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Tron, l'héritage de Joseph Kosinski (2011) de Bruce Kraft

L'HOMME TRON.

Alan Bradley reçoit sur son beeper un message de Kevin Flynn, vingt ans après sa disparition. Sam Flynn décide de partir à la recherche de son père et découvre une pièce cachée dans une ancienne salle d’arcade...Tout comme son père vingt ans avant...il va se retrouver dans "la grille".

Suite du film «Tron» (1982) , devenu «culte» au fil des années par des cinéphiles nostalgiques, «Tron, l'héritage» était un pari risqué pour de nombreuses raisons. D'abord plaire au grand public instantanément contrairement à son aîné qui, malgrès les nombreuses avancées techniques visuelles de l'époque, n'avait vraiment pas déchainé les passions. Ensuite, il fallait quand même trouver un scénar' valable et revoir tout un design «kitsch» sans pour autant s'en éloigner pour rester dans le ton et ainsi ne pas foutre en rogne une floppée de geeks.

Alors qu'en est-il de cette suite? Kosinski (dont c'est le premier film!?) a fait appel à la compagnie Digital Domain (qui avait officié sur «Avatar») pour s'occuper des effets spéciaux qui, il faut bien le reconnaître, sont vraiment au top et respectueux du premier volet tout en étant modernisés (les tenues sont plus "latex" que "jupettes" du premier volet même si on garde les fluorescences) pour un résultat des plus convaincant. Il en est de même pour la B.O. composée par le groupe Daft Punk (qui se fend même d'une apparition dans le film avec leur casques futuristes en adéquation parfaite avec l'ensemble de l'univers «Tron»!!) qui renoue avec l'esprit électronique des 80's tout en gagnant de l'ampleur avec un côté épique indéniable.

En fait, sur le fond le spectateur n'aura pas l'impression que plus de 20 ans séparent les deux films et cette remarque s'appliquent sur de nombreux points. Tout d'abord le déroulement de certaines séquences comme le combat de disques ou les courses de motos sont chronologiquement identiques ce qui accentue la sensation de déjà vu. De même le rapport entre les personnages «réels» vus comme des «dieux» (les concepteurs) par les personnages «programmes» est bien respecté même si Kosinski va plus loin dans les interactions entre eux en faisant de «Tron, l'héritage» une véritable tragédie grecque.

Et ce constat est d'autant plus flagrant quand on regarde ce qui constitue l'épine dorsale du film: des combats dans des arênes comme dans l'antiquité, un drame familial entre un père et son fils, un dictateur avide de conquête, une trahison entre concepteurs et programmes....mais tout ça dans un système informatique. Alors comme il se doit dans toute tragédie grecque il y a des passages, tout comme dans le premier, les personnages parlent...et parlent....et parlent...mais heureusement pas pour ne rien dire bien que cela ralentit le rythme du film.

Quand aux personnages on retrouve sans surprise Jeff Bridges dans le rôle de Flynn avec quelques années de plus..mais aussi de moins grâce aux effets spéciaux, tout comme Bruce Boxleitner dans le rôle de Tron. Petit nouveau, Garrett Hedlund tient bien le rôle du fils de Flynn même si il fait un peu trop flambeur par moment...mais là je chipote car aucun acteur ne se démarque réellement dans le casting et chacun donne du sien pour donner une crédibilité à l'ensemble.

Kosinski a finalement fait du bon boulot avec ce film, même si j'ai l'impression que certains spectateurs vont sortir de la salle en ne retenant que les moments d'action car ils n'auront pas compris le reste, et offre un spectacle valable et visuellement excitant qui va ancrer la mythologie «Tron» une bonne fois pour toute dans l'histoire du cinéma.

"Tron, l'héritage" de Joseph Kosinski. Distribué par Walt Disney Studios. Avec Garrett Hedlund, Jeff Bridges, Olivia Wilde. Durée: 2h06.