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The Expendables de Sylvester Stallone (2010) par Mat Castle

VERY GOOD TRIPES.

Barney Ross est à la tête de mercenaires qui acceptent des taches quasi impossibles tant que la paye suit. Après une mission avortée qui a laissé lafille rebelle d'un dictateur en fâcheuse position, Ross , rempli de remords, repart au combat pour la sauver avec l'aide de ses fidèles chiens de guerre...

 

 

Le film de Sly n'avait en réalité qu'un but, du moins pour l'auteur de ces lignes, redorer le blason des films de genre durement égratigné en cette année 2010 par des purges artistiques immondes qui ont laissé un goût amer aux amateurs de ciné burné et décomplexé ("Iron man2", "Le choc des Titans", "Freddy, les griffes de la nuit"...).

 

Le projet de Stallone est, d'après une rumeur (que je trouves très plausible), une réponse à ce beau parleur de Quentin Tarantino qui lui avait bourré le mou pendant des années en parlant de son remake des "12 Salopards" avec un "cast" de folie qui aurait réuni Schwarzenegger, Bruce Willis, Van Damme, Rourke et notre Rocky Balboa préféré.

Finalement le projet prendra une toute autre tournure (avec le résultat "Inglorious Basterds" vraiment pas à la hauteur des espérances mais ça c'est mon avis) et convainc Sly de faire son "remake" officieux en mettant du même coup en émoi des millions de fans à travers le monde. La grosse attente fébrile a laissé place à une énorme joie à la fin de la projection.

 

Sylvester n'a pas menti, son film suinte l'esprit 80'  à fond, les premières minutes rassurent avec ses intimidations, sa testostérone en plus de ses grosses vannes grasses (typiques de cette époque) entre deux débourrages sanglants.

Et oui "The Expendables" est gore et c'est plus qu'une grande surprise mais un grand soulagement. L'ombre du "PG 13" planait sur le long métrage de Sly, il n'en est rien: Décapitations, cassages de bras à la Steven Seagal, explosions de corps au "über-shotgun" sont le carburant de la bobine.

 

La distribution est pertinente malgré quelques désistements regrettables (JCVD et Wesley "Blade" Snipes notamment) et tous les acteurs présents sont visiblement trés contents d'être là (les 3 bisseux du fond qui ne jurent que part du Michael Paré ou Oliver Grunner reconnaitront Gary Daniels en homme de main sadique). Je pense à Eric Roberts mais surtout au Suédois Dolph Lundgren, ravi d'endosser une nouvelle fois le rôle d'enflure  avec son visage buriné.

 Son combat avec Ying Yang (Jet Li) est un fantasme de vieux fan, vous savez le style "Si tu mets le "Maître d'armes" contre "Ivan Drago", qui gagne?!" en plus d'être bien chorégraphié et plein d'humour. Un peu plus tard on restera dans ce "trip" et cette opposition de style bien "video games" entre l'ex-catcheur "Stone Cold" Steeve Austin et la légende du MMA (Mixed Martial Arts) Randy Couture, Sly n'hésitant pas à mettre les mains dans le cambouis et à exécuter quelques prises connues des fans de l'UFC.

 

Le métrage fait la part belle au perso de Barney forcément mais aussi à Lee Christmas incarné par un Jason Statham des plus impliqué en meilleur ami de Ross et expert en couteaux (on peut y voir un passage de témoin évident entre le passé et le futur du ciné d'action entre ces deux hommes).

Rourke est peu présent mais apporte sa bonhomie tandis que Willis et "Gouvernator" n'apparaissent que le temps d'une scène pas forcément culte mais assez rigolote (ils font des blagues sur leur âges avancés)  dans une décontraction communicative.

 

Le scénar, il faut l'avouer n'est pas folichon et peut facilement tenir sur un ticket de métro mais bon ce n'est pas là l'essentiel, en plus" The Expendables" a beau être second degré, il dispose quand même de quelques plans de tortures assez durs nous rappelant que l'ensemble n'est pas une pantalonnade "revival". Le dernier tiers du film est une succession d'explosions de plus en plus costaudes rappelant la démesure d'un "Rambo2" avec notre cerveau un peu en position "off" (NDLR: ou "mode no brain").

Le "Tango" de "Tango et Cash" mine de rien envoie un petit pic aux jeunes réals du moment avides de grands divertissements abrutissants (M. Bay pour ne pas le citer) en démontrant que l'on peut faire tout péter sans oublier pour autant l'intensité dramatique de la situation. D'ailleurs le découpage de l'action est toujours très lisible et on arrive toujours à se situer dans le cadre (la course de bagnoles magnifique qui aurait pu figurer dans un hypothétique "Cobra 2").  

 

Sincère et honnête de bout en bout "The Expendables" sent un peu comme le champs du cygne d'un style et d'une époque révolue (Stallone commence à s'en faire une spécialité de ces "adieux"). le père de "John Rambo" fait (on ne l'espère pas) un dernier cadeau à ses supporters pour ce "flashback eighties" raffraichissant à tous points de vue.

 

Les années 80 (que retranscrit vraiment bien cette "unité spéciale") avaient ce détachement salutaire avec la violence que pratiquement plus aucun exécutif hollywoodien ne peut comprendre aujourd'hui (Voilà pourquoi Stallone a cumulé plusieurs casquettes de cette production). "The Expendables" est fun, peut être pas trés finaud et irréaliste mais ne prend jamais son audience pour un con (En restant toujours divertissant et jamais cynique). Sylvester stallone, 63 ans, et en pleine forme, longue vie à toi Sly et bonne chance pour la relève...

Mat Castle.

  Excellent, encore!!