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Limitless (2011) de Neil Burger par Bruce Kraft

GLOUPS!!

Eddie Morra, un écrivain au bord du gouffre, essaie une nouvelle drogue censée décupler les facultés intellectuelles. Celui-ci devient célèbre grâce à la substance mais bien vite des effets secondaires apparaissent...

Adapté d'un roman d'Alan Glynn, "Le champs des ténèbres", "Limitless" fut confié à Neil Burger ("L'illusionniste") après avoir vu son scénar' réécrit par Leslie Dixon qui avait été subjuguée par cette histoire. C'est vrai que le pitch de départ était assez intéressant et on pouvait s'attendre à quelque chose de spectaculaire.

Malheureusement, "Limitless" souffre d'un traitement trop sage de la part de Burger. En fait le film fait penser à "Bruce tout puissant" (avec Jim Carrey) dans son côté bridé et c'est quand même dommage lorsque l'on se trouve en face d'un héros qui possède un pouvoir immense mais à qui on fait faire des choses pas très extraordinaires. Imaginez: vous prenez une pilule qui vous donne la capacité de vous servir de votre cerveau à 200%, donc d'être l'homme le plus intelligent du monde en quelque sorte, que feriez vous? Et bien Eddie ne veut qu'être un homme d'affaire ultra puissant et ultra riche. Pas glamour pour un sous en réalité car on pouvait s'attendre à ce qu'il devienne un savant, aventurier, super héros ou vainqueur d'Ultimate Fighting....

Dommage car le peu de fois où notre héros va se lâcher un peu (la bagarre dans le métro, sa capacité à emballer le nombre de femmes qu'il désire) le film regagne ce côté pop-corn que l'on attendait. C'est en fait sa compagne Lindy (la belle Abbie Cornish) qui, lors d'une course poursuite trop courte, montre le véritable potentiel d'action de la pilule. D'autant plus triste que Burger distille quelques effets visuels franchement sympas (les chiffres défilant façon "tableau d'horaires d'aéroport" sur le plafond lorsque Eddie commence à se mettre à jouer en bourse ou sa traversée de New-York façon "Faucon Millénium")  pour faire ressentir au spectateur ce que peut vivre Eddie.

"Limitless" , et c'est paradoxal de dire ça, atteint vite ses limites en enfermant son héros dans une intrigue tournant autour de l'état de manque d'Eddie lorsqu'il n'a plus ses pilules, une intrigue politico-économique légère (face à un Robert De Niro qui joue toujours pour bouffer...Où est passé son charisme?) et un truand originaire des pays de l'Est qui devient accroc au médicament miracle. Véritable patchwork d'idées, déjà utilisées au cinéma, le film manque franchement de "folie" et d'un scénar' véritablement tordu. Franchement quant un personnage possède l'omniscience on peut s'attendre à quelque chose de plus profond (genre "Source Code" ou le philosophe Mr Manhattan dans "The Watchmen" de Snyder). Le pire est, qu'en plus,  Burger touche du bout du doigt le problème d'un tel pouvoir à deux ou trois occasions (les reflets multiples, les trous de mémoire...) mais ne s'y attarde pas.

Bien que notre héros, incarné par un Bradley Cooper qui confirme son statut "d'acteur qui monte", soit sympathique on a du mal à s'attacher à son sort et ce n'est qu'arrivé en fin de bobine que le film devient vraiment intéressant avec une conclusion qui laisse entrevoir des pouvoirs biens plus intéressants. En gros trop sage, trop léger et dénué de tout côté subversif. "Limitless" reste un divertissement de plus....sans plus.

Un film moyen "Limitless" (2011) de Neil Burger. Distribué par Gaumont Distribution. Avec Bradley Cooper, Robert De Niro, Abbie Cornish. Durée: 1h45.