11

Dream Home (2011) de Ho-Cheung Pang par Bruce Kraft

J.F. CHERCHE APPARTEMENT.

Enfant, Cheng Lai-sheung pouvait admirer le quartier Victoria de Hong Kong depuis les fenêtres de l’appartement familial. Elle s’est juré qu’un jour elle s’offrirait un appartement sublime avec la même vue. Les années ont passé et Cheng n’a pas oublié son serment. Elle assume deux jobs en même temps et n'arrive quand même pas à s'acheter l'appart' de ses rêves mais tout ça va bientôt changer...

Connaissez vous les films de catégorie III? Non? Pour résumer la chose disons que ce sont tous les films regorgeant de cul, de gore, de politique et de drogue et qui, forcément, sont interdits aux moins de 16 ans. Signalons que dans ce genre là tout ne vole pas haut (voire ne vole pas du tout!!) et que pas mal de réalisateurs sont plus des amateurs (ou des manches de pelle!!) baignant dans le Z depuis leur tendre enfance.

A Hong-Kong on avait oublié ça depuis quelques temps et v'là t'y pas que nous arrive ce "Dream Home" sortie de nulle part...enfin presque. Le film a fait le tour dans les différents festivals et s'est taillé une petite réputation de film sulfureux. Pour l'anecdote, notre ami Dario Argento aurait détesté (nous on s'en fout c'est sa fille qu'on aime!!) le film...une raison de plus de le voir donc!!

"Dream Home" est un slasher mais pas qu'un slasher. Je m'explique. Dans premier temps HCP (le réalisateur en abrégé pour ceux qui n'auraient pas compris et ne mentez pas je sais que vous êtes nombreux!!) contentera les amateurs de meurtres biens gores et imaginatifs dans la perversité la plus totale. de la femme enceinte au djeun's en train de forniquer personne n'est épargné et personne ne connaîtra une mort douce et lente par notre héroïne (une Josie Ho habité par son rôle de tarée!!) mentalement instable....vous l'aurez compris.

Du sang et des tripes, de l'égorgement, de l'énucléation version "Castorama", une "éjaculation" sanglante et un concours de "Qui sera le premier à avaler une latte de lit?" sont au menu de ce "Dream Home" dans une joie et une allégresse des plus totale. Jusque là rien à redire tant on reste scotché devant ce spectacle esthétiquement réussi...en plus. Une photographie des plus réjouissante et paradoxale pour un genre aussi crade.

Là où ça se complique (attention parce que je vais gâcher tout votre plaisir!!) c'est lors des flashbacks racontant le parcours de l'héroïne vers la folie et et les raisons de son envie d'éliminer tous les habitants de l'immeuble, où elle brigue un appartement de luxe. En effet, on aurait tendance à se faire chier, même si le film tire son originalité de ces passages. Et oui, HCP veut absolument nous offrir une mélancolie des plus tragiques avec une enfance troublée par le renoncement de ses parents face à un pays prônant un capitalisme exacerbé et laissant sur le bord de la route les populations en situation précaire.

Parce que, et ça je ne vous en avais pas encore parlé, "Dream Home" est un film qui dénonce le système économique et social de Hong-Kong (système de santé défaillant sous l'autorité des assurances, d'une politique de logement inégalitaire, de la précarité de la population ouvrière...). Ouai alors c'est vrai que le message passe bien mais il aurait très bien pu passer de manière plus virulente et pas seulement au travers d'un passé qui aurait mérité un meilleur traitement de la part de HCP.

"Dream Home" donne donc, à cause de ces passages, un slasher en demi-teinte et prouve qu'à vouloir être trop original un film peut perdre de son intérêt. Et merde......Original mais chiant.

"Dream Home" (2011) de Ho Cheung-Pang. Distribué par Wildside. Avec Josie Ho, Derek Tsang, Eason Chan. Durée: 1h36.