La meute (2010) de Franck Richard par Bruce Kraft
GERMINAL FANTASTIQUE.Charlotte, une paumée de la vie, prend en auto stop Chinaski, un paumé lui aussi. Ils débarquent dans le bar miteux "La Spack" et Chinaski disparait dans les toilettes après avoir été agressé par des bikers paumés de la vie....eux aussi. Charlotte veut le retrouver mais ne se doute pas du cauchemar qui l'attend....
Un film français d'horreur? Bah oui ma p'tite dame ça arrive et même qu'on est content à chaque fois qu'on nous l'annonce. Avouons que la plupart sont des déceptions ("La Horde"), même si quelques exceptions existent (l'étonnant "Ils" ou le génial "Martyrs"), et que du coup on s'emballe très vite dès qu'on nous parle d'un nouveau projet en priant de tout notre coeur pour que ce soit bon. C'est un peu ce que j'espérais pour "La meute" (un titre moyen puisque semblable à "La horde"...) et son réalisateur Franck Richard....
Et bien c'est avec une boule dans la gorge que je vous le dis mes amis: ce film est au cinéma d'horreur ce que peut être un glaire dans une soupe au potiron et à la patate douce (super bonne cette soupe d'ailleurs!!). Alors attention je ne dis pas que l'histoire est nulle, en gros une famille tue des gens pour nourrir des mutants (non non, ce n'est pas "La colline a des yeux"), mais c'est surtout au réalisateur et aux acteurs que j'en veux.
Le réal', Franck Richard, maltraite d'un bout à l'autre son scénar' ultra classique, mais qui ne demandait qu'à être sublimé, et livre ici un film à la lenteur absolue et au montage plus que bancal. Pourtant, impossible de ne pas s'appercevoir que Richard essaie de faire de son mieux allant jusqu'à tenter de donner du style à son bébé avec quelques plans "pop-corn" (la cabane avec un corps pendu par les pieds avec en toile de fond un ciel bleu-gris inquiétant ou la vue de l'héroïne , tête en bas, qui se brouille de sang) qui ne réussissent pas à faire oublier la platitude du reste du film avec en point culminant le siège de la cabane par les mutants qui est aussi excitant qu'une partie de dominos.Le film contient bien quelques scènes crades et gores mais rien de bien folichon et ce n'est pas quelques pieds tronçonnés et une tête coupée qui vont rassasier notre envie de voir le sang couler. De même, n'attendez rien de ces mutants (un croisement entre Renaud dans "Germinal" et une taupe du Nord!!) molassons et aveugles qui sont à la limite de nous faire rire au lieu de nous faire peur. En plus quand on me dit "meute" je pense à "beaucoup" et pas à quatre clampins de mutants qui attaquent un cabanon!!
Le pire (je sais, vous pensiez que l'on avait atteint ce stade bien avant) reste au niveau de l'interprétation: Biolay ferait mieux de prendre des cours de théâtre, ou rester à la chanson, car même Christian Bale a plus d'expressions (Deux, je vous le rappelle!!) de gueule que lui et il devient sans aucun doute le boulet du film en le rendant plus amateur qu'il ne l'était déjà!! De même on sent Yolande Moreau complètement à l'Ouest dans ce film et même si elle essaie de donner le change, dans un rôle de mère tarée qui était vraiment pour elle, difficile de ne pas ressentir un certain malaise en voyant sa prestation.Difficile ainsi pour Philippe Nahon et Emilie Dequenne, même si elle fait vraiment rebelle clichée (une sous Lisbeth Salender!!), de ne pas faire mieux. Notez que le personnage de Nahon, un vieux flic alcoolique, bénéficie d'ailleurs des meilleures répliques ("tu m'as vraiment pris pour un Flanby!!" ou "On fait moins la maligne...vieille salope!!") et de plans burlesques (assis à une table ivre avec des biscuits dans les oreilles et dans le nez!!) assez sympas. Conclusion? Un film raté d'un bout à l'autre de la bobine...Fais chier....bordel.
Bruce Kraft. "La Meute" de Franck Richard. Avec Emilie Dequenne, Benjamin Biolay, Yolande Moreau, Philippe Nahon. Durée: 1h30.














On a vraiment du mal en France avec la réalisation de films de genre : c’est pas la volonté qui manque (il en sort quand même pas mal) mais le talent.
Pourtant on doit être un des pays où on est le plus fan de ce genre (haha quelle blague) de films : nombre de sorties dvds, de magasines, de festivals….
En France on ne veut tellement pas faire comme les ricains, alors que ne serait-ce que pêcher certaines références ne serait pas une mauvaise idée, qu’on se plante lamentablement…
Notre problème c’est qu’en France les producteurs sont frileux et ne lâchent pas facilement le pognon….Puis t’as les distributeurs qui rechignent aussi sur les films français de genre préférant les comédies dramatiques…..Y a un réel manque de confiance de l’industrie du cinéma en France vis à vis de ce genre et pourtant…..
C’est vrai aussi que quand tu vois La Meute tu comprends pourquoi ils sont frileux pour d’autres projets les producteurs!!! Ah ah ah !! Nos réals français n’ont pas cette culture du bis, genre et autres films zarbis ou quand ils l’ont ne vont pas “s’abaisser” dans un ce genre de cinéma “pas très noble”…..heureusement Aja et Noé sont là!!!
Je trouve cette critique beaucoup trop sévère, le film distille malgré les lacunes du scénario, une ambiance assez pesante. Ce n’est pas une grande réussite, c’est vrai, mais ce n’est pas un navet. Je préfère voir un film moyen, mais empreint de bonnes intentions qu’un film moyen routinier (le Rite, par exemple)…
Ambiance? Mais quelle ambiance? Un paysage gris et naturel et….puis c’est tout!! Les acteurs (pas tous!!) à chier, une meute de 4 mineurs sur le cabanon, un montage plus que moyen, une musique à chier et clichée…et même pas drôle….ça fait trop pour un seul film pour moi!! Pourtant j’encourage Richard à continuer car on sent qu’il y a tout de même un truc à en tirer derrière tout ça.
faut se rendre à l’évidence rien que pour le coté “rentable” en France faut lâcher les films d’horreur au proFit des polars qui sont plus une tradition gauloise, ça me fait mal au coeur de dire ça car shui fan de films d’ epouvante mais force de constater que le public suit vraiment pas et le talent n’est pas tjs pas au rdv…
Pas vraiment de talent? Faut arrêter car je suis sûr que c’est plus une peur de ne pas se lâcher et donc de se faire critiquer qui empêche certains réal de se jeter à l’eau. Après c’est sûr que ce n’était pas dans notre culture de faire du ciné fantastique mais depuis y a quand même la génération “geek” ou “adulescente” qui est là mais qui se fait casser les pattes par les producteurs et les exploitants des salles ciné qui misent tout sur de “l’américain”…