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Lonesome Jim de Steve Buscemi (2005) par Tootsif

I'M A POOR LONESOME JIM.
 
 Las de sa vie de promeneur de chiens à New York, Jim, 27 ans, regagne à contrecoeur l'Indiana rural où il est né. De retour dans sa chambre d'enfant, il retrouve vite les raisons de son départ : l'amour étouffant de sa mère, la présence effacée de son père, les frasques immatures de son oncle. Lorsque son frère est victime d'un accident de voiture, Jim prend sa place à l'usine de ses parents et accepte de s'occuper de ses deux nièces. Sa rencontre avec une infirmière et son jeune fils le déleste de ses propres angoisses et jette sur sa vie ordinaire une lueur d'espoir...
  

Les américains nous envoient souvent 2 sortes de films : les blockbusters à la gloire de leurs valeurs et les films auteurisants qui ont un regard cynique sur leurs compatriotes. Alors quand Steve Buscemi, acteur décalé, réalise un film, il est facile de savoir dans quelle catégorie le classer.  

 

Lonesome Jim, c’est le regard cynique, désabusé d’un homme sur son entourage. Jim est l’archétype même de la personne fustigeant la misérable existence des autres qui se battent pour avancer alors qu’il est incapable de prendre le moindre risque pour atteindre ce qu’il veut.

 

 

S’impliquer ou faire des choix lui font peur, alors il se venge sur les autres : sa mère incorrigible optimiste (même en tôle, elle ne voit que le bon côté des choses, c’est vous dire), son frère qui va d’échec en échec (il a raté sa vocation, son mariage et il est l’entraîneur de la pire équipe de basket que la Terre n’ai jamais porté).  

 

Certes la vie de ses proches ne semble pas terrible et l’on en vient à éprouver de la sympathie pour Jim tellement l’optimisme de sa mère est gonflant et que son environnement est d’un morne. Mais derrière ses réparties saillantes et sarcastiques, derrière ses atermoiements narcissiques, on s’aperçoit que Jim est envieux de son entourage. En effet, alors que ceux-ci se débattent pour vivre, alors qu’ils essaient de se relever après un échec, Jim lui fuit : sa misérable existence dans sa ville de bouseux ne lui suffisait pas alors il a fui à New York, là bas, il n’a pu réussir dans ce qu’il désirait alors il a fui chez lui.  

 

Peu à peu, sa rencontre d’une mère célibattante (ndlr: ça y est on va se rabibocher avec les féministes!!)(pétillante Liv Tyler) va lui ouvrir les yeux et modifier sa perception de son existence. Steve Buscemi nous offre là un film drôle et sombre à la fois, tout comme l’est son personnage principal. Casey Affleck est absolument génial, à la fois détestable et touchant au gré des scènes et des choix de son personnage.

 

C’est là le point fort du film, chaque personnage est extrêmement travaillé, drôle et touchant par des aspects différents de sa personnalité. Hélas, à côté de cela, le film n’évite pas les poncifs du film d’auteur : rythme lent (nécessaire mais parfois exagéré), réalisation classique (avec ses passages imposées : héros qui fume au volant en regardant le paysage défilé, scènes de rues déjà vues...), parfois un brin moralisateur.  

 

 

Cependant l’impression finale qui se dégage de ce film est plutôt bonne grâce à ce mélange d’humour noir et  l’émotions, le tout porté par des personnages tous différents que le casting  met parfaitement bien en valeur. Dommage que la réalisation soit trop frileuse, diminuant ainsi la force du film.

 

Tootsif.

 

"Lonesome Jim" de Steve Buscemi. Distribué par MK2 diffusion. Avec Casey Affleck, Liv Tyler, Mary Kay Place. Durée: 1h31.

 

 

 

 
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