Harry Potter et les reliques de la mort Part 1 de David Yates (2010)
VIVEMENT LA FIN (Analyse ultime du film par Tootsif).
Le pouvoir de Voldemort s'étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d'espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.
Après 6 épisodes approchant dangereusement les rivages de l’ennui mortel (sauf pour le 6ème opus qui lui, outre les avoir allégrement atteint, a aussi enfoncé les portes du pathétique, parvenant ainsi à faire perdre à mes yeux le peu de crédibilité et de noirceur qu’avaient réussi à distiller les épisodes précédents) et à l’intérêt scénaristique plus que discutable (quelqu’un peut me dire à quoi sert l’épisode de "La Coupe de Feu" car à part meubler pour avoir sa dose annuelle d’Harry Potter je vois pas trop. Ca me rappelle les mangas et leurs sempiternelles tournois pour gagner du temps entre 2 arcs scénaristiques sauf que les mangakas ont l’excuse de l’obligation de parution hebdomadaire), les aventures du trou-du-cul, euh excusez-moi je voulais dire du jeune sorcier, binoclard vont, Hallelujah mes frères !, enfin connaître leur dénouement.
Oui, mais voilà, chez la Warner, tant que la vache à lait qu’est le fan a encore les mamelles pleines (de biftons), tout est encore bon pour amasser du pognon (putain je fais des rimes en plus, quelle âme de poète j’ai !). Et donc sous l’excuse de ne pas trahir le matériel originel (un bon gros paveton de + de 700 pages, je me demande vraiment si tous les morveux soit disant fan du père Potter l’ont lu) il a été décidé de diviser ce dernier tome en 2 films. Putain les chacals de capitalistes ! Viva la Revoluçion commandante ! M’écriai-je en apprenant cette nouvelle (et oui deux fois plus de souffrance pour ma gueule, que du bonheur quoi !). Tout de suite la horde de pottermaniaque s’empressa de défendre son nabot préféré en me disant de regarder avant de gueuler. Mais revenons au film si vous le voulez bien.
Donc, a priori, ça y est, on entre enfin dans la dernière ligne droite. Harry, tel un Frodon gravissant les pentes de la montagne du destin (et vous verrez que cette analogie à la trilogie de Tolkien, et surtout à son adaptation cinématographique, est loin d’être fortuite), est sur le point de voir sa destinée s’accomplir, son combat contre Volemort allant enfin avoir lieu. Car oui (et là aussi miracle !), ce dernier a enfin décider de se sortir les doigts du cul et d’y aller franco pour régler définitivement son compte au binoclard (et franchement je suis limite de tout cœur avec lui tellement le Daniel Radcliff est mauvais acteur. Putain ça fait 10 piges qu’il est sur le même rôle et il ne sait toujours pas jouer bordel !) qui à chaque fois, par chance, fout ses plans en l’air. Donc Lord Voldemort ne rigole plus et a sorti l’artillerie lourde.
Le message est clair dès le début du film : on n’est pas là pour rigoler (enfin, hélas si, un peu quand même). Dès les premiers instants, les choses sérieuses commencent avec une petite mise à mort et un Harry pourchassé, traqué par les partisans de Voldemort. Mais heureusement, Harry peut compter sur ses fidèles amis qui entrent à leur tour dans la bataille et sont prêts à se sacrifier pour que sa destinée s’accomplisse. La tension est donc à son comble dès les premiers instants, tous les éléments étant mis en place : noirceur visuelle et musiques guerrières (très, mais alors très, proche du "Seigneur des Anneaux' et les emprunts, pour ne pas dire plagiats quant à certains aspects, seront encore nombreux) pour une bataille aérienne qui………………………ne possède aucun souffle épique ! Et oui, la bataille est brouillonne et surtout il ne se passe pas grand-chose.
On voit bien un dragon ou un balai passé à toute berzingue prêt d’Harry, mais même avec la caméra qui part dans tous les sens et les explosions tout autour on n’est pas happé par ce qui se passe à l’écran car n’ayant pas l’impression qu’Harry et ses compagnons sont entrain de risquer leur vie. Oui on assiste indifféremment à la pseudo bataille (ça ressemble plus à un feu d’artifice) jusqu’à l’arrivée à la planque d’Harry où le réalisateur tente désespérément de nous faire croire que nous venons d’assister à un moment épique, l’arrivée des compagnons d’Harry se faisant au compte-goutte, dans l’attente et la douleur. Mais là aussi l’effet ne marche pas, gâché par des blagues pourraves qui enlèvent toute tension à l’atmosphère et par un enchaînement de séquence assez illogique. En effet, alors qu’on est censé déplacer Harry pour le mettre à l’abri de son ennemi, une fois ce dernier arrivé on ne trouve rien de mieux qu’organiser un grand mariage avec 300 personnes !
C’est clair que l’on n’a rien trouvé de mieux pour être discret ! Alors a priori dans le bouquin, que je n’ai pas lu, il serait déguisé mais quand même quelle connerie. Voilà donc que dès le premier quart d’heure les tares de ce nouvel opus apparaissent au grand jour : ce film ne sait pas où se positionner : doit-il basculer dans la noirceur que l’affrontement final est en droit d’attendre où rester sur la voie de la fantasy enfantine ? Ainsi dès qu’un élément sombre, violent entre en jeu, il est de suite contrebalancé par un élément plus léger : un des frères Weasley a l’oreille en bouillie mais c’est pas grave il sort une blagounette, Ron a le bras en charpie et hop il est remis sur pied de suite pour ne pas choquer le jeune public, etc, etc….Alors je sais c’est le ton de l’œuvre, et peut être même ce que J.K Rowling a écrit mais ce fait de ne pas assumer totalement complètement son côté sombre, tant dans le film que l’œuvre originelle m’empêche de plonger dans le film et de faire corps avec l’histoire qui m’est présentée.
Surtout qu’hélas ce ne sont pas les seuls défauts tant du film que du livre hélas. Les défauts du film sont hélas quasiment les mêmes que ceux du précédent puisque la Warner a eu la mauvaise idée de garder le même réalisateur qui est tout sauf doué comme il a parfaitement su nous le montrer lors d’"Harry Potter et le Prince de Sang mêlé". Mais, en plus de ne pas être très doué celui-ci est aussi un plagieur pas très discret et là aussi pas très…….doué(je sais ça fait beaucoup de pas doué d’affilé mais que voulez vous Yates ne l’est vraiment pas, ce n’est pas de ma faute). David Yates, sûrement en manque d’inspiration a tout simplement repompé tous les succès cinématographiques du moment qui pouvait convenir à son film et ainsi cacher son manque de talent, avec en tête de liste la trilogie de Peter Jackson. Ah "Le Seigneur des Anneaux" ! Les films de Jackson hantent littéralement certains plans et pires, certaines scènes.
Bah y a pire comme référence me direz-vous. Oui, mais là vu la quantité de « références », moi si j’étais P.J je poursuivrai l’autre gugusse en justice. Ca commence gentiment, presque sournoisement par un « Ils arrivent. Ils arrivent. » glissé au détour d’une conversation renvoyant directement au passage dans les mines de la Moria, puis ça dépasse allègrement le statut du simple hommage au travers de plans rappelant les pérégrinations de la communauté de l’anneau (grandes étendues herbeuses, montagnes lointaines) pour atteindre le vulgaire plagiat à travers la relation d’Harry et sa bande avec l’orcrux qui n’est ni plus ni moins qu’identique à la relation qu’ont les porteurs de l’anneau avec ce dernier !
Le point culminant étant atteint avec la brouille entre Harry et Ron, ce dernier étant totalement sous l’influence maléfique de l’orcrux, qui rappelle fortement la faiblesse de Boromir ou la dispute entre Frodon et Sam. Mais la saga réalisée par Jackson n’est pas la seule à qui Yates rend « hommage » pour parler poliment. Il emprunte à nombre de films post-apo pour des plans dont on se demande ce qu’ils font là (une bretelle d’autoroute déserte, des bungalows détruits) ainsi qu’au film de genre à travers une chasse à l’homme dans les bois. Bah à défaut d’avoir du talent Yates à de belles références. Sinon pour les autres défauts techniques ceux sont les mêmes depuis le début de la saga : à savoir que les 3 acteurs principaux sont toujours médiocres au contraire de seconds rôles adultes épatants, les scènes de relations amoureuses sont toujours aussi ridicules et ressemblent à du Dawson ou du High School Musical, bref rien de neuf de ce côté-là.
Mais au final, le défaut le plus flagrant de ce film, c’est son extrême mollesse et l’impression désagréable d’être d’une inutilité totale. Au final que se passe t il ? Quasiment rien ! C’est la première partie du dénouement final mais il ne se passe rien ! Et là le réalisateur n’y peut pas grand-chose, c’est l’œuvre originelle qui est à incriminer ! On enchaîne les lieux sans trop savoir pourquoi grâce à la technique du transplanage et dès que les éléments coincent on les introduit au forceps sans plus d’explication que cela : ainsi pour avancer Harry et ses compagnons ont besoin de l’épée « de la mort qui tue » mais comme ils sont cons comme des tables ils sont bien incapables de foutre la main dessus. Et bien pas de problème après un énième transplanage ils atterrissent pilepoil à côté ! C’est y pas beau la vie quand même ! Mais surtout il y a l’impression désagréable de ne pas avancer, que J.K Rowling n’a jamais su où elle allait et qu’elle a lié les volumes à coup de truelle (on n’a jamais entendu parler des reliques de la mort avant cet épisode et là d’un coup elles revêtent une importance capitale).
Et comme je l’ai déjà indiqué sa non-volonté de trancher entre un récit plus mature et le côté enfantin déséquilibre le récit en amoindrissant l’impact des scènes chocs. La narration manque vraiment de fluidité et de logique, les éléments s’imbriquent mal les uns dans les autres et on se demande au final pourquoi on a droit à 2 films au lieu d’un devant le vide scénaristique de cet opus. Dire que j’ai été déçu par cet épisode serait mentir puisque, de un, je n’attends rien de cette série qui m’a laissé à quai depuis le départ et, de deux, il est quand même moins mauvais (dire meilleur serait un bien grand mot) que l’épisode précédent (ce qui en même temps n’était pas bien dur). Voilà c’est un film quelconque, sans âme et qui en outre n’apporte quasiment rien au niveau de la trame générale. Reste pour sauver les meubles, quelques rares moments de génie comme l’institution du ministère de la magie qui rappelle des films comme "Brazil" ou "Bienvenue à Gattaca" par son administration déshumanisée, voire le régime nazi avec ses rafles et procès. Et puis, il y a le conte que lit Hermione, le passage en dessin animé est juste somptueux rappelant tant le passage en marionnettes d’Hellboy 2 que le trait de Michel Ocelot. Dommage que ce ne soit finalement que de courtes respirations au sein d’un océan d’ennui.
Tootsif.
"Harry potter et les reliques de la mort" de David Yates. Distribué par Warner Bros France. Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson. Durée: 2h25.















ouah ! tout ça pour casser un film… je l’ai vu hier et je me suis un brin ennuyé… en plus c’est pas évident de comprendre quand on n’est pas fan… y’a presque trop de personnages au début,
heureusement que c’est vite évacué et c’est resserré autour des 3 larrons principaux… bon ! ma critique demain !
Aaah Brazil…
Bonne critique quoi qu’un peu dure. Mais je suis bon public et t’as raison ça pouvait pas être pire que l’épisode précédent.
Le film était surtout trop long pour pas grand chose… passé la premiere moitié du film je me suis surpris à bailler aux corneilles dans le cinoche. Mais le pire je crois, c’est une fois le
film fini, j’ai voulu me rememorer rapidement ce qui s’etait passé durant ces 2h30… Et bien il s’est vraiment passé que dalle… Couper ce film en 2 c’est vraiment du pur marketing et ils n’ont
pas reussi à le cacher.
@ Phil : non pas tout ça pour simplement “casser” un film (sinon j’aurais sorti des attaques faciles) mais pour donner mon avis et dire ce qui m’a déçu. Après c’est pas de ma faute si la
liste est longue
@ Wolfburner : et oui Brazil mec
(je te promets la critique un jour)
Pas méchant, simplement réaliste
ça fait bien longtemps que je n’ attend plus rien de Potter, pas lu, mais les films précédents sont suffisament consternant pour pas avoir envie d’ en voir plus (même si celui de Cuaron sauve les
meubles, mais c’ est bien maigre)
Je ne peux être d’accord.
Je n’ai jamais été fan de Potter (je ne le serai jamais d’ailleurs) mais je trouve cet opus beaucoup plus mature. Tu dis qu’il ne se passe rien mais l’imobilisme n’a jamais été une tare surtout
lorsq’elle permet de se recentrer sur les personnages et leurs doutes.
Quant au plagiat. Mouais… Je n’ai pas ressenti cela de cette façon. Doit on se priver d’utiliser une idée qui fait avancer le récit parce que d’autres l’ont utilisé avant? Et pour les paysages,
si filmer la nouvelle zélande équivaut à plagier LOTR on est pas dans la merde…
Je ne suis pas d’accord sur ton désaccord
L’immobilisme est ici total : les doutes des personnages sont si mal mis en avant et interprétés qu’ils ne mettent aucune tension dans le film. Je n’ai pas vraiment ressenti une atmosphère de
désespoir, de traque permanente (malgré les pseudos tentatives : la mise en place des défenses magiques nocturnes…). A chaque fois qu’est distillé un sentiment sombre, de doute, de désespoir,
un élément comique ou une aberration gache l’effet (les guignols qui zappent l’importance de l’épée mais heureusement pouf elle leur tombe dessus, ce qui m’a rappelé l’épisode précédent : le
titre est H.P et le prince de sang mêlé mais pendant tout le film ils ne cherchent pas à savoir qui sait)
Quand au seigneur des anneaux : je ne dis pas qu’il reprend les paysage seulement, là ça va beacoup plus loin : les plans, les aspects scénaristiques (l’orcrux dont l’effet rappelle l’anneau)
Pour les “inspirations” du SDA, c’est net. Si Sam… euh Ron, s’était mis à murmurer “mon préééééécieux”, ça m’aurait même pas surpris.
Je ne me suis pas ennuyé, même si certains passages sont franchement maladroit (notamment la façon dont l’épée est trouvée, le retour de Ron, la capture des 3 gamins, qui ont pleins de
pouvoirs, mais préfèrent courir comme des lapins alors qu’en face, y’a pleins de mecs au physique plutôt sportif). Mais ça tient du scénar’ surtout. Je n’ai pas lu le bouquin alors je ne peux pas
comparer.
Mais clairement, les 3 principaux acteurs sont loin de rayonner (litote), et le jeu des autres acteurs est ultra-inégal d’un personnage à l’autre.
Surtout, je m’attendais à ce que tout ou presque tout les Hortrucs soient trouvés et détruits, et que Harry et Voldemort marchent vers le combat final (serait temps sérieux !). C’est loin d’être
le cas.
Au final, j’ai vu quoi ? Un prélude de deux heures et demi, à une conclusion qui va être au moins aussi longue (et en 3D, histoire de s’en mettre plein les poches une dernière fois !!), et
bourrée de scènes inutiles. Sérieux, le mariage, rien à cirer, je me rappelle même plus qui se marie. La visite du village natal d’Harry ? M’en fout. Il aurait pû aller direct chez la vieille
(d’ailleurs la ficelle de l’apparition de cette vieille est un peu grosse “Oh tiens, justement, je la cherchais, mais pas trop, c’était une vague idée, mais comme ça c’est fait”).
Puis bon, les 3 “jeunes sorciers plus si jeunes” me gonflent, sont complètement cons… J’ai l’impression qu’ils choisissent tout le temps l’idée qui a des chances de foirer.
P’tin, et pourtant j’attends la fin…