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Terreur (2011) d'Anthony Diblasi par Bruce Kraft

VEGETARIAN NIGHTMARE.

Trois étudiants, Stephen, Cheryl et Quaid, montent sur pied une étude sociale sur les peurs comme devoir. Au fil, des entretiens ils vont se livrer eux-même devant la caméra afin de se confronter à la bête qui sommeille en eux.

Troisième film de la firme de Clive Barker (après « midnight meat train » et « livre de sang »), Midnight Picture Show, « Terreur » est tiré d'une nouvelle de la série des « livres de sang » de...Barker. Anthony Diblasi, un fidèle collaborateur de l'écrivain, se retrouve ainsi aux manettes de cette histoire surfant sur le thriller horrifique et dont la particularité est d'oublier le surnaturel au profit d'un aspect psychologique formant le squelette du récit.

Signalons de suite que « Terreur » n'est pas un film d'horreur idiot et bourrin genre « teen movie » mais offre de bon coeur son lot de scènes chocs (un bain d'eau de javel ça vous tente?), gores (vous connaissez l'expression « tu es ma moitié »?) et de tortures (un sourd qui crie c'est drôle!!) qui parsèment le film. Mais attention, car ce descriptif est trompeur puisqu'en réalité Diblasi s'acharne comme un beau diable à offrir au spectateur autre chose que du sang et ainsi délivrer le véritable sens du texte de Barker: la peur et ce qu'elle peut créer chez celui qui la subit.

Chez les principaux personnages elle est liée à un traumatisme bien particulier: C'est ainsi que l'on retrouve Stephen (Jackson Rathbone de « Twilight ») hanté par la mort de son frère, Cheryl marquée par son père travaillant dans un abattoir aux moeurs singulières et Quaid (l'excellent Shaun Evans!!) dont la famille a été purement et simplement éliminée par un bucheron psychopathe (la hache dans la tête ça fait mal j'vous jure!!). C'est ce dernier qui vole naturellement la vedette à ses partenaires, se révèlant le plus atteint de tous et empruntant la route d'une folie mêlant voyeurisme et barbarie.

Indéniablement le film de Diblasi est visuellement travaillé (quelques plans sont franchement étonnants!) avec un choix de couleurs judicieux (vive le noir!!) mais souffre malheureusement de quelques longueurs même s'il parvient à garder le spectateur dans son siège grâce à des personnages intéressants, paradoxalement c'est un personnage « secondaire » qui nous préoccupe le plus, qui s'enfoncent de plus en plus dans l'horreur. Alors « Terreur » se révèle peut-être moins « pop corn » que « Livre de sang » mais reste nettement plus vicelard en offrant un final foutant mal à l'aise et donnant franchement des hauts le coeur (mon steack? Vert s'il vous plaît!!). On en redemande.

"Terreur" d'Anthony Diblasi. Distribué par Metropolitan Video. Avec Shaun Evans, Jonathan Readwin, Hanne Steen. Durée: 1h30.