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Mesrine: l’intégrale de Jean-François Richet par Marc Shift

BRAQUAGE A LA FRANCAISE.

Biopic sur l'ennemi n°1 français le plus célèbre, Jacques Mesrine, l'homme aux milles visages, braqueur, roi de l'évasion, assassin et écrivain.....

 

 

 

 

Revenons sur la petite polémique survenue lors de la sortie du film. Rappelez-vous, les familles des victimes se sont mobilisées pour raviver les mémoires, non Mesrine n'est pas un héros, et ce n'a jamais été un Robin des bois à la française. Je les comprend tout à fait, et personnellement je n'ai jamais bien compris le culte qui entoure ce personnage.

Leur peur était de voir un film à la gloire de ce personnage. Ce n' est pas le propos du film. Le film ne nous fait pas découvrir non plus la thèse inverse, Mesrine n'a pas était qu'un monstre sanguinaire. C'est l'une des grandes qualités du film (enfin des films) mais pas la seule. Le projet est assez ambitieux, raconter en 2 volets la vie d'un personnage plus complexe qu'il n'y paraît, en gardant le maximum des « grands » faits et gestes, en centrant les films sur Mesrine.

 

 

Oui, j'ai découvert Mesrine grâce à ce film, individu border-line, jusqu'au boutiste, qui finira par se politiser après son passage dans le QHS de la prison de la Santé vers un horizon révolutionnaire. Le premier volet revient sur ses débuts, mais aussi sur sa participation à la Guerre d'Algérie (j'ignorais cela) notamment en temps qu'exécuteur, rôle qui l'aurait très profondément affecté (ce qui est compréhensible).

Je n'irais pas jusqu'à dire que tout découle de là, mais ça a du jouer un rôle important. Trêve de psychologie à deux balles, on découvre un Mesrine qui n'a peur de rien, sûr de lui, jamais près à faire la moindre concession et ayant un culot monstrueux. Partant de rien il gravit le plus vite possible les échelons du grand banditisme.

Son premier revers le mène sur le chemin d'une possible rédemption par le travail, mais la boite coule et Mesrine se tourne vers la seule chose qu'il sache faire: des braquages. Le premier volet n'est pas tourné vers l'action à tout va, Richet prend le temps de nous faire connaître les différents persos qui traverse l'écran, la pellicule étant quand même traversée par une action ahurissante, l'attaque d'une prison par Mesrine et un complice!!

 

 

Les deux volets démarrent sur la même scène, la mort de Mesrine. Le premier sur les derniers mètres parcourus par sa voiture jusqu'au blocage par une camionnette, le deuxième sur l'après fusillade quand la police emmène le corps du gangster. Pourtant les deux épisodes se différencient immédiatement, par le visuel surtout, et on comprend très vite que le deuxième volet sera bien plus rapide en terme d'action.

Cette fois-ci on connait bien Mesrine, le décors a bien été planté, l'action devient bien plus tendue, comme avec un sentiment d'urgence. Pour moi les deux volets sont des réussites, Richet mène son oeuvre d'une main ferme, c'est vraiment bien réalisé (pas vu "Assaut sur le central 13", mais à l'époque "Ma 6-t va crack-er" m'avait bien scotché). Visuellement c'est très solide, l'action est bien découpée, toujours lisible. Autre qualité, ça ne lorgne pas tant que ça sur le ciné ricain, ce qui n'est pas un défaut en soi, mais on sent une autre vision, une autre culture cinématographique ce qui n'est pas pour me déplaire. Surtout quand c'est réussi comme ici. Autre point fort, le casting. Cassel est impérial, l'un de ses meilleurs rôles, et d'ailleurs il n' y a pas de faute de goût, tout le monde est au diapason avec pèle-mêle Cécile de France, Depardieu, Michel Duchaussoy, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin, Samuel Le Bihan.....

 

Vraiment le dyptique est de qualité, dommage quand même qu'il fasse l'impasse sur la guerre des polices (mais bon on ne pouvait sans doute pas tout mettre), comme quoi on peut faire aussi en France du bon cinéma quand on s'en donne les moyens.

Marc Shift.

"L'instinct de mort" (durée 113 min) & "L'ennemi public n°1" (durée 132 min) de Jean-François Richet, distribué par Pathé distribution avec Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Mathieu Amalric, Roy Dupuis, Cécile de France, Ludivine Sagnier........