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Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn (2010) par Bruce Kraft

GENTIL? ATTENTION CAR GENTIL N'A QU'UN OEIL.    

One-Eye, un guerrier muet et extrêmement dangereux, est le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan qui le fait combattre pour de l'argent. Après des années d'esclavage et grâce à l'aide d'un enfant, Are, il parvient à tuer ses gardiens et ensemble ils vont faire un ultime voyage vers l'enfer....

 

A film particulier, chronique particulière j'ai choisi de chroniquer ce film de manière schizophrène car à l'heure actuelle il serait hypocrite de ma part de dire si j'ai adoré ou détesté ce film. En effet, mes deux "moi" sont en conflit au sujet de ce film alors voilà ce qu'ils en ont pensé après l'avoir regardé deux fois....

 

 Avis de "celui qui se sentait mystique":

 

Après avoir scotché une bonne partie des cinéphiles avec sa trilogie "Pusher" et le pseudo biopic "Bronson", Nicolas Winding Refn nous revient avec ce "Valhalla rising: le guerrier silencieux" (Rebaptisé pour sa version dvd avec le sous titre "le guerrier des ténèbres" (?)) des plus ovniesque. En effet, autant vous prévenir que ce film est, avant toute chose, un choc visuel.

 

Rarement on aura vu une photographie aussi belle mettant en avant des paysages d'une beauté à tomber par terre et sublimant chaque plan tout au long de cette heure et demi de contemplation mystique. Refn ballade littéralement sa caméra au milieu de ses personnages et nous balance en pleine gueule le manuel "parfait réalisateur" avec une succession de plans larges, serrés, de plans séquences, ralentis, séquences muette et autres effets de couleurs en post-prod.

 

 Mystique est bien le terme pour qualifier l'histoire proposée par Refn et pour aller plus loin je dirais même religieuse car il est surtout question d'une sacrée (hé hé!!) critique de la religion distillée au fil du périple de One-eye ("Le borgne" dans sa traduction française!!).

 

One eye devient au long du film un véritable "Dieu"  (Il voit le futur et parle de manière télépathique à Are. D'ailleurs le fait qu'il soit borgne ne doit pas être un hasard car Dieu n'est-il pas représenté par un oeil sur de nombreuses gravures anciennes?) pour les croisés qu'il va choisir d'accompagner et qui parle au travers de Are (devenant ainsi le "fils de Dieu" qui prêche la bonne parole!!) dans cette époque où le christianisme était en pleine "expansion territoriale" cherchant à convertir les peuples par la force et non pas par l'éducation religieuse. C'est là toute la critique de Refn qui au travers d'une séquence barrée va résumer à elle seule ce que pouvait être la réalité et la motivation des croisés (meutres, viols et l'adulation aveugle de Dieu jusqu'à la folie!!).

 

One eye, interprêté de manière magistrale par Mads Mikkelsen toujours aussi charismatique, donne le ton par son mutisme et sa violence (le passage des combats au poteau est énorme!!), canalisée à l'extrême, au film de Refn qui rend presque muets les personnages (d'ailleurs un peu insipides en comparaison de Mikkelsen!!) l'entourant et offrant peu de dialogues au film (Certains dialogues restent même énigmatiques).

 

Il faut admettre que c'est bien la première fois qu'un film avec des vikings profite d'un tel traitement ne misant rien sur l'action au profit d'une réflexion et d'un côté hypnotique (un peu comme "Antichrist" de Von Trier!!) donnant sa pleine mesure dès lors où Refn daigne enfin soutenir ses séquences par une bande son très "drone" mais malheureusement  trop rare!!. "Valhalla Rising" est donc un film où l'on pourrait y trouver de nombreuses références ce qui serait une erreur monumentale et du bla-bla inutile car le film se suffit à lui même offrant un spectacle unique.

 

"Valhalla Rising" se révèle être un film esthétique, mystique, violent et qui offre au monde du cinéma un bien bel objet de discussion sur son éventuelle interprétation. Avec un One-eye comme personnage principal, Refn a enfin trouvé le digne héritier de, ce qui est devenu le personnage mythique de Clint Eastwood, "L'étranger".

 

Bruce Kraft.

 

Avis de "celui qui avait pas envie de se faire chier pendant une heure trente":

 

Après avoir scotché une bonne partie des cinéphiles avec sa trilogie "Pusher" et le pseudo biopic "Bronson", Nicolas Winding Refn nous revient avec ce "Valhalla rising: le guerrier silencieux" (Rebaptisé pour sa version dvd avec le sous titre "le guerrier des ténèbres" (?)) des plus ovniesque.

 

Ovniesque certes mais surtout chiant!! Une véritable purge pour le spectateur, une heure trente de film qui semble en faire plus de trois. Refn se radicalise ouvertement un entrant dans le cercle fermé "Lynchéen" "auteurisant" sa réalisation dans une démesure telle que ça en devient presque douteux. Douteux? Effectivement "Valhalla Rising" est un objet expérimental sur lequel toute la presse s'est jetée et j'en deviens soupçonneux sur les motivations réelles du réal' qui a quand même été capable de faire un film "pour l'argent" selon ses propres mots!! Refn voudrait t-il faire parler de lui au travers de film de ce genre?

 

Pourtant le type possédait certainement un des personnages les plus charismatique du cinéma avec ce One-eye, presque solitaire car accompagné par son familier de gosse démesurément blond, personnifié par le dantesque Mads Mikkelsen qui aurait pu rester muet sans plomber toute l'ambiance du film qui s'avère une ode au silence.

 

Malheureusement, quand ça parle on se croirait revenu dans les pires heures du cinéma scandinave qui donnait dans le contemplatif pseudo intellectuel (cf un sketche, des plus pertinent sur les sujet, des Nuls mettant en scène deux personnages derrière une fenêtre et regardant la pluie avec des dialogues minables!!). Le pire est que le réal' dit dans ses interviews, en gros, que "si on ne comprend pas son film c'est qu'on est con" dans une attitude complètement pédante. le pire.......c'est que c'est vrai en plus car le message critique envers la religion n'est pas très finaud en fin de compte.

 

Une séquence montrant deux croisés en train de copuler, un autre qui tue un de ses potes, un autre priant Dieu les yeux pleins de folie et qui se termine par un plan d'une croix en bois en guise de totem ce n'est franchement pas difficile à comprendre comme message...ou peut-être que je n'ai en fait pas compris.

 

En plus ce qui est drôle c'est de voir huit gars seulement partir sur un rafiot de merde traversant les océans de la Scandinavie jusqu'en "Terre sainte" pour atteindre Jérusalem....What the fuck? Je rappelle quand même que les croisades n'étaient pas une rando pour un petit groupe de potes mais plutôt d'énormes expéditions enfin bon.....Apparemment, comme Refn est un maître du cinéma alors on va rien dire car en plus il bénéficie de l'appui de fans comparant son travail, avec des toooooones de références, à  Kubrick (Faut quand même arrêter avec Kubrick à un moment donné!! Bientôt on fera un tampon spécial pour les affiches de film estampillé "Inspiré par Kubrick" et là tout le monde dira "Wouaaaaah!!").

 

On aurait pu s'attendre à un "Un homme des hautes plaines" version viking (bah oui...un guerrier solitaire et violent sorti de nulle part avec une aura messianique et qui entraîne un groupe de personnes vers l'enfer!!), qui était beaucoup plus malsain et qui, en plus, bénéficiait d'une galerie de "freaks" absolument délicieuse, et finalement le spectateur se retrouve devant un film prétentieux voir inutile qui n'intéressera que "les cinéphiles qui savent vraiment ce qu'est le cinéma".

 

Bruce Kraft.