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Rampage-Sniper en liberté (2011) d'Uwe Boll par Bruce Kraft

POOOOOOLLLLLL!!!!

Bill, 23 ans, désœuvré et aigri par les frustrations quotidiennes, décide d'entrer en rébellion contre la société. Il se confectionne une armure en kevlar et commande des armes à feu et des munitions sur Internet. Son but: une fusillade en pleine rue grâce à laquelle il réglera ses comptes. Qui pourra l'arrêter ?

Uwe Boll est un cas dans le monde des réalisateurs reconnu mondialement pour ses adaptations cinématographiques, complètement loupées, de jeux vidéos ("Alone in the dark" et "House of the dead"). Malgré tout, le réalisateur allemand continue contre vents et marées de faire des films tout en s'attirant les foudres d'un public cinéphile excédé par ses déclarations ( en parlant de son film: "Postal est meilleur que tous les films présentés au Festival de Cannes cette année. Mais quelle que soit la bouse qu’ils aient tournée, ce sont toujours les mêmes réalisateurs qui sont invités.").

Le "Master of Error", comme il est surnommé par certains, nous revient donc avec ce "Rampage" qui, loin d'être un simple film de psychopathe (gardons quand même le mode "No Brain" activé s'il vous plaît!!), s'avère un véritable brûlot contre une société décérébrée qui se nourrit chaque jour de la même merde qu'on lui sert sur un plateau d'argent. Autant dire que Boll n'y va pas avec le dos de la cuillère (en même temps il n'a jamais fait preuve d'une très grande finesse!!) et se sert allégrement de son personnage principal,  joué par Brendan Fletcher (alors que Boll voulait Macaulay Culkin!! :) ) qui est aussi minuscule que baraqué, comme d'un avatar pour répandre le sang car du cadavre tu en voulais? Tu en auras spectateur!!!

Le pire, et le plus drôle aussi, est que nous sommes presque dans du film d'auteur avec une réalisation minimaliste et une caméra au plus près des personnages donnant un aspect quasi documentaire au film. Ici pas d'action haletante, pas de musique grandiloquente, pas d'effets spéciaux à la Cameron et des dialogues quasiment improvisés, nous sommes devant un produit brut et violent. La caméra suit littéralement Bill, genre "Elephant" de Gus Van Sant, se déplaçant calmement dans les rues d'une ville où tout le monde se fait aligner sans aucune forme de racisme ou machisme. Une belle manière de rappeler que tout le monde finira fatalement un jour ou l'autre au "Boulevard des Allongés".

C'est dingue car autant Boll fait des films pourris autant ce "Rampage" arrive à me déconcerter grâce à des scènes jouissives (le massacre dans un institut de beauté où le superficiel règne est terrible) ou à se plier en deux de rire (le grand moment de solitude de Bill dans la salle de Bingo). Le pire restant quand même le formidable pied-de-nez que Boll inflige au spectateur en révélant le véritable visage de Bill et de sa croisade sanguinaire.

"Rampage" s'avère finalement être bien meilleur, et sympathique, que ce qu'on pouvait en attendre, ce qui n'en fait pas pour autant un objet indispensable mais une curiosité DTV sans prétention si ce n'est celle de montrer la haine que peut avoir Boll pour ses contemporains. "L'amour c'est comme un bouquet de violettes" chantait Fernandel, "la haine c'est comme un coup de fusil à pompe dans la gueule" (Titre original:"Hass ist wie eine Pumpgun in den Mund") chante dorénavant Uwe Boll.

Un vrai bon film!! "Rampage, sniper en liberté" (2011) d'Uwe Boll. Avec Brendan Fletcher, Michael Paré, Matt Frewer. Durée: 1h39.