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WAZ (2007) de Tom Shankland par Marc Shift

ANTI-SAW.

La police est sur la piste d'un tueur semant des cadavres mutilés, avec sur la chair, gravé un sigle énigmatique : WAZ.

Le pitch du film ressemble à un énième épisode d'une mauvaise série policière du type « Les experts » (et de ses beaucoup trop nombreuses consœurs). Et de plus WAZ se coltine le handicap d'avoir été raccroché à la saga Saw que ce soit par son titre, par son esthétisme, ou son tueur adepte de piège thématique chère au torture-porn.

Alors oui, il y a un peu de tout ça dans WAZ.

Mais il y a en plus un scénario (si si je vous assure) et surtout des personnages ne sortant pas forcément de l'ordinaire des films avec des policiers dedans, mais plutôt mieux écrits et plus attachants que la moyenne. Les personnages sont classiques, il y a le flic désabusé enterré dans le même secteur depuis des années se coltinant la nouvelle du service ayant encore quelques idéaux.

Et non, ils ne coucheront pas ensemble. Et en plus le film ne tourne pas exclusivement autour de cette dynamique. Et luxe incroyable, le film évite la narration linéaire centré sur l'œil de la pourtant charmante Mellissa George (inspectrice Helen Westcott). Luxe encore plus incroyable tous les personnages bénéficient, certes à des degrés divers, d'un travail d'écriture assez poussé, en tout cas assez largement pour qu'on s'attache réellement aux personnages ayant quand même plus qu'une part d'ombre.

Autre grande différence avec Saw, s'il y a bien un tueur adepte de piège, il n'y en a ici qu'un seul (de piège et de tueur d'ailleurs). Lui aussi sert de test pour celui qui y atterrit mais l'enjeu ne tourne pas uniquement sur comment en sortir. Et il faut signaler que pour une fois la phrase d'accroche du film colle bien au film ("L'amour ne fait pas mal, il tue!"). Et si esthétiquement WAZ ressemble, au niveau de la photo et dans l'aspect craspec, aux torture-porn, le montage un peu moins cut et une image un peu plus stable et lisible font que ce film ne donne ni la gerbe ni le mal de crâne quand on le regarde (j'ai dis un peu), Tom Shankland (derrière le très recommandable The children) maitrise bien son sujet.

Quand au titre il se rapporte à une équation vaguement scientifique (non je n'ai pas été voir si elle existe ou pas, j'ai une vie et je n'ai pas le temps pour chercher ça), théorie sur laquelle se base le tueur.......Et tueur dont on comprend aisément la motivation, ses actes (surtout sur la raison pour la quelle la police est prévenue).

Alors les scène de torture font mal (si j'avais un marteau....), les victimes sont plus « originales » (pour situer ça commence par une femme enceinte.....), on connait l'identité du tueur après un bon tiers du film (mais les enjeux sont distillés tout au long), l'un des principaux twist du film est assez bien trouvé (j'avais presque bon, mais en fait non), les acteurs sont bons, mention spéciale à Stellan Skarsgard très bon en flic désabusé, mieux qu'un bête torture-porn (même si en général j'aime quand des gens meurent dans d'atroces souffrances, ça lasse vite. Oui je suis un monstre), le film est une très bonne surprise.

WAZ - « W Delta Z » (2007) de Tom Shankland, distribué par Verigo Film, avec Stellan Skarsgard, Melissa George, Selma Blair, Tom Hardy.....durée 1h40.