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Insidious (2011) de James Wan par Bruce Kraft

HORROR SHOW.

Josh, son épouse Renai et leurs trois enfants vivent depuis peu dans leur nouvelle maison lorsque l'aîné tombe dans un coma inexpliqué. Étrangement, une succession de phénomènes paranormaux débute peu après dans la maison...La maison serait-elle hantée? Leur enfant sortira t-il de son coma?

James Wan est un réalisateur talentueux. C'est un fait même si son travail n'est pas toujours salué et que son nom reste invariablement collé à celui de son deuxième film: "Saw". Qu'on lui inpute la paternité du "torture porn" le fait doucement marrer même si l'homme aimerait certainement qu'on parle un peu plus de "Dead Silence" ou du formidable "Death Sentence" et se lance dans un nouvel exercice avec "Insidious" misant sur l'horreur sans flot de sang comme pour faire un magistral pied de nez à "Saw" et un budget minimal (1,5 millions de dollars).

"Insidious" fait peur. C'est aussi un fait. James Wan reprend ici tous les ingrédients du film d'angoisse et offre dans une première partie une leçon de cinéma d'angoisse pure en ne laissant quasiment pas de répit au spectateur au fur et à mesure que Renai (Rose Byrne)(quel drôle de prénom pour une héroïne!!) passe ses nuits à subir les assauts d'entités paranormales tout en protégeant sa famille. Nous sommes ici bien loin d'un "Paranormal Activity", mou du genou, bien que ce soit Oren Peli qui produise le film (du coup ne vous fiez pas au message soi-disant accrocheur de l'affiche qui lui fait, selon moi, une mauvaise pub). La réussite de Wan est de réussir à immerger le spectateur à l'aide, par exemple, d'une shaky cam efficace et pas vouée à l'agitation frénétique et habituelle de ce genre de film, offrant des plans qui feraient même flipper un légionnaire.

Alors que l'on pense que le film ne va être qu'une succession de scènes flippantes Wan va faire, tout à coup, basculer son long-métrage dans une seconde partie vouée au fantastique plus qu'à l'horrifique. Surprise alors puisque le ton du film n'est plus du tout le même  (la présence de deux experts ,"comiques", en paranormal marque) et on se retrouve dans un mélange des genres, qui risque de désarçonner certains d'entre vous, en faisant ressurgir tout un lot de références cinématographiques. On pense alors à des films comme "Poltergeist" de Tobe Hopper (que MOI je n'ai pas oublié!!), "Le labyrinthe de Pan" ou encore "Freddy, les griffes de la nuit" avec un boogeyman à mi-chemin entre un guerrier Sith de "Star Wars" et Freddy Krueger.

Un changement de cap où Wan va même jusqu'à changer le rôle principal en le donnant à Josh (Patrick Wilson, le Hibou de "The Watchmen") alors qu'on pensait que Renai serait notre héroïne...Un énorme contre-pied dans un genre où l'on suit normalement le même personnage du début à la fin. Un choix discutable de scénar' qui fait toute l'originalité du film qui va délaisser l'épouvante pure et dure pour mieux nous entraîner dans un conte macabre et fantastique faisant la part belle à un véritable hommage aux films des années 80.

En fait, les pinailleurs trouveront toujours à redire sur les choix scénaristiques de Wan mais bon sang quant on a l'occasion de tomber sur un film  aussi riche, et aussi bien torché techniquement, on ne peut que sortir le pop-corn et se laisser mener par le bout du nez jusqu'au dénouement final (on sent arriver le twist gros comme une maison mais bon...).  "Insidious" reste donc une véritable réussite dans un genre où il est inutile de chercher un quelconque message pseudo intellectuel, social, philosophique, politique ou agricole (vous ne voyez pas le rapport? Moi non plus!!). Du spectacle et rien que du spectacle, c'est tout ce qu'on demandait et on l'a.

"Insidious" (2011) de James Wan. Distribué par Wild Bunch Distribution. Avec Patrick Wilson, Rose Byrne, Barbara Hershey. Durée: 1h42.