Glory de Edward Zwick (1989) par Bruce Kraft
BLACK FACE.
Pendant la guerre de Sécession, le jeune colonel nordiste Robert Gould Shaw se voit confier le tout premier bataillon de soldats noirs volontaires après que Lincoln ai prononcé leur émancipation. Après de longs mois de préparation au combat et d'attente, Shaw, ne souhaitant pas voir son régiment de couleur réduit à de simples tâches en périphérie des combats, insiste pour aller au front.
Autant le dire de suite ce film est une véritable institution au pays de l'Oncle Sam. Pourquoi? Parce qu'il raconte l'histoire vraie du 54ème régiment du Massachusetts lors de la guerre civile américaine (1861-1865) qui éclata entre les états du Sud, qui étaient en faveur de l'esclavage pour la culture du coton, et les états du Nord qui se voulaient abolitionnistes.
Bon, je vous la fait court et simplifiée car, comme vous le savez, les guerres connaissent des raisons officielles et des raisons officieuses pour éclater. Donc, je vous disais que ce film était une institution aux States pour la simple raison que cette guerre reste un moment historique qui va laisser de nombreuses cicatrices dans les mentalités américaines.
Le racisme s'accentuera avec l'apparition des groupes comme le Ku Klux Klan, suite à la défaire du Sud, dans une société qui mettra les noirs d'un côté et les blancs de l'autre de manière durable. Dans le genre "Vas-y prends toi une claque dans la gueule en regardant ton passé!!" "Glory" s'impose alors comme un modèle du genre.
En fait, le scénar' de "Glory" fut écrit par Kevin Jarre qui s'appuya sur les livres "Lay This Laurel" de Lincoln Kirstein, "One Gallant Rush" de Peter Burchard et les lettres de Robert Gould Shaw (le colonel du 54ème régiment himself!). Kevin Jarre changea plusieurs personnages du fim pour n'en garder qu'un seul réel en la personne du colonel Shaw...mais alors ça veut dire que tout est bidon?
Mais nan, vous ne lisez pas bien ce qu'on vous écrit car je n'ai parlé que des personnages car sur le reste Zwick colle aux basques de la réalité. Ce fait se vérifie d'entrée de jeu avec la première bataille qui vous met dans le bain de suite avec des régiments en formation serrée qui avance (qui a dit bêtement?) vers les lignes ennemis avec la ferme intention de se prendre des boulets de canon en pleine tête et des volets de plombs dans l'aile.
Le film joue la carte du réalisme et ne se formalise pas avec des effets inutiles et extravagants. Zwick se la joue spectateur des événements et ne cherche pas à faire de chichis. Même si le film va vous amener vers une bataille des plus épique "Glory" n'est pas un simple film de guerre mais une critique sociale et morale.
C'est la volonté de ce régiment noir d'exister dans cette guerre d'une façon autre qu'en creusant des tombes ou être dans des régiments de pillards. Je dis ça car il faut savoir que même pour les états du Nord, pourtant contre l'esclavage, le noir reste un "sauvage" indiscipliné et concevoir qu'un noir puisse s'élever est quelque chose d'impossible alors avoir les honneurs du champs de bataille il ne fallait même pas y penser.
Pour illustrer ce combat Zwick s'appuie sur un casting de rêve avec du côté de la hiérarchie un Matthew Broderick en colonel Shaw, Cary Elwes en meilleur ami de Shaw et major du régiment. Le top de l'affiche restant le casting du côté des recrues black: Denzel Washington (Oscar du Meilleur second rôle), Morgan Freeman (Se7en, Impitoyable), Andre Braugher (The Mist, La cité des anges) et Jihmi Kennedy (de la série "L'enfer du devoir"!). Chaque personnage reste caricatural mais dégage de l'empathie très rapidement et chacun donne le meilleur de lui-même comme pour rendre hommage à ceux qui sont réellement tombés au combat.
En réalité le point faible du film est justement ce trop plein de bons sentiments qui s'accumulent au fur et à mesure du film jusqu'à friser l'overdose par moment (le passage de l'union sacrée autour du feu avec chant gospel est à gerber!!).
Zwick rend son film sirupeux (en même temps il nous a pondu cette merde de "Légendes d'Automne" quelques années après!) mais ne l'oubliez pas ce film est avant tout destiné au public américain qui plus on lui en fait des tonnes plus il prend son pied. Alors au final qu'est ce qu'il reste?
Un film épique aux batailles réalistes, des acteurs touchants, une musique (James Horner) déchirante et entêtante, un caractère historique indéniable et un final grandiose qui fleure bon le patriotisme...A noter qu'en plus il n'y a aucune histoire d'amour pour ternir l'ensemble. Génial. Un film à voir sans aucun doute.












