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Livre de sang de John Harrison (2010) par Bruce Kraft

 

SANG EUX.

Un tueur à gages a kidnappe un jeune homme et l'emmène dans une cabane isolée. La peau du jeune homme est décoré avec de nombreuses cicatrices en forme de caractères. Le jeune homme accepte de lui raconter son histoire en échange de quoi sa mort sera rapide.

Toujours dans la même optique de ne pas voir ses romans adaptés de piètre manière, Clive Barker décide une fois de plus de produire cette adaptation des «Livres de sang» et offre à John Harrison la réalisation de cette histoire sur le thème de la mort. Ce dernier n'affiche pas grand chose à son compteur de réalisateur, si ce n'est son travail sur la série «Dune», mais essaie tant bien que mal d'apporter du soin au visuel. Confirmation avec ce «petit» film où l'atmosphère lorgne entre H.P. Lovecraft et....Clive Barker adepte d'ésotérisme.

«Livre de sang» possède donc, malgrè une certaine forme d'amateurisme de réalisation, beaucoup d'atouts qui en font un film sincère et agréable à regarder. Tout d'abord grâce à l'atmosphère qui reste bien éloignée des clichés de ce que peut donner la plupart des films de fantôme japonais ou américain avec un charme presque poétique et surtout gothique avec une action située en Ecosse, lieu ô combien propice aux apparitions fantômatiques.

Puis le scénar' qui, sans être démentiel, offre un dénouement des plus surprenant. L'histoire enchaîne mensonge, trahison, amour, vengeance sur fond surnaturel en déroutant par moment le spectateur avec des passages gore qu'on attendait pas ou des scènes «hot» culottées avec une Sophie Ward, dans le rôle de spécialiste du paranormal, incarnant une MILF à la poitrine fière et fragile entre les mains d'un jeune étudiant, Jonas Armstrong convaincant avec son air de Hugh Grant, dôté d'un don de prémonition.

Bon, c'est vrai que l'ensemble sent le téléfilm respire le téléfilm à cause d'effets spéciaux assez moyens (Un peu comme «100 Feet» chroniqué dans ces mêmes pages) sauf en ce qui concerne la qualité du maquillage (les cicatrices sanguinolentes sont bien rendues) qui ferait bien plaisir à Cronenberg. L'ensemble, et surtout l'originalité de son dénouement, fait d'ailleurs penser à la série «Fais moi peur» (vous vous souvenez de cette série d'horreur pour les jeunes ados qui offrait de bons moments de rebondissement?) mais en version adulte bien sûr.

Nous nous retrouvons donc en présence d'un petit film d'horreur avec une pointe de gore, une tension pas vraiment présente mais un final original et plus pictural que ne le laissait présager l'ensemble du film mais qui méritait plus de moyens et surtout une meilleure réalisation, ce qui lui vaut d'arriver en "DTV" dans notre beau pays.

Bruce Kraft.

Moyen, rien de plus.