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Man on Fire de Tony Scott (2003) par Tootsif

CREASY IN LOVE.

Le Mexique est en proie à une vague d'enlèvements sans précédent. Face au danger, certaines familles aisées engagent des gardes du corps pour assurer la protection rapproché de leurs enfants. C'est dans ce contexte lourd de menaces que débarque à Mexico l'ancien agent de la CIA John Creasy. Appelé par son vieil ami Rayburn, ce dernier se voit proposer un job inattendu : bodyguard de la petite Pita Ramos, fille de l'industriel Samuel Ramos. La fillette, précoce, pleine de curiosité et de vitalité, insupporte John par ses questions personnelles. Pourtant, au fil des jours, Pita parvient à percer ses défenses. Après bien des années, celui-ci retrouve le goût de vivre. C'est alors que Pita est kidnappée. Bien que grièvement blessé, Creasy se lance à la poursuite des ravisseurs. Inflexible, il remonte la piste, se jurant de retrouver sa protégée.

Dans les familles où l'un des membres est artiste, il n'est pas rare que d'autres suivre la même voie. Prédisposition héréditaire, influence du milieu social ou simple volonté de profiter de portes déjà ouvertes, l'origine de ce mouvement est inconnue (et d'ailleurs je m'en cogne) mais bel et bien présent tant au plan international (la famille Coppola, les frères Coen, les frères, enfin le frère et la sœur, Wachowski....) que national (les Delon, les Depardieu, les soeurs Le Besco ou Seigner...)

Le risque dans tout ça, c'est d'être comparé au membre le plus talentueux de la famille (qui, comble du hasard est souvent le premier à s'être lancé la dedans) et de passer toute sa carrière comme un pistonné qui ne réalise/joue des films que grâce au génie de la famille.

Certaines familles évitent ce genre de réflexion en travaillant ensemble (les frères Coen et les frères Wachowski par exemple).

Et si Tony Scott, frère du grand Ridley (si Flow le grand Ridley ! Un mec qui signe pour ses 3 premiers films 3 œuvres majeures du cinéma est grand même si le reste de sa filmo est plus bancal), s'est associé avec ce dernier pour créer une maison de prod, il n'en reste pas moins que sa carrière professionnelle est avant tout en solo.

Et, ce dernier confirme la règle que c'est souvent le premier de la famille qui s'y colle qui le fait avec talent. Car, si comme son frangin, ce dernier fait plutôt preuve d'un talent correct pour réaliser de belles images et des scènes d'action, il faut noter que ses films manquent cruellement d'âme et de finesse pour être autre chose que des actionner corrects.

Et c'est ce dont Tony Scott nous abreuve depuis bientôt 30 ans et manque de bol Man on Fire n'échappe pas à la règle.

La chose qui frappe au visionnage de Man on Fire c'est l'extrême mollesse, voire ennui qui découle de sa première moitié (soit environ 1 heure, ce qui fait quand même un peu beaucoup).

Tony Scott prend en effet beaucoup trop son temps pour poser le cadre de son histoire et ses personnages afin de créer le lien entre Pita et Creasy qui conditionnera tout le reste de l'histoire.

Le souci c'est que c'est gnangnan et ultra cliché (Creasy l'ours grincheux au lourd secret qui se fait attendrir et trouve la rédemption à travers sa relation avec une gamine dont les parents s'occupent peu), que le contexte politique et social posé n'apporte au final aucune dimension supérieure à l'intrigue (puisque sitôt posé sitôt oublié, ce qui est dommageable) et que la réalisation très clipesque et lourde de Tony Scott rend le tout encore plus indigeste.

Bref pendant une bonne heure je me suis fait royalement chier, me demandant quand le film allait démarrer et où était passée la promesse du film « dur, poignant et violent comme l'enfer » vendu sur le boitier par le sieur Tarantino (en même temps j'aurais du me méfier, Quentin T. laisse des petites phrases comme ça sur au moins un million de films et ça doit être un service rendu à Tony Scott pour avoir porté à l'écran son scénar de True Romance).

Moi c'est un vigilente que je veux voir pas un ex-militaire se transformer en Winny l'ourson pour les beaux yeux d'une mioche!

Et puis enfin, au bout d'une heure, la pisseuse se fait kidnapper et a priori ça tourne mal car Creasy se retrouve à l'hosto avec 2 bastos dans le buffet et la responsabilité de l'assassinat de 2 flics tandis que la mioche se fait exécuter suite à une embrouille lors de la livraison de la rançon.

Adios espoirs de rédemption pour le senor Creasy puisque sa planche de salut n'est plus et buenos dias ange exterminateur (oui, oui, le film et ses connotations religieuses sont aussi très lourdingues).

Creasy retrouve alors ses vieux réflexes (fini le penchant pour la boutanche) et se lance dans une vendetta sanglante.

Enfin, sanglante, toute proportion gardée ! Car si Creasy n'y va pas avec le dos de la cuillère (coupage de doigts au canif ou au fusil et utilisation de bombe et autre bazooka) et que l'image se veut cradingue avec du sang éparpillé partout, Tony Scott nous la joue finalement très prude en ne nous montrant aucune des scènes de torture à l'écran (le film ayant juste une interdiction pour les moins de 12 ans). Certes suggérer les choses c'est parfois plus glauque que les montrer mais là ce n'est pas le cas.

Ajoutez à cela des scènes de fusillades épileptiques dans leur réalisation et un grain d'image trop appuyé pour être honnête et l'on obtient un effet diamétralement opposé à celui recherché ! En effet, les séquences d'actions hachées par une multitude de plans et une musique qui en fait trop se révèlent finalement molle et sans impact, un comble après une heure d'attente !

Faussement profond, long à se mettre en place pour se révéler loin de l'apocalypse vengeresse tant attendue, Man on fire est bien loin du vigilente attendu.

Reste pour sauver le film de l'ennui absolu la prestation de Denzel Washington (assez proche de celle qu'il tiendra dans Le livre d'Eli) qui montre une vraie présence physique. C'est quand même très insuffisant pour sauver le film.

 

« Man on Fire » de Tony Scott. Avec : Denzel Washington, Dakot Fenning, Mickey Rourke, Christopher Walken, Marc Anthony. Distribué par UFD. Durée:02H26.