L'aigle de la neuvième légion (2011) de Kevin McDonald par Bruce Kraft
GOLDEN ARMY.
En 140 après J.-C., l’Empire romain s’étend jusqu’à l’actuelle Angleterre. Marcus Aquila, un jeune centurion, est bien décidé à restaurer l’honneur de son père, disparu mystérieusement vingt ans plus tôt avec la Neuvième Légion qu’il commandait dans le nord de l’île. On ne retrouva rien des 5000 hommes et de leur emblème, un Aigle d’or. Après ce drame, l’empereur Hadrien ordonna la construction d’un mur pour séparer le nord, aux mains de tribus insoumises, du reste du territoire. Pour les Romains, le mur d’Hadrien devint une frontière, l’extrême limite du monde connu. Apprenant par une rumeur que l’Aigle d’or aurait été vu dans un temple tribal des terres du nord, Marcus décide de s’y rendre avec Esca, son esclave.

Depuis "Gladiator" en 2000, rares sont les réalisateurs qui se sont lancés dans l'aventure du péplum tant il était, apparemment, difficile de ne pas souffrir de la comparaison avec le film de Ridley scott qui avait lui-même composé la recette d'un genre ressuscité : Des combats (sanglants bien sûr) réalistes et épiques entrecoupés d'une intrigue politique mêlant complots et drames familiaux. En gros, McDonald devait absolument se démarquer de la référence pour convaincre le spectateur et ainsi ne pas subir la foudre des critiques.

Le réalisateur du "Dernier roi d'Écosse" et "Jeux de pouvoir" a donc décidé de prendre le parti du film d'aventure plus que du péplum et ainsi offrir un grand voyage initiatique en oubliant volontairement les méandres de la politique romaine. Ceci dit, pas question d'oublier le côté culturel de la cité et l'importance d'un système de valeur basé sur l'honneur, et la gloire de Rome, pour comprendre la motivation de Marcus et sa quête incensée pour racheter l'honneur de son nom. Des valeurs qui feront certainement sourire certains d'entre vous qui les trouveront ridicules et obsolètes....et pourtant.
L'aspect culturel est un des éléments moteurs de l'histoire puisqu'il va confronter tout au long du film Marcus et son esclave Esca qui, lui, vient de ces terres du Nord (l'Écosse pour nous!!) donc l'ennemi naturel de Rome. Leur parcours, avec des rencontres des plus conflictuelles, et leurs relations vont donc évoluer et, sans surprise, donner lieu à une amitié virile sans pareil (on pense même au sentiment d'amour parfois) rendue convaincante par les prestations sans tâche de Channing Tatum ("Public ennemies", "G.I. Joe") dans le rôle de Marcus et Jamie Bell ("Billy Elliot" et "King Kong") dans le rôle d'Esca que tout oppose si ce n'est leur sens de l'honneur exacerbé qui dépasse les barrières culturelles.

McDonald trompe alors son monde avec une première demi-heure introductive guerrière (fooooormation tortuuuue!!!) et aussi informative que rapide pour emmener ses deux héros dans le noman's land écossais au travers de paysages aussi vierges que magnifiques bénéficiant d'une photographie qui met en avant un jeu de couleurs des plus judicieux et frais avec du jaune (réservé aux nombreux flashbacks de Marcus), du vert et du bleu-gris en pagaille pour donner une véritable atmosphère au film le tout accompagné d'une B.O. très "celte" et "tribale" peut-être un poil trop discrète.
Une aventure ne tombant jamais sous le joug du contemplatif chiant, la mission du film restant quand même de divertir et dépayser le spectateur et pour ce point....c'est encore une fois une réussite avec un peuple breton étonnant. En effet, rares sont les fois où l'on peut voir, au cinéma, le peuple écossais à une époque presque tribale où les hommes ressemblaient plus à des indiens qu'à des guerriers en kilts à la "Braveheart" avec les rites ancestraux et le chamanisme. Un véritable choc culturel pour Marcus qui, cependant, ne va pas oublier le pourquoi de sa mission même si il voit Esca, au milieu de ce peuple, redevenir l'homme qu'il était certainement avant de devenir esclave.
McDonald signe donc avec "L'aigle de la neuvième légion" un film sincère, simple, un brin naïf et plus profond qu'il ne le laissait présager sans pour autant oublier les instants de bravoure (le dernier acte étant dans la grande tradition du film épique où tout semble perdu) et les grandes déclarations héroïques. Un bon film qui risque d'en étonner plus d'un par son parti pris de faire parler les hommes et les regards avant de faire parler les armes.
"L'aigle de la neuvième légion" de Kevin McDonald. Distribué par Metropolitain Filmexport. Avec Channing Tatum, Jamie Bell, Donald Sutherland. Durée: 1h51.























Bizzarement, je ne le sens pas du tout d’un point de vue historique. En plus, le limes et la relation entre le barbare et le romain étant au centre de mon programme, je ne peux qu’être déçu.
D’un point de vue historique, tout comme Ridley Scott, McDonald prend certains raccourcis c’est sûr mais ça reste présentable surtout au niveau du limes je dois dire qu’il me semble qu’il est respecté (sauf peut-être sur la hauteur ou la largeur!!) puisqu’assez simple et pas un poil exagéré pour “faire classe” et au niveau relationnel je n’ai pas approfondi mais c’est du domaine du plausible puisque toutes les tribus ne sont pas aussi belliqueuses envers les romains que celle à l’origine de la disparition de la neuvième légion. McDonald ne fait pas dans le grandiloquent et ça rend le film plus sérieux (sauf les quatres dernières secondes du film).
la hauteur ou la largeur
Je ne pourrais jugé d’une telle chose XD
4,5 m de haut et 2,7 m de large et il s’étend sur 117 km….suffisait de demander!! mdr!!
Vu cette semaine (ou celle d’avant ???).
J’ai bien aimé. Pas aussi épatant qu’un Gladiator certes, ni aussi héroïque, mais cette quête personnelle du héros est intéressante aussi.
Par contre, je rejoins Bruce sur les dernières secondes du film, il aurait fallu hurlez le “Coupez” cinq secondes plus tôt. Mais bon, le reste est très correct, et c’est un film à voir. Mais effectivement, sans s’attacher à la réalité historique, ni même géographique ou physique (les distances sont bizarrement gérées, la poursuite également).
Aaah!! Et bien comme ça je suis content de ne pas être le seul à penser que cette fin était “too much”. Après pour la réalité historique comme je ne suis pas le meilleur sur ce sujet je me permet juste de dire qu’à ce niveau “Gladiator” est le plus à blâmer question “réalité historique bafouée” quand même!!