7

Priest (2011) de Scott Charles Stewart par Bruce Kraft

JE T'EN PRIEST....ARRÊTE!!

Dans un monde ravagé par des siècles de guerre entre l'homme et les vampires, un prêtre guerrier se retourne contre l'église afin de traquer une bande de vampires meurtriers qui ont kidnappé sa nièce.

"Priest" c'est avant tout un manwha, ou manga version coréenne, de Min-Woo Huyng qui raconte l'histoire d'un prêtre en guerre avec les forces du mal usant de la violence comme un tennis-man de sa raquette. L'originalité de Priest était de voir son action se dérouler dans un far-west futuriste et de bénéficier d'une richesse scénaristique et graphique collant tout à fait à l'esprit du manwha aussi violent que religieux.

Scott Charles Stewart ("Légion") nous annonçait, malheureusement pour les amoureux du manwha, que le film ne reprendrait que quelques éléments de l'histoire originel: le prêtre et son tatouage...et c'est tout!! Délaissant le far-west pour un univers post-apocalyptique où la religion chrétienne a pris le pouvoir, changeant le bestiaire ultra riche du manwha (démons, zombies, possédés, archanges, entités démoniaques...) pour nous balancer de malheureux vampires, biens vendeurs en ce moment, et changeant l'histoire de vengeance pour une histoire de sauvetage on sentait déjà une nauséabonde odeur de merde venant de ce projet controversé avant même d'être finalisé.

Quant on sait en plus que Scott Charles Stewart a eu la bénédiction de Min-Woo Huyng sur l'ensemble du scénar' on en vient à penser que l'auteur devait toucher pas mal de royalties pour accepter de tels changements et ainsi trahir/malmener son œuvre. Du coup il m'a fallu oublier le manwha pour regarder le film pour en apprécier ses possibles qualités et ce fût....en vain!! "Priest" ne décolle jamais, ne prend jamais et ne nous fait jubiler à aucun moment. La faute à qui? La faute à quoi?

Tout d'abord l'histoire est vue et revue au cinéma et n'offre aucune surprise même à la fin où les scénaristes nous divulgue un secret...qu'on avait deviné depuis un bail. Soupir. Ensuite si vous pensiez que le film offrirait de l'action démentielle et des prouesses visuelles vous pouvez d'ores et déjà vous assoir dessus car hormis un combat entre une prêtresse asiatique et des motards, qui ont dû déjà embrasser le bitume vu leurs gueules, il n'y a rien à tirer de ces combats qui sentent le réchauffé à plein nez et qui sont d'une pauvreté visuelle affligeante même si les effets spéciaux ne sont pas dégueulasses quand même.

Côté acteurs, Paul Bettany ("Légion", "The tourist") a la gueule de l'emploi pour le rôle du prêtre mais l'inconsistance de son personnage "version cinéma" (finie la démence sanguinaire et vengeresse de la version papier) ne permet pas au spectateur de s'intéresser réellement à son sort et c'est donc difficile de se sentir concerné par ce qui se passe à l'écran. Ne parlons même pas des seconds rôles qui auraient pu bénéficier d'une mise en avant et d'un semblant de profondeur plus évidents.

En réalité on ne peut qu'en vouloir à Scott Charles Stewart d'avoir chié dans la colle à ce point car lorsqu'on a la chance d'avoir un tel matériau de base et qu'on prétend vouloir tout revisiter il faut assurer un minimum pour offrir un produit divertissant et honnête. Le pire dans tout ça est qu'on nous fait comprendre sans finesse qu'il y aura une suite. Tout faux.

"Priest" (2011) de Scott Charles Stewart. Distribué par Sony Pictures releasing France. Avec Paul Bettany, Karl Urban, Cam Gigandet. Durée: 1h27.