?.

 

Au final, "Le crocodile de la mort" (réédité chez nos amis de Wild Side qui nous avait habitué à mieux! mais qui se devaient le faire pour les fans!) nous laisse de marbre avec des scènes d'épouvante....épouvantables et qui ne dérangent jamais le spectateur ("Oh maman....le petit singe est mort!!" et hop un effet psychédélique rouge et un son ovniesque pour couvrir l'ensemble!! Mouuuuuai, c'est vrai que ça fout les jetons...à un Bisounours!!).

 

Rien à se mettre sous la dent donc (Hormis une scène de nu qui ne sert à rien du tout!!) et on en veut énoooooormément à Hooper de ne pas avoir attendu de digérer le succès de son "Massacre à la tronçonneuse" pour se remettre au boulot....En même temps, est-ce que ça aurait changé quelque chose?

 

Bruce Kraft.